mercredi 8 juillet 2009

Appel à l'intelligence de chacun et à l'intelligence collective



Communiqués

Chers amis,


10% de la population en prison, autant dans les hôpitaux psychiatriques, ça fait beaucoup. C'est moins qu'aux Etats-Unis, mais c'est beaucoup trop d'autant que la plupart des enfermés sont des étrangers.
Ces dernières semaines particulièrement, j'ai été témoin de violences, violences policières, violences administratives et comme par hasard, à l'endroit d'immigrés.
Des injustices frappent aux vues et aux sus de tout le monde et les seuls qui s'arrêtent, ceux sont des étrangers. Les français semblent sourds, aveugles, muets à ce qui se passe sous leurs yeux. Il y a scission.
Pourtant, avril de cette année, Amnesty International (télécharger ici) et La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) (télécharger ici) rendaient chacun public un rapport qui dénonce la violence impunie que s'octroie la police Française, essentiellement à l'adresse des immigrés, et avec la complicité des magistrats. Et alors ?
Alors, voici la réponse que nous donne Sarkozy en juin : Hortefeux au ministère de l'intérieur ! Nous connaissons déjà son zèle pour les quotas d'expulsions.

Je connais des gens qui organisent des apéros, d'autres des pic-niques et chacune de leurs rencontres amène plus de monde, quand les réunions politiques se désertent de jours en jours.
Les associations de défense des droits des étrangers, la Cimade, le Gisti sont en train d'être démantelées par le gouvernement et nous laissons faire. Qui va maintenant nous renseigner sur nos droits ? Qui va prendre le relaie et défendre juridiquement les dossiers de nos frères notamment ceux des sans-papiers?

Lamine, 25 ans, décédé d'un arrêt cardiaque dans un fourgon de la police française. Le rapport : la police n'y est pour rien, c'est un arrêt cardiaque! Ils se jouent de nous. Avec la complicité des médecins.
Pour Lamine et les autres, justice et vérité doivent être rendues.
C'est grave, trop grave. Ils peuvent nous tuer sans autre forme de procès. Ils s'en tirent avec de la démagogie et des faux-semblants de justice, quand ce n'est pas la faute de la victime. Et ça passe. Nos vies ne valent donc rien que l'on se défense pas ?

Et une autre scission : celles des étrangers qui veulent faire leur vie ici, passer inaperçus, faire oublier d'où ils viennent et qui ferment eux aussi les yeux sur ce que leurs frères endurent. Où sont les immigrés double nationalité et les cartes de séjour? On ne les voit pas dans les partis politiques français, on ne les voit pas dans les luttes des sans-papiers.
Si nous laissons s'installer la division entre étrangers assimilés et étrangers clandestins, tout le monde le paiera. On le paie déjà : même les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas regardés comme français, le délit de faciès arrête de bon père de famille ...
Même les étrangers entre eux sont divisés : les africains noirs, les africains blancs, les blancs, les jaunes...chacun pour soit!
Ne tolérons pas cette division, les juifs français, allemands, ont commis cette même erreur en 1939. Ceux qui avaient des papiers n'ont pas protégé ceux qui n'en avaient pas mais ils ont tous été envoyés à l'abattoir.

Alors voilà :
Nous ne faisons plus confiance aux partis politiques, nous ne faisons plus confiances aux syndicats, les élus nous ont lâchés, il y a trop de magouilles, chacun tire la couverture à soi, ils se servent de nous mais est-ce qu'on les arrête ? Est-ce qu'on le leur dit ? Non!
On ne fait que s'arracher entre nous, se bousculer jusqu'à ne même plus nous faire confiance.
Et que n'a t'on laissé passer ces trois dernières décennies:

*Des quotas d'immigration à l'immigration choisie,

*De la criminalisation de l'entraide et de la concertation,

*Des fichiers : d'associations, d'individus,

* Des prélèvements ADN...

Nous sommes des lâches et des imbéciles, incapables de préserver nos droits et nos libertés. Incapables de protéger les nôtres. Des minables.
Va-t-on attendre d'être complètement coincés pour réagir ? Va-t-on attendre qu'il y ait plus de morts et de blessés ? Une déclaration de guerre peut-être ?
Où es passé notre dignité ?

Je crie, je hurle cette déception de la nature humaine, cette souffrance que l'on inflige à ceux qui ne peuvent pas se défendre, que je n'ai pas la force et les moyens de défendre. Et mes cris et d'autres cris comme les miens se perdent dans la nature parce que nous ne crions pas ensemble, parce que nous n'avons pas de porte-voix, pas de représentants, pas d'échos... rien, une voix toute fluette.

