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samedi 6 juin 2009

Europe écologie : Voyage au bout du spectacle

Par Geneviève Confort-Sabathé

Militante sans parti

« Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. » (Première phrase de La Société du Spectacle de Guy Debord-1967)

Et dire que pendant des années, la grande Dominique a passé son temps à faire de l’idéologie complexe, en répétant à l’envi, « je suis trop rouge pour les Verts, trop verte pour les Rouges ». La formule pour que l’électeur n’y voit que du bleu était pourtant simple, il suffisait d’équiper la gaule à gogos, de leurres fluorescents.

Certes, la politique y perd un peu mais la société du spectacle en sort grandie. Pour les Européennes, les têtes de listes d’Europe Ecologie se sont mises en mode cinéma de comédie à visée familiale. Europe Ecologie a produit un polar, un vaudeville, une tragi-comédie…

Les professionnels des grands médias n’en espéraient pas tant. Eux qui détestent fatiguer leurs neurones se voyaient contraints de prendre connaissance des programmes politiques, de décortiquer les différents traités (en particulier le traité honni, celui de Lisbonne), d’étudier le fonctionnement des institutions européennes. Bref, ils s’apprêtaient à faire leur travail de médiateurs pédagogiques. Heureusement, Europe Ecologie s’est mise à faire le spectacle. Les élites médiatiques ont pu recommencer à traquer le diable dans les détails.

Quoi de plus excitant, en effet, que de voir, un Bendit, un exploitant (médiatique) de menottes et une magistrate, flingueuse de VIP, se trémousser sur la même scène, devant un parterre de bobos parisiens, fouettés par l’excitante combinaison. Ce polar décalé façon « Y’a-t-il un flic pour sauver l’écologie ? », voilà de quoi ringardiser les adversaires.

Et pour ceux qui n’aiment pas le polar, le vaudeville n’est jamais loin. Tous les journaux s’y sont mis pour humaniser l’âpre magistrate à lunettes. Et de la décrire en balade avec Dany, dans les rues de Paris. « J’ai toujours pensé qu’avec un vélo, une tente et une canne-à-pêche, on est la plus heureuse des femmes ». En voilà au moins une qui ne fait même pas semblant de faire de la politique. On est dans « Vacances romaines » mais à Paris !

Présentée comme le « joker de Dany », Eva Joly avait déjà pris langue avec Bayrou, en juin 2008, mais elle s’est laissé séduire par son « envie » d’être députée européenne. Les Verts ne sont que l’instrument de cette envie comme elle s’en est expliquée devant les médias subjugués. «Je suis parmi les dix personnes au monde qui connaissent ce monde des multinationales et des institutions multilatérales, je veux porter ces dossiers à Bruxelles. » Eva va à Strasbourg…pour se régaler ! A 66 ans, elle n’allait pas attendre que le Modem devienne une force politique.

C’est là qu’intervient la tragi-comédie. Bayrou et Dany s’affrontent lors d’une émission télévisée en s’insultant comme de vulgaires camelots : « Minable ! », « pédophile ! » « Ami de Sarko ! ». Cherchez l’intrus ! Le public rigole, il voit ça, tous les jours, sur les écrans. Chez Ruquier, par exemple, où l’attaque personnelle constitue l’essentiel du spectacle. D’ailleurs, la preuve que l’accrochage verbal n’était que du vent, le lendemain sur France-Inter, Dany, l’insulté pas bégueule, explique qu’il avait souhaité que Ségolène fasse alliance avec Bayrou, pour la Présidentielle, et qu’après les Européennes, il faudra bien que tout le monde se reparle.

Coincé entre Dany et Eva, José, le moustachu volontaire, n’est pas à plaindre. La pipe gaillarde, il barbote dans le marigot avec délectation. C’est que l’exploitation des ressources du parlement européen lui assurera une retraite autrement plus confortable que l’exploitation de ressources agricoles. Il ne se réclame plus vraiment de l’extrême gauche, il se souvient, à peine, d’avoir fait campagne pour le Non mais il zouke, devant les caméras, sans même enfiler une cagoule.

Ceux qui refusent de valser avec les pantins, peuvent toujours boycotter les élections européennes. Il ne s’agit pas de dire NON à l’Europe mais NON à cette Europe, celle du spectacle et de la dépolitisation.

Signer l’appel au boycott

dimanche 31 mai 2009

Leur Europe, non merci !

