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Libellés : retraites, services publics, social, syndicats, traité européen
Le 2 octobre prochain, les Irlandais devront voter à nouveau sur le Traité de Lisbonne
article publié le 11/09/2009
auteur-e(s) : Attac France
Le Traité de Lisbonne est une version jumelle du Traité constitutionnel refusé en 2005 par les Français et les Hollandais. Le seul peuple autorisé depuis à s’exprimer par un vote est obligé de voter à nouveau, sur exactement le même texte, après avoir dit "non" une première fois, comme s’il n’avait pas compris.
Comme le notre, comme le vote hollandais, le premier vote des Irlandais n’a pas été respecté. Aujourd’hui tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de les faire changer d’avis, parce que le traité de Lisbonne ne sera ratifié que si les Irlandais l’acceptent.
Il est donc particulièrement important que ceux et celles qui sont attachés à la démocratie, au respect des peuples et à la construction d’une Europe sociale, solidaire et respectueuse de l’environnement expriment leur entière solidarité aux Irlandais qui continuent à se mobiliser pour faire respecter leurs droits.
Attac appelle aussi à signer le texte européen de soutien sur le site, mis en place par Attac Autriche : www.irish-friends-vote-no
Il nous reste trois semaines pour exprimer cette solidarité qui aura des conséquences pour toutes celles et ceux qui vivent en Europe. Voilà le sens de ce nouvel appel à nos amis irlandais "Votez NON pour moi !"
Attac France,
Montreuil, le 11 septembre 2009
Libellés : Europe, Irlande, traité européen
ÉLECTION EUROPÉENNE / Communiqué du MAI
L’Europe de Bruxelles fait tous les jours la démonstration de son caractère antidémocratique, entièrement au service des grandes entreprises et dirigée en fait par leurs lobbies.
Les peuples européens qui ont été consultés l’ont rejeté dans leur grande majorité.
Le parlement européen a pour fonction principale de servir de leurre pour faire croire que l’organisation européenne est démocratique. Il n’a pratiquement aucun pouvoir, et ses conditions de fonctionnement l’empêchent d’exercer les bribes qui lui en ont été concédées.
Dans ces conditions participer à ce jeu de dupes, c’est cautionner le fonctionnement d’une institution qui à été refusée par le peuple français, entretenir l’illusion que les peuples européens pourraient avoir une influence sur les orientations d’une politique européenne entièrement dictée par le capitalisme international et les États-Unis avec les résultats que nous pouvons constater.
Malgré cette analyse, dans le but de favoriser une unité des forces de gauche favorables à une alternative réelle au capitalisme, le MAI était d’accord pour soutenir une liste unitaire regroupant toutes les organisations de l’arc du NON sur des bases claires.
Cette union ne s’est pas réalisée.
Ne nous le cachons pas c’est un échec de plus et il serait grand temps de nous interroger sur les causes de cette impuissance à rassembler des forces que tout devrait rapprocher et surtout dégager des solutions pour y parvenir. Nous ne pourrons progresser et proposer une alternative crédible aux Français que « tous ensemble ». Nous ne voulons pas croire que ce sont les intérêts partisans des uns et des autres qui nous ont menés dans cette énième impasse, mais nous nous désolons de ce manque de lucidité politique à long terme dès qu’il est question d’échéances électorales.
Nous reprenons donc notre campagne d’explications sur la réalité de l’Europe qu’on nous impose et notre mot d’ordre de voter avec un bulletin du style « Leur Europe, non merci ! ». Bulletin sur lequel nous exprimerions notre exigence d’une politique sociale, écologique, d’une politique de coopération et de solidarité entre les peuples à la place de cette concurrence mortifère qui les dresse les uns contre les autres au lieu de les unir. (ce bulletin de vote sera décompté comme nul).
Libellés : boycott européennes, société, traité européen
Par Geneviève Confort-Sabathé
Ils veulent oublier la forfaiture des députés de l’Assemblée nationale (hormis les communistes) qui ont adopté le Traité de Lisbonne contre l’avis du peuple français.