Alors j'interpelle les intellectuels. Où sont-ils les intellectuels qui défendent la dignité du pauvre, qui désignent l'injustice et la combatte sur le terrain, qui donnent leurs savoirs, leur idées et leurs voies, qui nous protègent et se battent avec nous ? Qui pour nous éclairer dans ce brouillard ?
Pourquoi sont-ils seuls, chacun dans leur coin ? La plupart sont déjà morts et il en reste si peu à continuer le combat et je les interpelle, Badiou, Chomsky, Morin et les autres ..., travaillez ensemble, travaillons ensemble ! Il y a urgence.
Il y a eu les Marx, Fanon, Sartre, le Parti communiste... Ils se sont levés pour la dignité du pauvre, la justice, la liberté, il y avait une voix et une voie, un langage, des représentants et ce qu'ils voulaient ce n'était pas devenir comme les riches, d'avoir, d'être, de vivre comme les riches, ça non alors ! Ils combattaient l'accumulation des biens personnels, du pouvoir personnel au détriment des plus faibles, de ceux qui se font avoir, de ceux qui en crèvent.
A cette époque là il y avait des classes, aujourd'hui nous n'avons plus aucune classe! Et celui qui ne peut pas devenir riche est condamné à l'exclusion, dissout dans une masse gigantesque, mondiale, qui crie mais ne sait pas parler, qui se débat mais ne sait pas se battre.
Nous sommes des imbéciles qui creusons nos propres cercueils !
L'Europe est en train de cracher sur la pensée universelle qu'elle a fait naître. Les lumières, les droits de l'Homme, l'égalité, la liberté, la fraternité... Elle crache sur son propre passé et ses plus belles idées. Et si nous qui y croyons encore nous ne les portons pas, la tête haute, qui va les porter ?

Comme tout le monde aujourd'hui, je suis fatiguée de me tromper. Je ne supporte plus les déceptions des élans de conviction qui se dissoudent à force de mesquineries et de bêtises.
J'attends de nous que nous soyons à la hauteur. Et je commence par inviter tout un chacun à pratiquer un enseignement que je dois à mon papa Bamba Gueye Lindor :

*Si tu vois une injustice, ne la laisses pas passer,

*Si tu vois quelqu'un mentir, tricher, ne le laisses pas faire,

*Si tu vois quelqu'un qui se bat pour ses droits, pour sa vie, encourages le de toutes tes forces

J'en appelle à ce que nous arrêtions de tricher les uns avec les autres,
J'en appelle au partage, à la franchise, à l'honnêteté dans nos forces et nos faiblesses, à l'entraide et à la solidarité pour de vrai, en actes.
Nos besoins sont énormes. Ce n'est pas le RSA qui nous sortira de là. Nous devons être ensemble, soutenir l'autre sans attendre de lui un retour immédiat, ne soyons pas comme les libéraux qui ne prêtent qu'aux riches! La richesse c'est l'individu, c'est le collectif, les savoirs, c'est la vie, comment avons nous pu oublier cela!

Aujourd'hui aussi, je veux répondre à ceux qui me demandent ce que je fais parmi les Damnés de la Terre, si je comprends ce combat, si je connais Franz Fanon... Si vous me le demandez, si vous vous le demandez, c'est parce que ma peau est blanche.
Alors je vous réponds une bonne fois pour toutes :
Mes grands-parents sont arrivés en France à la fin des années 30, ils étaient sans-papiers.
L'une de mes grand-mères a survécu à plus de deux ans d'Auschwitz et il n y a pas loin des camps de rétention aux camps de la mort.
Les Damnés de la Terre ne sont pas noirs. Ceux sont des hommes, des femmes, des enfants qui sont en train de se faire écraser.

Alors j'en appelle à l'intelligence de chacun, et à l'intelligence collective, à la force, la conviction et la générosité de chacun :
Nous devons nous organiser, créer des liens qui n'existent pas, nous renforcer parce que nous avons à nous confronter face à face, « d'Hommes à Hommes », à ceux qui nous tuent.
Nous connaissons nos faiblesses, faisons-en une force! Créons nos partis, entrons dans les partis, parlons à nos élus, exigeons d'eux, investissons l'espace, invectivons les policiers qui frappent, protégeons nous les uns les uns autres, ne nous laissons plus faire, ne nous laissons plus seuls!

Pour finir, je tiens à dire que je n'accepterai jamais que le continent le plus riche du monde en matières premières reste le continent où les personnes sont les plus pauvres du monde. Tant que nous acceptons cela, tant que nous supportons même cela, nous supporterons notre propre misère.

Luttons ici, luttons là-bas, partout où l'injustice frappe. Et luttons de toutes nos forces parce que personne ne se battra pour nous et nous avons déjà trop laissé passer.



Yaël FRYDMAN, le 3 juillet 2009
source: Les Damnés de la Terre

lundi 29 juin 2009

ILS FONT LA GUERRE AUX SANS-PAPIERS !


Le 24 juin restera comme un jour noir dans l’histoire du mouvement des sans-papiers en France mais surtout dans l’histoire du syndicalisme français.

C’est hier en effet que les travailleurs sans-papiers isolés qui occupaient depuis bientôt 14 mois une partie des locaux de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, à Paris, pour mener une action d’ensemble visant à obtenir leur régularisation à partir d’un « lieu ami », ont été expulsés.

Cinq jours après le communiqué de la CGT précisant que la Bourse du travail devait être « libérée », voilà donc la chose faite, et de la manière la plus violente.

Une centaine peut-être de membres du service d’ordre de la CGT, sur le coup de midi, profitant du fait que la majeure partie d’entre nous étaient partis à notre manifestation hebdomadaire du mercredi, ont subitement envahi la cour, cagoulés ou masqués, matraquant les hommes et gazant tous les présents, femmes et enfants. Des personnes ont dû être hospitalisés et le petit Mohamed, la mascotte de la Bourse occupée, bien connu de tout le monde, et une femme, viennent seulement de sortir, après 24 heures d’hôpital.

La densité des gaz était telle que Sissoko, notre coordinateur, accouru aux cris, est tombé évanoui dans la cour et ce sont les femmes, réfugiées entre-temps à l’intérieur, qui sont ressorties pour l’y transporter à la force des bras.