ÉLECTION EUROPÉENNE / Communiqué du MAI

L’Europe de Bruxelles fait tous les jours la démonstration de son caractère antidémocratique, entièrement au service des grandes entreprises et dirigée en fait par leurs lobbies.

Les peuples européens qui ont été consultés l’ont rejeté dans leur grande majorité.

Le parlement européen a pour fonction principale de servir de leurre pour faire croire que l’organisation européenne est démocratique. Il n’a pratiquement aucun pouvoir, et ses conditions de fonctionnement l’empêchent d’exercer les bribes qui lui en ont été concédées.

Dans ces conditions participer à ce jeu de dupes, c’est cautionner le fonctionnement d’une institution qui à été refusée par le peuple français, entretenir l’illusion que les peuples européens pourraient avoir une influence sur les orientations d’une politique européenne entièrement dictée par le capitalisme international et les États-Unis avec les résultats que nous pouvons constater.

Malgré cette analyse, dans le but de favoriser une unité des forces de gauche favorables à une alternative réelle au capitalisme, le MAI était d’accord pour soutenir une liste unitaire regroupant toutes les organisations de l’arc du NON sur des bases claires.

Cette union ne s’est pas réalisée.

Ne nous le cachons pas c’est un échec de plus et il serait grand temps de nous interroger sur les causes de cette impuissance à rassembler des forces que tout devrait rapprocher et surtout dégager des solutions pour y parvenir. Nous ne pourrons progresser et proposer une alternative crédible aux Français que « tous ensemble ». Nous ne voulons pas croire que ce sont les intérêts partisans des uns et des autres qui nous ont menés dans cette énième impasse, mais nous nous désolons de ce manque de lucidité politique à long terme dès qu’il est question d’échéances électorales.

Nous reprenons donc notre campagne d’explications sur la réalité de l’Europe qu’on nous impose et notre mot d’ordre de voter avec un bulletin du style « Leur Europe, non merci ! ». Bulletin sur lequel nous exprimerions notre exigence d’une politique sociale, écologique, d’une politique de coopération et de solidarité entre les peuples à la place de cette concurrence mortifère qui les dresse les uns contre les autres au lieu de les unir. (ce bulletin de vote sera décompté comme nul).

Article téléchargeable

vendredi 17 avril 2009

Proposition d'un boycott de l’élection Européenne du 7 juin 2009

Un triste constat : Le Traité Constitutionnel Européen (TCE) rejeté par référendum en 2005 par les Français-es à 53% ne s’intéressait pas à l’Europe sociale. Mais son frère jumeau le Traité de Lisbonne approuvé par le Parlement français fait toujours la part belle à la libre circulation des capitaux et des marchandises. C’est sur ces bases politico-économiques qui encouragent la spéculation, le crédit à la consommation et les profiteurs en tout genre, que « la crise financière » est survenue. Je la qualifie de « casse financier du 21ème siècle ». Les Européens sont gouvernés par des technocrates de plus en plus éloignés des préoccupations des gens ordinaires. Les centres de décisions sont délocalisés. Cette pyramide de décideurs n’est pas loin de la pyramide décisionnelle des profiteurs, qui gouvernent les multinationales. Elle poursuit le même but, les profits monétaires, l’enrichissement privé, l’accumulation des pouvoirs, la manipulation des masses. Ce n’est pas l’Europe dont nous voulons !
L’Etat français ne cesse plus d’endetter les contribuables (1210 Milliards de dette avant la crise) et on peut dire qu’il entretient un système « faillitaire » depuis de nombreuses années et pas seulement sur le plan économique et financier mais également sur le plan environnemental et du respect des droits de l’humain. Les femmes et les hommes du gouvernement français actuel représentent l’élite française de cette idéologie décadente. Certains-es d’entre eux sont d’anciens-nes capitaines d’industrie et le Présidents est lié au Gotha des affaires et au patronat. La plupart des grands patrons ont sollicité des aides de l’Etat, démontrant leur incapacité à gérer leur entreprise. C’est inacceptable !
Le triste constat ne s’arrête malheureusement pas là. Alors qu’une vacuité s’installe en politique, avec la demande pressente d’une autre société, la gauche est divisée. Je ne me reconnais plus dans cette division de mes amis politiques dispersés dans des camps différents et qui s’opposent : au NPA, à la Fédération, au Front de Gauche, à Lutte Ouvrière, etc. Tous dispersés et divisés et prêts encore une fois à nous faire perdre une élection. Je m’adresse à vous pour réagir parce qu’ « Une minorité est sans pouvoir tant qu'elle se conforme à la majorité : ce n'est même pas alors une minorité » (Thoreau). Après le déni de démocratie du parlement, la banqueroute (organisée ?) du capitalisme, qui plonge le pays dans la récession et plus de pauvreté, il serait grand temps que les peuples d’Europe, et la France en particulier, réagissent.