Les Français sont bien conscients que la démocratie par délégation est une catastrophe et que les élus ne se sentent jamais tenus par les promesses qu’ils ont faites pendant la campagne électorale. Pourtant, ils ne parviennent pas à renoncer aux soirs d’élections, ces moments collectifs, qui fleurent bon la revanche populaire. Evidemment, la jouissance ne dure pas longtemps, juste le temps de se pousser du coude ou de le lever, devant la gueule enfarinée des quelques-uns qui se sont ramassés une veste.
Mais, cette fois, l’enjeu est de taille car le seul fait de participer aux élections européennes dans le contexte de crise actuel revient à cautionner un système politique totalement inféodé à la loi du marché commun européen. Les traités, véritables tables de la Loi, sont gravés dans le marbre capitaliste. Le dernier avatar, le trop fameux traité de Lisbonne, qui viole la volonté des peuples parachèvera la tendance ultralibérale de l’Europe.
Les élections au Parlement sont une mascarade destinée à laisser croire que les peuples ont encore leur mot à dire. Or, il suffit pour se convaincre du contraire de s’intéresser aux toutes dernières décisions « sociales » de la Cour de Justice des Communautés européennes, elles vont toutes dans le sens de la défense de l’entreprise contre le droit des salariés. Pourquoi ? Parce que les traités successifs constituent un carcan imperméable qui permet une « interprétation » libérale quelle que soit la volonté initiale des députés européens. Ainsi les droits des entreprises s’apparentent, en droit européen, à des « libertés fondamentales » quand les droits des salariés sont du ressort de la compassion des Etats membres, à eux de choisir ce qui est bon pour leurs propres ressortissants… à condition que cela ne défrise pas la Cour de Justice des Communautés européennes.
La majorité du Parlement européen serait-il composé de députés anarcho-communistes, ce qui ne risque pas de se produire avant l’an 3050, que les technocrates de la Commission n’en renonceraient pas moins à leur but suprême : édicter des lois pour accélérer le dumping social dans les Etats membres. La Commission européenne est le bras armé des capitalistes en Europe. Même si une « actio popularis », emmenée par un ramassis de salopards en salopette, la visait, elle pourrait toujours compter sur la Cour de Justice des Communautés européennes. Bien planquée dans un véritable bunker au Luxembourg, un paradis fiscal soit dit en passant, cette tanière de super-juges symbolise le totalitarisme juridique d’une construction européenne qui s’est faite sur le déni des peuples. Les arrêts de cette cour suprême sont inattaquables ou presque. Confessionnal ou conseil de discipline, la Cour de Justice se la joue autoritaire. Les représentants des Etats membres y défilent, la tête basse, et en sortent, les fesses rougies.
La Cour de Justice des Communautés européennes est sans doute l’instance la plus discrète mais aussi la plus puissante. Une puissance occulte, au service des puissances de l’argent, en quelque sorte puisqu’elle n’a cessé, en quarante ans, de promouvoir le libéralisme le plus violent à coups d’interprétation fantaisistes des traités lorsque les textes n’étaient pas suffisamment précis. Ses pouvoirs ne cessent de s’étendre de traités en traités, les Etats membres perdent de plus en plus leur prérogatives au bénéfice de cette curieuse institution qui semble intouchable et s’apparente désormais à une sorte d’Olympe d’où un Zeus, déguisé en trader de luxe, lancerait des éclairs sur les misérables humains qui passent à sa portée.
On dira que j’exagère et que les menaces sur la démocratie ne peuvent en être arrivées à ce point critique, qu’il est possible de changer encore la donne. Peut-être mais certainement pas de l’intérieur. Restent des solutions plus concrètes : la grève générale reconductible dans tous les pays européens et la mise en place d’une capillarité des initiatives alternatives concernant tout autant les relations au travail qu’à la monnaie. Le travail et l’argent constituent les deux moyens les plus efficaces de contrôle des peuples.
Ne votons pas, réfléchissons ! Prenons le temps de nous parler de tout, sans interférences électorales.