Nous nous sommes barricadés dans la grande salle, et la police est alors intervenue, appelée par des gens du voisinage inquiets à cause des grands cris et de la fumée des lacrymogènes.

Dans un premier temps, le commissaire a veillé à empêcher notre affrontement avec le service d’ordre de la CGT. Celle-ci a appelé la Ville de Paris, propriétaire de l’immeuble, qui a immédiatement (ce qui prouve qu’elle était d’accord) réquisitionné la police. Le commissaire nous a alors imposé l’évacuation des locaux, exigeant même, d’après les instructions reçues, notre départ immédiat sans récupération de nos affaires (ce qui, par le passé, s’est souvent soldé par la perte d’effets et documents personnels).

Nous nous sommes opposés et, appelés par nous, nos camarades partis en manifestation sont rentrés. Le rapport de forces a été en quelque manière rétabli, une partie ayant pu même rentrer dans la grande salle par l’accès du boulevard du Temple, contrôlé par nous. Le commissaire a alors accepté de nous faire récupérer toutes nos affaires. Cette opération était terminée un peu après 19 heures.

Depuis, nous sommes campés sur le trottoir du boulevard du Temple à plusieurs centaines (une liste de 600 sans-papiers présents a été dressée hier soir) et attendons que les maires du troisième et deuxième (qui s’y sont engagés) nous trouvent un lieu apte à nous héberger et surtout où nous puissions, sans être dispersés, poursuivre notre action pour obtenir la régularisation de nous tous. Nous sommes dans l’attente d’un rendez-vous que nous a promis le ministère de l’immigration pour discuter les critères de notre régularisation. C’est maintenant le moment le plus mal venu pour affaiblir notre mouvement et, quant à nous, de baisser les bras.

La lutte continue !

Paris, le 25 juin 2009

CSP 75

source: Le Quotidien des Sans-papiers

Bellaciao et la censure




Bellaciao, site que jusqu'à présent je tenais (sans doute naïvement) en estime, a censuré les articles critiquant les gros bras de la CGT lors de leur intervention contre les "sans" de la Bourse du travail.
C'est assez pathétique en ces temps où la collaboration va bon train et surgit de là où on ne l'attendait pas forcement.

On se passera donc de Bellaciao, dont le lien est aujourd'hui supprimé de ce blog.

Calais 27 juin, une armée de robocops face aux militants



compte rendu de la manif

La grande manifestation s’est plutôt bien passée, malgrè un dispositif policier ahurissant et un parcours de manif qui nous a fait passé dans des zones désertiques du port de Calais et de la commune de Blériot. Pour tout dire, nous avions a peine fait 100 mètres en dehors du camp, que chacun-e d’entre nous était fouillé individuellement. Nous avons ainsi attendu au moins demi-heure, le temps que les policiers ouvrent tous les sacs et confisquent les sweat shirt et les batons de nos drapeaux et banderoles, avec des vagues promesses de restituer ça plus tard. C’est bien évidemment illégal (enfin, en temps normal).

Aujourd’hui nous avons vu : des centaines de CRS armès de leurs "bétaillères" à chaque carrefour, un hélicoptère bourdonnant en permanence au-dessus de notre tête, des gardes mobiles, des flics en civil dans notre cortège, la police montée, des flics en bateau, des flics postés aux fenêtres et sur le toit des immeubles HLM, et jusque dans les jardins des maisons etc. etc.

Ce fut ainsi quelque peu cahotique pour rejoindre le lieu de la manifestation : nous avons bien marché 1H30 jusqu’au phare, puisque ce sont des dizaines de CRS qui nous ont contraint, à chaque carrefour, à choisir les chemins qui évitaient le centre-ville, histoire que nous allions brayer avec les canards. Cela ne nous a cependant pas empêché de distribuer le journal du camp dès lors que notre route croisait celle de quelques maisons.

Arrivé-e-s au phare, nous formions bien entre 1500 et 2000 manifestant-es. Nous attendait notamment, un gros cortège CNT et une bonne mobilisation du NPA. Les quelques riverains qui nous regardaient défiler depuis leurs fenêtres s’affichaient sympathisant, certain-es d’entre eux nous filant de l’eau.

Mais l’impression dominante reste un constat d’impuissance face à un dispositif policier et médiatique qui, depuis le début du camp, invisibilise le contenu politique de nos actions pour ne focaliser les regards de l’opinion que sur un aspect sécuritaire monté de toutes pièces. Encore ce matin Nord Littoral titrait : "No Border, ça marche ou ça casse", avec en sous-titre "l’heure de vérité". Jamais telle opprobre n’aura à ce point été jetée apriori. Depuis mardi, les journalistes préparent médiatiquement les éventuelles interventions de flics. C’est bien simple : dès qu’il s’agit de mettre l’accent sur un supposé penchant prononcé pour la guerre de rue, nous sommes clairement des anarchistes, mais dès qu’il s’agit de décrire la réalité bon enfant du camp et sa dimension ouverte sur l’extérieure, nous redevenons d’innofensifs "altermondialistes".