Que pouvons-nous attendre de l’élection européenne ? On ne peut pas être contre le Traité de Lisbonne, qui régit l’Europe contre le consentement du peuple, et se présenter aux élections sans trahir, ou encore aller voter à gauche le 7 juin sans perdre la face. De plus, l’émiettement des forces de gauche en plusieurs listes annule tout espoir d’avoir un seul élu au parlement européen, comme le rappelait Clémentine Autin le 31mars dernier à Saintes, tout en appelant à rejoindre la Fédération, alors que des membres du Front de gauche demandaient de les rejoindre aussi ce même soir. Quelle crédibilité pouvons nous avoir à gauche de la gauche, en nous disant en faveur de la solidarité et en étant incapables de nous unir autour d’un projet commun pour une élection ? Voter, reviendrait à avaliser la confiscation de la démocratie et cette ridicule guerre des chefs.

Ma proposition : Le boycott d’une élection n’est pas le reniement du droit de vote, il appuie une revendication faite aux responsables d’une infraction au respect des droits de l’Humain ou de la nature. Il y a au moins trois bonnes raisons qui me poussent à proposer le boycott de l’élection européenne et à poser les revendications suivantes au gouvernement :
1)L’abandon du traité de Lisbonne par la France et l’ouverture d’une consultation démocratique avec les 20 Etats membres et toutes les composantes de l’Europe, pour un nouveau traité.
2)La levée du secret bancaire et la fin des paradis fiscaux.
3)La nomination d’une commission d’enquête parlementaire européenne sur les dessous de la crise financière, avec des investigations dans les paradis fiscaux.
Bien entendu, nos adversaires accueilleront avec satisfaction et mépris notre boycott. Il s’agit d’une étape, pas d’un objectif final.
Je propose les deux revendications suivantes à tous les partis de gauche :
1)L’union des forces de gauche à l’échelle nationale et européenne sur la base des valeurs qui nous rapprochent et non qui nous divisent. La création d’une Grande Fédération de Gauche, avec une répartition équitable des candidats sur une même liste, au prorata des derniers résultats électoraux.
2)Un appel aux populations du monde pour sortir de la culture du productivisme et du consumérisme, ces serviteurs du capitalisme. Car il est illusoire de tout attendre des gouvernements et des partis politiques.
Je ne pense pas une seule seconde que l’une de ces revendications puisse être satisfaite aujourd’hui. Mais elles ont le mérite de s’inscrire dans une stratégie à long terme en interpellant les responsables politiques et les médias. Je propose de demander à ceux qui nous représentent ou y aspirent d’avoir plus de dignité. Plus nous serons nombreux à porter ces revendications et plus nous aurons de chance de les voir satisfaites. Dans le cas contraire, et ce n’est qu’une étape, je propose à celles et ceux qui ne veulent pas capituler la stratégie suivante le jour du 7 juin : déployer des piquets de grève devant tous les bureaux de vote avec les symboles suivants : dessins de cercueils sur lesquels seront inscrits « démocratie » ou « 29 mai », brassards noirs, ou bâillons noirs ou vêtements noirs, etc. Je propose aux plus courageux et héroïques des citoyens-nes de faire des interpositions en se couchant ou s’assoyant sur les chemins et les accès aux bureaux de vote, afin d’obliger la police à intervenir. Il sera de notre devoir alors de nous laisser traîner, voire emprisonner et de décliner notre identité. Thoreau dont l’action et le courage ont fait école, disait justement pour condamner le gouvernement américain au 19ème siècle, que la place d’un homme libre dans une société esclavagiste était la prison. Je propose que nous brûlions des copies de nos cartes d’électeur devant les journalistes et les photographes. Le tout pour interpeller les médias et la presse afin de faire passer notre message. Conformément aux règles de la non-violence, je propose de commencer par adresser des pétitions et des lettres individuelles aux responsables politiques, avec en copie les journalistes, signifiant notre intention de nous opposer au scrutin si tout ou partie de nos revendications ne sont pas satisfaites.
Notre devoir est de ne plus participer à cette mascarade politique qui bafoue la démocratie, vire au cauchemar économique, humanitaire et environnemental. Je propose de créer des comités dits « du 29 mai » pour étayer cette proposition, l’entériner, écrire une pétition nationale et se préparer au boycott si nous n’obtenons pas satisfaction d’ici le 7 juin. Si cet appel aux collectifs échoue, que chacun face pour le mieux.