Les lendemains d’élection chantent parfois mais cela dure si peu. Donnons-nous du temps pour chercher la porte de sortie du capitalisme. Sinon nous ressemblerons à des alouettes affolées prises dans les miroirs qui les condamnent.
source: Damnés de la terre
Le 7 juin prochain les électeurs français sont appelés à voter pour envoyer des députés au parlement européen. Dans un bel ensemble les partis politiques du système, majorité comme opposition, s’apprêtent à organiser entre eux le partage de ce gâteau. Les forces sociales et politiques engagées dans une démarche de résistance républicaine, patriotique et de progrès doivent prendre position face à cette échéance.
Le parlement européen est-il un organe démocratique ?
Dans sa nature comme dans son action, le parlement européen est un des instruments de la domination atlantiste et capitaliste sur le continent. D’une part, ne représentant aucun corps politique, car les peuples résident dans les nations et non dans une chimère bureaucratique, il n’a aucune légitimité démocratique, ne sert qu’à isoler encore un peu plus les citoyens des instances dirigeantes et à supprimer pour les peuples le droit à disposer d’eux-mêmes. D’autre part, jamais en retard d’une résolution attaquant les droits sociaux ou l’indépendance des nations européennes, cette assemblée croupion est, malgré son fonctionnement ubuesque, un efficace rouage d’un système à vocation totalitaire. Les parlementaires qui s’y font élire choisissent donc la voie de la collaboration, à moins de s’y présenter - paradoxe aussi rare que suprême - en tant qu’ennemis affichés de ce système et de réclamer explicitement sa destruction.
La construction européenne est-elle amendable ?
Il est singulier de constater que, de toutes les listes en cours de formation, qu’elles soient eurobéates ou eurocritiques, aucune n’ose soutenir pleinement le bilan et la continuité de l’Europe telle qu’elle est, mais toutes proposent des changements de fond de plus ou moins grande ampleur, changements dont un demi-siècle d’intégration à sens unique démontre la stricte impossibilité.
En effet, depuis les "pères fondateurs" jusqu’à ses derniers développements contemporains, la construction européenne confirme sa nature néolibérale de vecteur des intérêts impérialistes états-uniens et de rempart contre la volonté souveraine des peuples. Ainsi, proposer une "autre Europe" est une tromperie ; on ne peut décemment débattre de contenus sociaux, démocratiques ou pacifiques dans le cadre d’une organisation dont les fondements et les actions sont l’expression constante du contraire, comme en témoignent la casse industrielle et sociale, les délocalisations, la concurrence inhumaine ou la soumission à l’OTAN.
Évidemment, devant la colère montante des citoyens des 27 pays de l’UE prison des peuples, les partis politiques représentés en sont réduits à jouer les illusionnistes et à proposer des modifications de l’intérieur. De l’extrême gauche à l’extrême droite, la fonction des tenants d’une "autre Europe" est la même : il s’agit d’agréger les justes colères visant l’Europe pour les neutraliser sur une voie de garage. L’Union européenne n’étant pas réformable, le débat ne devrait plus porter sur les changements à y apporter mais sur les modalités à mettre en œuvre pour en sortir dans les meilleures conditions. Pour cela, la prochaine élection du parlement européen n’est d’aucune pertinence.
Le choix de l’abstention
L’éventuelle présence de listes dénonçant tous les traités européens, appelant à la sortie de l’UE et au refus de la supranationalité mériterait toutefois que les électeurs les soutiennent. Or, l’organisation du système politique français, notamment le mode de financement des partis et l’omerta planifiée sur les moyens de communication de masse, rend pour le moment impossible la constitution de telles listes, et cela alors que l’aspiration à la rupture avec l’UE est potentiellement majoritaire dans le pays.
En l’absence contrainte de listes avançant sous la bannière de la sortie de l’UE, le Comité Valmy propose donc de lancer une campagne civique pour une abstention populaire massive le 7 juin. Dans l’action pour tracer, avec d’autres forces, une perspective de rassemblement populaire et d’espérance nouvelle, nous appelons tous les citoyens et les organisations qui se réclament de la résistance : les communistes patriotes et internationalistes, les gaullistes authentiques, tous les républicains qui se reconnaissent dans la défense de l’indépendance nationale, de la souveraineté populaire, de la laïcité, du progrès social et de la paix, à se mobiliser pour le boycott de ces élections européennes inutiles, trompeuses et perverses.