En attendant, il y avait aujourd’hui autant de flics que de manifestant-es et une ville transformée en caserne... Pas d’arrestations et une prise de parole d’un Afghan à la fin de la manif. Avec la tension qui régnait hier soir sur le camp, c’est toujours ça de pris...

source: Indymedia Lille

dimanche 28 juin 2009

MANIFESTE POUR UN SYNDICALISME DE LUTTE DE CLASSE ET DE MASSE




Militants syndicaux, nous vivons une douloureuse contradiction :

D’un côté, les travailleurs salariés qu’ils soient du public ou du privé, actifs, chômeurs, « précaires » ou retraités, subissent la plus grave offensive antisociale depuis la guerre. Poussés par la crise d’un système capitaliste délesté de tout contrepoids mondial, les forces du grand capital, sociétés transnationales et institutions de la mondialisation financière, impérialismes rivaux des différents continents, Union européenne, MEDEF et gouvernements maastrichtiens successifs, ont entrepris de détruire les conquêtes sociales et démocratiques de deux siècles de luttes. En quelques décennies, l’industrie française a été largement dépecée et une bonne partie de la classe ouvrière et des régions industrielles a été déclassée et marginalisée ; les statuts et les conventions collectives ont été brisés ou affaiblis. La précarité a fait des bonds de géant ainsi que le chômage de masse, la misère, les inégalités, la paupérisation de nombre de travailleurs. L’indemnisation du chômage est devenue de plus en plus difficile et restrictive. Les acquis sociaux (retraites, sécu, etc.) sont en grave recul. Les services publics (Poste, France-Télécom, SNCF, EDF, Education nationale, hôpital public...) sont asphyxiés, « libéralisés », « dégraissés », désossés, privatisés, tandis que le secteur public industriel (Renault, SNECMA, EDF), base d’un plan démocratique de ré-industrialisation du pays est quasiment liquidé, à l’instar d’une recherche publique et d’un investissement universitaire gravement anémiés…

Dans ces conditions, les tendances à l’affrontement de classes ne peuvent que s’affirmer comme on l’a vu en décembre 1995, au printemps 2003 et dans les récents conflits de la SNCM ou de la RTM. Le triomphe du Non ouvrier et républicain le 29 mai a été l’occasion de conscientiser et de synthétiser ces résistances sociales et civiques ; il a ouvert une crise politique profonde qui donne à la classe ouvrière et au monde du travail la possibilité de reprendre l’initiative, ce qui pousse la grande bourgeoisie à accélérer à tout prix l’intégration européenne et la fascisation d’une 5ème République en bout de course.

D’un autre côté, la fracture se creuse entre l’aspiration des salariés et des jeunes au « tous ensemble » contre l’oligarchie financière et sa politique maastrichtienne, et la frilosité, voire le sabotage des états-majors syndicaux, qui se refusent à dynamiser et fédérer les luttes, comme l’ont montré les conflits successifs de novembre 2005. Au niveau international, la « Confédération Européenne des Syndicats » est l’outil de la stratégie du patronat supranational pour impulser le syndicalisme d’accompagnement des contre-réformes dont l’objectif est de contenir la contestation des salariés dans les limites définies par le patronat. Dans cette droite ligne, la CFDT est devenue en France un porte parole pur et simple de l’UE, du gouvernement et du MEDEF qui divise les luttes, appuie « syndicalement » les contre-réformes sous couvert de les « infléchir » à la marge, dévoie de l’intérieur les fronts syndicaux et appelle ouvertement à l’échec des luttes quand celles-ce se développent.
Mais le ver est également dans le fruit des organisations syndicales dont l’histoire est liée au combat de classe et plus généralement, aux luttes pour la république, la laïcité, la paix et la démocratie. Les organisations les plus importantes du syndicalisme étudiant ont fait le choix de la cogestion, empêchant de fait tout développement de la lutte collective. Les espoirs initiaux nés de la création de la FSU sur les décombres de la FEN et de la volonté de développer un syndicalisme de lutte de classe et de masse en milieu enseignant ont été largement déçus : face à la volonté des pouvoirs maastrichtiens successifs d’aligner la France, héritière des luttes ouvrières et laïques menées depuis 1789, sur le modèle éducatif anglo-saxon, la FSU hésite et n’engage que des demi-combats, davantage destinés à « peser », à « infléchir », à « réorienter », à « remettre à plat » qu’à GAGNER. Elle s’est soumise, sans vrai débat de fond, à la construction capitaliste européenne, cultive l’illusion euro-réformiste et multiplie les démarches pour un strapontin à la CES après avoir longtemps hésité à condamner le traité constitutionnel européen.