Pour finir sur une note d’optimisme : Les collectifs ou comités citoyens sont la plus belle réalisation démocratique. Mais ils semblent avoir été minés par l’entrisme des appareils politiques en déconfiture, reconstitués et colmatés. Nous n’avons pas su réinventer une gouvernance horizontale avec cette force populaire constituée, précisément parce que ce modèle reste encore à inventer. Gandhi disait : « Dans cette structure composée d’innombrables villages (collectifs), il y aura des cercles de plus en plus grands, mais jamais de structure ascendante. L’existence ne sera pas bâtie sur le modèle d’une pyramide dont le sommet est soutenu par la base. Il s’agira d’un cercle océanique dont le centre sera l’individu toujours prêt à périr pour le village, et le village prêt à périr pour le cercle de villages (…) » Il résumait cette idée ainsi : "Dans cette nouvelle nation (l’Inde indépendante) où le dernier est égal au premier ou, en d’autres termes, personne ne vient en premier et personne en dernier".

Vous pouvez réagir à cet appel sur ce blog. Merci de transmettre ce message à tous les collectifs de France.
Cordialement

Jean-paul Alonso

Si vous adhérez au texte ci-dessus, je vous invite à signer la pétition suivante;

mercredi 15 avril 2009

POSITION DE BELLACIAO SUR LES EUROPEENNES (I)


Nous estimons venu le moment d’éclaircir un premier point concernant les Européennes.

Notre position (abstention constructive, pas de consigne publique...) n’est pas encore totalement arrêtée.

Une chose cependant est certaine : Bellaciao France ne soutient et ne soutiendra officiellement AUCUNE des listes "de gauche", ni NPA ni Front de Gauche, notamment.

Ses membres se détermineront en conscience, mais le collectif, lui, ne mettra pas la main dans ce jeu électoraliste et anti-démocratique, qui consiste à duper une nouvelle fois des citoyens en manque de perspectives sociales et politiques.

Une autre chose est également certaine : nous refusons la publication de messages concernant la liste "Europe Ecologie".

Rien ni personne ne peut nous contraindre à accepter sur notre site de la publicité pour une liste de tartuffes, composée d’anciens "OUIstes" et d’anciens "NONistes", réunis par une soi disant écologie dont on voit mal ce que celle de Bové a de commun avec celle de Cohn-Bendit ou des "Verts" eux-mêmes extrêmement disparates.

Notre tolérance a des limites, et nous n’ouvrirons pas ce site à la pub ou à la propagande pour un ex-gaucho viré rosâtre soutien au capitalisme, un militant altermondialiste qui acceptait encore récemment une mission de Ségolène Royal, ou plus généralement, des personnes qui nous ont fait une guerre sans nom au moment des CUAL.

Nous sommes écolos, c’est un souci pour notre collectif depuis des années mais sans aucun doute, pas de cette écologie-là.



De : Collectif Bellaciao
lundi 13 avril 2009

dimanche 8 mars 2009

Cour de justice, excès de pouvoir ! Parlement européen, excès d’impuissance !


Par Geneviève Confort-Sabathé












Faut-il s’étonner de voir tant de personnalités illustres exhorter les états-majors de la gauche radicale à faire l’unité politique en vue des élections européennes ? Faut-il s’étonner de voir tant de militants purs et durs prêts à rengainer leurs exigences démocratiques au nom de l’efficacité électorale ? Non, car les Français, fussent-ils intellectuels conscientisés ou citoyens engagés, n’arrivent pas à faire le deuil de la démocratie.

Ils veulent oublier la forfaiture des députés de l’Assemblée nationale (hormis les communistes) qui ont adopté le Traité de Lisbonne contre l’avis du peuple français.

Les Français sont bien conscients que la démocratie par délégation est une catastrophe et que les élus ne se sentent jamais tenus par les promesses qu’ils ont faites pendant la campagne électorale. Pourtant, ils ne parviennent pas à renoncer aux soirs d’élections, ces moments collectifs, qui fleurent bon la revanche populaire. Evidemment, la jouissance ne dure pas longtemps, juste le temps de se pousser du coude ou de le lever, devant la gueule enfarinée des quelques-uns qui se sont ramassés une veste.