Cette évolution est encore plus préoccupante concernant la CGT. La CGT, sous le drapeau rouge de laquelle la classe ouvrière a résisté au quotidien et remporté d’immenses victoires en 1936, 1945/46 et 1968, est toujours et de loin le syndicat le plus combatif et le plus représentatif, celui qui attire le plus les ouvriers et les employés, les techniciens voire les agents de maîtrise et cadres, celui dont les militants sont les plus nombreux aux manifs et dans les grèves nationales. Les traditions du syndicalisme de lutte, de classe et de masse y sont toujours vivaces, non seulement dans les entreprises et certaines fédérations mais aussi dans beaucoup d’UL ou d’UD. Mais la CGT a subi des mutations négatives notamment depuis la fin des années 80. S’éloignant des principes de classe, la direction confédérale a dérivé vers une conception de moins en moins combative de l’engagement syndical jusqu’à apparaître comme un obstacle aux luttes et à leur convergence. Invoquant la « modernité » et la « culture de négociation », il s’agit désormais, dans le cadre du syndicalisme rassemblé en-haut, non pas de résister en s’en donnant les moyens, mais de discuter entre « partenaires » des contre-réformes et régressions successives. Cette position qui aspire, au mieux, à « maîtriser le capital », ne fait en réalité que l’accompagner. Elle rend impuissant un mouvement populaire mis à la remorque d’accords a minima entre états-majors débouchant sur l’organisation de grandes journées unitaires laissées sans suite. La direction CGT déploie ainsi beaucoup d’énergie pour empêcher la cristallisation des mouvements comme en 2003 mais ne fait rien pour rapprocher les luttes et tenter de construire le « tous ensemble » permettant aux salariés de gagner en même temps plutôt que de perdre successivement et séparément. Pire, elle érode la combativité, pourtant résolue, en laissant isolées et sans soutien des luttes exemplaires, telles celles des salariés de la SNCM et de la RTM. Comment s’étonner alors que Chérèque puisse tranquillement faire son travail en insultant les salariés en grève et que ce climat favorise la chasse engagée contre les militants syndicaux ? Enfin, alors que la CGT de Frachon et Séguy se réclamait à la fois de l’internationalisme et de la souveraineté nationale, l’état-major confédéral est devenu « euroconstructif » et a intégré la CES après avoir quitté la FSM. Il s’est rallié au principe de la « construction européenne » et au mythe de « l’Europe sociale », sans remarquer que l’Europe supranationale n’est rien d’autre, par sa nature et son histoire, qu’un Empire du grand capital. Il en est même venu à se lamenter dans la presse sur le « manque de démocratie interne» suite à la décision salutaire du CCN d’engager la CGT dans la campagne du NON, pourtant attendue et saluée par les syndiqués, et plus généralement par une grande majorité de la population ! Il a, démocratiquement bien sûr, refusé d’appliquer cette décision du CCN !

En réalité, l’état-major confédéral cherche à engager définitivement toute la CGT dans le syndicalisme euro-réformiste en brisant le syndicalisme de lutte et de classe qui conteste aussi la propriété et le pouvoir capitalistes et qui a fait la force de la CGT comme des salariés. Si les syndicats « se contentent de mener une guerre d’escarmouche contre les effets du système actuel, au lieu d’essayer en même temps de le changer, en se servant de leur force organisée comme d’un levier pour l’émancipation finale de la classe ouvrière » (Marx), ils désarment celle-ci pour le plus grand profit des milieux patronaux. Ce recentrage des directions du syndicalisme de lutte dans l’accompagnement de la casse sociale et nationale est un élément clé de la stratégie du Capital qui multiplie les encouragements à poursuivre le processus, tels Villepin décernant des brevets de responsabilité à Thibault en plein conflit sur la SNCM ou, plus récemment, le Financial Times priant pour la réélection de ce dernier lors du 48ème congrès de la CGT. Ce sont d’ailleurs les cégétistes les plus liés au grand capital (notamment ceux qui, comme Le Duigou, co-gèrent le groupe « Confrontations-Europe », rassemblés avec de grands patrons dont Francis Mer !) qui, sous le masque de « l’indépendance syndicale », ont impulsé cette dérive.

Toutefois, comme le prouve la bataille syndicale pour le NON menée à la base sans Thibault et contre la direction confédérale, la CGT dispose encore d’un large potentiel de résistance et de militance lui permettant de redevenir la grande confédération de la lutte des classes, moderne et fidèle à ses principes, capable d’attirer à elle des millions de jeunes salariés combatifs. Là est la solution pour mettre un terme, non seulement à l’éparpillement syndical et à la désyndicalisation du salariat, mais à la « recomposition » du syndicalisme autour d’un pôle euro-réformiste qui signifie en fait la mort de la CGT en tant que syndicat de classe et, pour les salariés, le retour à des formes d’exploitation confinant à l’esclavage.

C’est pourquoi, nous, militants syndicaux attachés à nos organisations respectives mais fidèles à des principes de lutte et de classe qui transcendent les organisations et les appareils, appelons nos camarades syndicalistes à se regrouper autour de la défense du syndicalisme de classe et de ses structures, d’abord dans l’unité d’action, puis, quand les conditions seront créées, dans une grande Confédération Générale du Travail fidèle à ses principes. Pour être gagnant, ce syndicalisme ne peut avoir seulement pour but d’arracher au capital des réformes positives pour les salariés, mais aussi celui d’abolir l’exploitation capitaliste par la socialisation des moyens de production et d’échange. La question de la propriété est centrale : on ne mettra pas un terme au chômage, à la baisse du pouvoir d’achat, à la casse des acquis sociaux, à la déliquescence du lien social, sans la re-nationalisation démocratique (sans indemnités pour les grands actionnaires) des entreprises industrielles et de service privatisées par les gouvernements maastrichtiens successifs, sans la nationalisation du crédit et des banques, sans un plan démocratiquement défini de ré-industrialisation du pays mettant au premier plan les besoins des salariés, du pays, de l’humanité, les exigences écologiques dans la perspective d’un véritable développement durable et équilibré de la France, de l’Europe et de toute la planète. Cela suppose de fédérer les résistances interprofessionnelles et de constituer de larges plates-formes syndicales interprofessionnelles et confédérale capables d’impulser le « tous ensemble » et de créer les conditions d’une offensive victorieuse des travailleurs salariés, des retraités, des chômeurs et précaires, des étudiants et de la jeunesse. Cela suppose aussi de militer pour un véritable internationalisme, opposé au nationalisme comme au « supra-nationalisme » européiste, engagé à tout le moins contre l’UE des traités de Maastricht et de Nice, dans la construction de convergences internationales de lutte et d’alliances privilégiées entre syndicats de lutte, le développement d’une puissante Fédération Syndicale Mondiale combative et démocratique, le combat en France contre le racisme, l’extrême droite, la surexploitation patronale de l’immigration, le maintien de rapports néo-coloniaux entre la France et ses anciennes colonies.


Le sens du présent manifeste n’est donc pas de fonder une « tendance » mais avant tout, de créer du lien. Séparément, nous serons marginalisés par les tenants du syndicalisme d’accompagnement et livrés à la répression patronale et gouvernementale, tandis qu’ensemble, nous pourrons résister, passer à l’offensive et aider les syndiqués à se réapproprier l’outil syndical pour briser la déferlante patronale.

Nous invitons donc les militants CGT et FSU à des rencontres communes dans les départements et au niveau national pour :
- définir des objectifs d’action fédérateurs, en particulier dans le contexte de la préparation du 48ème congrès de la CGT étroitement surveillée et balisée par la direction confédérale. Ces dirigeants qui ont paralysé les luttes et les ont menées à l’échec ne doivent pas pouvoir « boucler » tranquillement leur congrès de mutation définitive de la CGT !
- élaborer et diffuser des analyses et des appels communs.

Nous proposons dans ce but la tenue d’Assises nationales du syndicalisme de lutte, de classe et de masse.

Enfin, nous proposons de contribuer au développement des campagnes contre la criminalisation du mouvement social et la répression des militants syndicaux les plus combatifs en redonnant sens et vigueur à la solidarité syndicale de classe.

source: COLLECTIF UNITAIRE POUR UN FRONT SYNDICAL DE CLASSE

lien: collectif.syndical.classe@wanadoo.fr

jeudi 25 juin 2009

Non à l’implantation de l’entreprise israélienne Agrexco à Sète


Pas un euro d’argent public contre le peuple palestinien !
Oui à la création d’emplois respectant les Droits des palestiniens et protégeant les paysans languedociens.


En pleine guerre contre la population de Gaza en janvier dernier, le président de la région Languedoc- Roussillon, engageant tout le conseil régional, annonçait à grand renfort de promesses d’emplois et de subventions régionales l’implantation dans le port de Sète de l’entreprise israélienne AGREXCO. Incluant cette opération dans un plan d’investissement de 200M d’€ sur 10 ans, il promettait – sur fond d’élections régionales prochaines - la création de 200 emplois et 500 000 t de trafic supplémentaire. Même si l’opération médiatique est certaine, il n’en demeure pas moins que l’opérateur portuaire italien GF Group a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation d’un terminal fruitier et d’un terminal conteneur pour « Port Sud de France » (nouveau nom selon Frêche du port de Sète) et qu’AGREXCO a remporté l’appel d’offres d’exportation des fruits et légumes et signé convention avec la Région. Si l’on ajoute les divers déplacements – largement médiatisés - en France des responsables de ces deux groupes et ceux du président de la Région en Israël, tout indique que le processus est engagé et qu’une « politique de l’autruche » serait lourde de conséquences.


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Adoption d'un projet de loi homophobe en Lituanie


17 juin 2009

Le Parlement lituanien ou Seimas a adopté un projet de loi ayant pour effet d'interdire tout débat sur l'homosexualité au sein des établissements scolaires ainsi que les références à l'homosexualité dans toute forme d'information publique susceptible d'être vue par des mineurs.

Mardi 16 juin, les membres du Seimas, à une écrasante majorité, ont voté en faveur d'un projet de loi portant modification de la Loi relative à la protection des mineurs face aux effets préjudiciables de l'information publique. Sur les 74 parlementaires qui ont participé au scrutin, 67 se sont prononcés en faveur d'un changement de la loi.

La modification adoptée met les informations sur l'homosexualité sur le même plan que la représentation de la violence (physique ou psychologique) et du vandalisme, la diffusion d'images montrant des cadavres ou des corps cruellement mutilés et toute information susceptible d'engendrer la peur ou l'effroi ou d'encourager les automutilations ou le suicide.

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Deux ou trois choses que j’avais à vous dire


Par Yildune Lévy, étudiante, mise en examen dans l’"affaire de Tarnac"

C’est un homme, dans un bureau, comme tant d’autres hommes dans tant d’autres bureaux auxquels il ressemble sans ressembler à rien. Celui-là dispose d’un pouvoir spécial, certainement dû au fait que son bureau occupe le dernier étage d’une quelconque tour d’un palais de justice.

On dit qu’il instruit, qui ? quoi ? Il instruit. Il écroue. Il interroge. Il rend des ordonnances, de pâles ordonnances, où quelques articles de loi, une poignée de formules convenues et de considérations vagues se concluent par d’impénétrables mesures de contrôle judiciaire. Benjamin, certainement trop apprécié comme épicier à Tarnac, sera assigné à résidence chez sa mère en Normandie, où il n’a jamais vécu, à 30 ans. Manon et moi, qui partagions tout à Fleury, n’avons plus le droit de nous voir maintenant que nous sommes "libres". Julien peut se mouvoir dans toute la couronne parisienne, non traverser Paris, au cas où lui viendrait la tentation de prendre d’assaut l’Hôtel de Ville, sans doute.

Tel ami qui le visitait au parloir de la Santé doit se garder de le croiser désormais, sous peine de réincarcération. L’homme au bureau construit un dédale de murs invisibles, un labyrinthe d’impossibilités factices où nous sommes censés nous perdre, et perdre la raison. Il y a un ordre dans cet écheveau d’absurdités, une politique de désorientation sous les accents neutres du judiciaire.