Mais, cette fois, l’enjeu est de taille car le seul fait de participer aux élections européennes dans le contexte de crise actuel revient à cautionner un système politique totalement inféodé à la loi du marché commun européen. Les traités, véritables tables de la Loi, sont gravés dans le marbre capitaliste. Le dernier avatar, le trop fameux traité de Lisbonne, qui viole la volonté des peuples parachèvera la tendance ultralibérale de l’Europe.

Les élections au Parlement sont une mascarade destinée à laisser croire que les peuples ont encore leur mot à dire. Or, il suffit pour se convaincre du contraire de s’intéresser aux toutes dernières décisions « sociales » de la Cour de Justice des Communautés européennes, elles vont toutes dans le sens de la défense de l’entreprise contre le droit des salariés. Pourquoi ? Parce que les traités successifs constituent un carcan imperméable qui permet une « interprétation » libérale quelle que soit la volonté initiale des députés européens. Ainsi les droits des entreprises s’apparentent, en droit européen, à des « libertés fondamentales » quand les droits des salariés sont du ressort de la compassion des Etats membres, à eux de choisir ce qui est bon pour leurs propres ressortissants… à condition que cela ne défrise pas la Cour de Justice des Communautés européennes.

La majorité du Parlement européen serait-il composé de députés anarcho-communistes, ce qui ne risque pas de se produire avant l’an 3050, que les technocrates de la Commission n’en renonceraient pas moins à leur but suprême : édicter des lois pour accélérer le dumping social dans les Etats membres. La Commission européenne est le bras armé des capitalistes en Europe. Même si une « actio popularis », emmenée par un ramassis de salopards en salopette, la visait, elle pourrait toujours compter sur la Cour de Justice des Communautés européennes. Bien planquée dans un véritable bunker au Luxembourg, un paradis fiscal soit dit en passant, cette tanière de super-juges symbolise le totalitarisme juridique d’une construction européenne qui s’est faite sur le déni des peuples. Les arrêts de cette cour suprême sont inattaquables ou presque. Confessionnal ou conseil de discipline, la Cour de Justice se la joue autoritaire. Les représentants des Etats membres y défilent, la tête basse, et en sortent, les fesses rougies.

La Cour de Justice des Communautés européennes est sans doute l’instance la plus discrète mais aussi la plus puissante. Une puissance occulte, au service des puissances de l’argent, en quelque sorte puisqu’elle n’a cessé, en quarante ans, de promouvoir le libéralisme le plus violent à coups d’interprétation fantaisistes des traités lorsque les textes n’étaient pas suffisamment précis. Ses pouvoirs ne cessent de s’étendre de traités en traités, les Etats membres perdent de plus en plus leur prérogatives au bénéfice de cette curieuse institution qui semble intouchable et s’apparente désormais à une sorte d’Olympe d’où un Zeus, déguisé en trader de luxe, lancerait des éclairs sur les misérables humains qui passent à sa portée.

On dira que j’exagère et que les menaces sur la démocratie ne peuvent en être arrivées à ce point critique, qu’il est possible de changer encore la donne. Peut-être mais certainement pas de l’intérieur. Restent des solutions plus concrètes : la grève générale reconductible dans tous les pays européens et la mise en place d’une capillarité des initiatives alternatives concernant tout autant les relations au travail qu’à la monnaie. Le travail et l’argent constituent les deux moyens les plus efficaces de contrôle des peuples.

Ne votons pas, réfléchissons ! Prenons le temps de nous parler de tout, sans interférences électorales.

Les lendemains d’élection chantent parfois mais cela dure si peu. Donnons-nous du temps pour chercher la porte de sortie du capitalisme. Sinon nous ressemblerons à des alouettes affolées prises dans les miroirs qui les condamnent.

source: Damnés de la terre

jeudi 26 février 2009

CONTRE LA PRISON DES PEUPLES : ABSTENTION POPULAIRE !

Le 7 juin prochain les électeurs français sont appelés à voter pour envoyer des députés au parlement européen. Dans un bel ensemble les partis politiques du système, majorité comme opposition, s’apprêtent à organiser entre eux le partage de ce gâteau. Les forces sociales et politiques engagées dans une démarche de résistance républicaine, patriotique et de progrès doivent prendre position face à cette échéance.

Le parlement européen est-il un organe démocratique ?