On nous libère en prétextant qu’il n’y a pas de "risque de concertation frauduleuse" pour ensuite nous interdire de nous voir et nous exiler ici ou là, loin de Tarnac. On autorise un mariage tout en en faisant savamment fuiter le lieu et la date. On fragnole [1], à coup sûr, mais pas seulement.

C’est par ses incohérences qu’un ordre révèle sa logique. Le but de cette procédure n’est pas de nous amener à la fin à un procès, mais, ici et maintenant, et pour le temps qu’il faudra, de tenir un certain nombre de vies sous contrôle. De pouvoir déployer contre nous, à tout instant, tous les moyens exorbitants de l’antiterrorisme pour nous détruire, chacun et tous ensemble, en nous séparant, en nous assignant, en starifiant l’un, en faisant parler l’autre, en tentant de pulvériser cette vie commune où gît toute puissance.

La procédure en cours ne produit qu’incidemment des actes judiciaires, elle autorise d’abord à briser des liens, des amitiés, à défaire, à piétiner, à supplicier non des corps, mais ce qui les fait tenir : l’ensemble des relations qui nous constituent, relations à des êtres chers, à un territoire, à une façon de vivre, d’oeuvrer, de chanter. C’est un massacre dans l’ordre de l’impalpable. Ce à quoi s’attaque la justice ne fera la "une" d’aucun journal télévisé : la douleur de la séparation engendre des cris, non des images. Avoir "désorganisé le groupe", comme dit le juge, ou "démantelé une structure anarcho-autonome clandestine", comme dit la sous-direction antiterroriste, c’est dans ces termes que se congratulent les tristes fonctionnaires de la répression, grises Pénélope qui défont le jour les entités qu’ils cauchemardent la nuit.

Poursuivis comme terroristes pour détention de fumigènes artisanaux au départ d’une manifestation, Ivan et Bruno ont préféré, après quatre mois de prison, la cavale à une existence sous contrôle judiciaire. Nous acculer à la clandestinité pour simplement pouvoir serrer dans nos bras ceux que nous aimons serait un effet non fortuit de la manoeuvre en cours.

Ladite "affaire de Tarnac", l’actuelle chasse à l’autonome ne méritent pas que l’on s’y attarde, sinon comme machine de vision. On s’indigne, en règle générale, de ce que l’on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu’ailleurs il n’y a lieu de s’indigner. Car c’est la logique d’un monde qui s’y révèle. A cette lumière, l’état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l’autre, à s’en croire le vainqueur, où nous échappe tant l’origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n’est pas le résultat d’une obscure décadence, mais l’objet d’une police constante.

Elle éclaire jusqu’à la rage d’occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires. On envoie les unités territoriales de quartier (UTEQ) quadriller les cités ; depuis le 11 novembre 2008, les gendarmes se répandent en contrôles incessants sur le plateau de Millevaches. On escompte qu’avec le temps la population finira par rejeter ces "jeunes" comme s’ils étaient la cause de ce désagrément. L’appareil d’Etat dans tous ses organes se dévoile peu à peu comme une monstrueuse formation de ressentiment, d’un ressentiment tantôt brutal, tantôt ultrasophistiqué, contre toute existence collective, contre cette vitalité populaire qui, de toutes parts, le déborde, lui échappe et dans quoi il ne cesse de voir une menace caractérisée, là où elle ne voit en lui qu’un obstacle absurde, et absurdement mauvais.

Mais que peut-elle, cette formation ? Inventer des "associations de malfaiteurs", voter des "lois anti-bandes", greffer des incriminations collectives sur un droit qui prétend ne connaître de responsabilité qu’individuelle. Que peut-elle ? Rien, ou si peu. Abîmer à la marge, en neutraliser quelques-uns, en effrayer quelques autres. Cette politique de séparation se retourne même, par un effet de surprise : pour un neutralisé, cent se politisent ; de nouveaux liens fleurissent là où l’on s’y attendait le moins ; en prison, dans les comités de soutien se rencontrent ceux qui n’auraient jamais dû ; quelque chose se lève là où devaient régner à jamais l’impuissance et la dépression. Troublant spectacle que de voir la mécanique répressive se déglinguer devant la résistance infinie que lui opposent l’amour et l’amitié. C’est une infirmité constitutive du pouvoir que d’ignorer la joie d’avoir des camarades. Comment un homme dans l’Etat pourrait-il comprendre qu’il n’y a rien de moins désirable, pour moi, que d’être la femme d’un chef ?

Face à l’état démantelé du présent, face à la politique étatique, je n’arrive à songer, dans les quartiers, dans les usines, dans les écoles, les hôpitaux ou les campagnes, qu’à une politique qui reparte des liens, les densifie, les peuple et nous mène hors du cercle clos où nos vies se consument. Certains se retrouveront à la fontaine des Innocents à Paris, ce dimanche 21 juin, à 15 heures. Toutes les occasions sont bonnes pour reprendre la rue, même la Fête de la musique.

lemonde.fr

[1] Il manque assurément au vocabulaire français un verbe pour désigner la passion que met un assis à rendre, par mille manœuvres minuscules, la vie impossible aux autres. Je propose d’ajouter pour combler cette lacune à l’édition 2011 du Petit Robert le verbe "fragnoler" d’où découlent probablement le substantif "fragnolage", l’adjectif "fragnolesque" et l’expression argotique "T’es fragno !" dont l’usage est attesté et ne cesse de se répandre

mardi 16 juin 2009

Nicolas Sarkozy veut-il débaucher des altermondialistes pour son prochain gouvernement ?

Communiqué d'Attac France

Le président de la République a prononcé le 15 juin un discours devant l’Organisation internationale du travail (OIT) qu’à première vue on pourrait croire sorti d’une assemblée du Forum social mondial. Tout, ou presque, y est : le refus de la marchandisation des activités humaines, la soumission du droit des affaires aux normes sociales et environnementales, la condamnation du dumping social, le refus du travail des enfants, la condamnation du tout pour le capital et rien pour le travail, l’appel à une forte régulation financière internationale, notamment par la taxe Tobin, la dénonciation de la cohabitation de l’abondance et de la misère, la critique des pays n’ayant pas ratifié les conventions de l’OIT, la proposition d’une Organisation mondiale de l’environnement, etc.


Il n’y a plus de limites au double langage et aux tentatives de brouillage des repères. En effet, point par point, les envolées humanistes du Président sont démenties par sa pratique politique quotidienne et par l’action de son gouvernement.


Il achève peu à peu la privatisation des services publics et donc il les marchandise. Il a accentué le partage inégal des revenus entre capital et travail en inventant le bouclier fiscal. Il a distribué des dizaines de milliards aux banques spéculatrices, mais reste très avare pour le SMIC et les minima sociaux. Il a accru la pression sur les salariés et les chômeurs en guise de respect des normes internationales. Il projette maintenant de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et il nous assurera plus tard que c’est pour rééquilibrer le partage entre travail et capital. Il a développé une politique anti-immigrés honteuse, au nom sans doute des droits de l’homme dont il se réclame. Il a imposé de force le traité de Lisbonne qui interdit toute taxation des transactions financières. Il a entériné un plan climat-énergie au rabais pour préparer la « bonne gouvernance climatique ».


Attac n’acceptera pas de se laisser désarmer par ce nouveau hold-up idéologique, qui affirme le contraire de ce qui est mis en œuvre dans une France où la part la plus belle est réservée à une minorité, et dans un monde où la loi du profit est le principal obstacle pour que tout ce qui est proclamé à la tribune de l’OIT à Genève devienne réalité.

Le discours du Président Sarkozy a un seul mérite : il désigne très nettement tous les verrous empêchant que la société redevienne maîtresse de son destin. Mais ce n’est certainement pas lui qui les fera sauter !


Attac France,
Montreuil-sous-bois, le mardi 16 juin 2009


Pour en savoir plus :
- Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10097
- Le rapport Attac "De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales" : http://www.france.attac.org/spip.php?article9738

lundi 15 juin 2009

RSA mensonges

Pour certaines personnes, encore pire que ce qui existait déjà où pourtant les Rmistes retravaillaient souvent déjà à perte !

RSA ETUDE DE CAS

PAUL RMIste, trouve un emploi CDD 1 AN, à 3/4 TEMPS

AVANT le RSA
SALAIRE 771€
+ CUMUL RMI COMPLET PENDANT 3 MOIS (400€X3),
+ CUMUL PARTIEL PENDANT 9 MOIS forfait (150€X9)

SOURCES : http://www.dossierfamilial.com/argent/aide...

+ PRIME DE RETOUR A L’emploi 1000€ (versée env debut 5eme mois),
+ PPE (prime pour emploi) 771€x12 declaré = prime annuel : 712€

SOURCES : http://www.prime-pour-emploi.com/

TOTAL : 771x12 + 400x3 + 150x9 + 1000 + 712 = 12802€ soit moyenne mensuelle : 1066,83€

AU RSA
SALAIRE 771€ + RSA 101€ - FORFAIT LOGEMENT 53,75 = 818,25€
PERTE DE LA PRIME DE RETOUR A L EMPLOI
PERTE DE LA PPE (en fait, la PPE passe dans le complement RSA)

source : http://www.premier-ministre.gouv.fr/...

RESULTAT : PERTE DE : 248,58€ mensuel 2982,96€ an

Sauf erreur de ma part, car très compliqué de suivre le RSA .. les textes de lois etc

A NOTER AUSSI QUE PAUL VA PERDRE en reprennant cet emploi :

au grand minimum 100€ d’alloc logement
le droit à la CMU complémentaire (dépassement plafond)
l’exonération de la taxe d’habitation tarif social énergie et téléphone

Soit si on compte bien, une perte supplémentaire encore d’environ 200€ d’avantages, par rapport au RMI, à oter encore de ces 818,25€ annoncés ... soit reste équivalent de 618,25€

Soit 218,25€ de mieux par mois qu’au RMI (7,04€ par jour)
si Paul travaille à 20kms de son domicile, et qu’il lui faut une voiture, s’il habite à la campagne, soit 40 kms/jour, à 0,35€ du kilometre sur 21 jours de boulot = 40x21x0,35= 294€ de frais de deplacement

218,25 - 294 = MOINS 75,75€ (là, Paul est + fauché qu’au RMI)

Conclusion

Paul travaillera pour etre quasi aussi pauvre voir + PAUVRE qu’AU RMI ...

Je vous incite à diffuser ma vidéo : " RSA mensonges " autant que vous voulez, l’heure est grave, ce RSA va généraliser les petits boulots forcés, corvéables, précaires ... merci

patdu49

source: HNS


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