Dans sa nature comme dans son action, le parlement européen est un des instruments de la domination atlantiste et capitaliste sur le continent. D’une part, ne représentant aucun corps politique, car les peuples résident dans les nations et non dans une chimère bureaucratique, il n’a aucune légitimité démocratique, ne sert qu’à isoler encore un peu plus les citoyens des instances dirigeantes et à supprimer pour les peuples le droit à disposer d’eux-mêmes. D’autre part, jamais en retard d’une résolution attaquant les droits sociaux ou l’indépendance des nations européennes, cette assemblée croupion est, malgré son fonctionnement ubuesque, un efficace rouage d’un système à vocation totalitaire. Les parlementaires qui s’y font élire choisissent donc la voie de la collaboration, à moins de s’y présenter - paradoxe aussi rare que suprême - en tant qu’ennemis affichés de ce système et de réclamer explicitement sa destruction.

La construction européenne est-elle amendable ?

Il est singulier de constater que, de toutes les listes en cours de formation, qu’elles soient eurobéates ou eurocritiques, aucune n’ose soutenir pleinement le bilan et la continuité de l’Europe telle qu’elle est, mais toutes proposent des changements de fond de plus ou moins grande ampleur, changements dont un demi-siècle d’intégration à sens unique démontre la stricte impossibilité.

En effet, depuis les "pères fondateurs" jusqu’à ses derniers développements contemporains, la construction européenne confirme sa nature néolibérale de vecteur des intérêts impérialistes états-uniens et de rempart contre la volonté souveraine des peuples. Ainsi, proposer une "autre Europe" est une tromperie ; on ne peut décemment débattre de contenus sociaux, démocratiques ou pacifiques dans le cadre d’une organisation dont les fondements et les actions sont l’expression constante du contraire, comme en témoignent la casse industrielle et sociale, les délocalisations, la concurrence inhumaine ou la soumission à l’OTAN.

Évidemment, devant la colère montante des citoyens des 27 pays de l’UE prison des peuples, les partis politiques représentés en sont réduits à jouer les illusionnistes et à proposer des modifications de l’intérieur. De l’extrême gauche à l’extrême droite, la fonction des tenants d’une "autre Europe" est la même : il s’agit d’agréger les justes colères visant l’Europe pour les neutraliser sur une voie de garage. L’Union européenne n’étant pas réformable, le débat ne devrait plus porter sur les changements à y apporter mais sur les modalités à mettre en œuvre pour en sortir dans les meilleures conditions. Pour cela, la prochaine élection du parlement européen n’est d’aucune pertinence.

Le choix de l’abstention

L’éventuelle présence de listes dénonçant tous les traités européens, appelant à la sortie de l’UE et au refus de la supranationalité mériterait toutefois que les électeurs les soutiennent. Or, l’organisation du système politique français, notamment le mode de financement des partis et l’omerta planifiée sur les moyens de communication de masse, rend pour le moment impossible la constitution de telles listes, et cela alors que l’aspiration à la rupture avec l’UE est potentiellement majoritaire dans le pays.

En l’absence contrainte de listes avançant sous la bannière de la sortie de l’UE, le Comité Valmy propose donc de lancer une campagne civique pour une abstention populaire massive le 7 juin. Dans l’action pour tracer, avec d’autres forces, une perspective de rassemblement populaire et d’espérance nouvelle, nous appelons tous les citoyens et les organisations qui se réclament de la résistance : les communistes patriotes et internationalistes, les gaullistes authentiques, tous les républicains qui se reconnaissent dans la défense de l’indépendance nationale, de la souveraineté populaire, de la laïcité, du progrès social et de la paix, à se mobiliser pour le boycott de ces élections européennes inutiles, trompeuses et perverses.

L’abstention ne s’oppose pas au civisme : les dirigeants euro-atlantistes et leurs complices nationaux ont suffisamment montré leur mépris de la souveraineté populaire en refusant à répétition le résultat des référendums pour qu’on puisse, en toute conscience, surmonter le chantage à la beauté et au respect du suffrage universel.

En foi de quoi, comme, à la différence du vote blanc ou nul, la non-participation pure et simple est le seul acte comptabilisé dans les statistiques, nous n’irons pas voter ! En hausse constante à chaque élection du parlement européen depuis 1979, l’abstention montrera le rejet des Français à l’égard de cette dictature masquée.

Comité Valmy, 23 février 2009 info@comite-valmy.org www.comite-valmy.org

source: Comité Valmy


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