L’abstention ne s’oppose pas au civisme : les dirigeants euro-atlantistes et leurs complices nationaux ont suffisamment montré leur mépris de la souveraineté populaire en refusant à répétition le résultat des référendums pour qu’on puisse, en toute conscience, surmonter le chantage à la beauté et au respect du suffrage universel.
En foi de quoi, comme, à la différence du vote blanc ou nul, la non-participation pure et simple est le seul acte comptabilisé dans les statistiques, nous n’irons pas voter ! En hausse constante à chaque élection du parlement européen depuis 1979, l’abstention montrera le rejet des Français à l’égard de cette dictature masquée.
Comité Valmy, 23 février 2009 info@comite-valmy.org www.comite-valmy.org
source: Comité Valmy
Libellés : boycott européennes, Resistance, traité européen
Libellés : AGCS, traité européen, Versailles
Par raoul Marc Jennar (http://rmjennar.free.fr/?p=380)
Parce que nous sommes internationalistes, nous avons fait, avec Jaurès, le rêve d’une Europe où les peuples vivent en amitié, après des siècles de guerres civiles européennes. Mais ce rêve est devenu un cauchemar lorsque certaines chancelleries ont favorisé l’éclatement de la Yougoslavie et de la sorte un règlement violent du conflit.
Parce que nous sommes les enfants de l’Europe des Lumières, nous avons fait le rêve d’une Europe qui soit une communauté de valeurs. Ce rêve devient un cauchemar chaque fois que nous vérifions qu’il ne s’agit que d’une communauté d’intérêts ou, pour le dire avec les mots de Pierre Bourdieu, une Europe des banquiers et des hommes d’affaires.
Parce que nous sommes porteurs de l’espérance qu’ont fait naître celles et ceux de 1789, de 1793, de 1848 et de 1871, nous avons fait le rêve d’une Europe démocratique qui soit autre chose que la caricature de démocratie que nous connaissons au niveau national. Ce rêve est devenu un cauchemar avec une Union européenne qui ne respecte aucun des principes de base de la démocratie : pas de séparation des pouvoirs, pas de justice indépendante, pas de parlement pleinement législateur, pas d’exécutif responsable. Ce que certains appellent « déficit démocratique » c’est tout simplement l’absence de démocratie. Nous pouvons changer le maire de notre commune, nous pouvons changer le président de notre région, nous pouvons changer – c’est même fortement recommandé – le président de la République. Nous ne pouvons pas changer la Commission européenne. Et sauf à changer dans le même sens et en même temps 27 gouvernements, nous ne pouvons pas changer le Conseil des Ministres, l’organe suprême de la décision européenne. Avec la Commission européenne, nous atteignons le degré le plus poussé de la délégation, au point qu’il ne reste plus rien de la souveraineté que détient chaque citoyen avec le suffrage universel. L’Union européenne, c’est la négation du principe arraché en 1789 : tous les pouvoirs émanent du peuple.
Parce que, comme Jaurès et d’autres penseurs du socialisme, nous refusons de dissocier émancipation politique et émancipation sociale, nous avons en même temps que celui d’une Europe démocratique, fait le rêve d’une Europe sociale, d’une Europe de la solidarité, d’une Europe cohérente avec les valeurs dont elle se prétend porteuse. Ce rêve n’est qu’un cauchemar puisqu’il n’y a pas d’Europe sociale, puisque de Delors à Barroso, tout a été mis en œuvre pour qu’il n’y en ait pas. L’actuel président en exercice des institutions européennes l’a dit clairement à la veille de son entrée en fonction : les questions sociales ne relèvent pas de l’Union européenne. Le rêve d’une Europe de la solidarité, sans doute fondé sur une lecture distraite du traité de 1957, est devenu un cauchemar lorsque Jacques Delors, avec l’Acte unique européen de 1986, a décidé d’activer la disposition de ce traité relative à la « liberté d’établissement et de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services ». Ce qui signifie qu’ils circulent dans le cadre d’une concurrence libre et non faussée et que doit disparaître toute disposition constitutionnelle, légale ou réglementaire qui, dans un Etat membre, privilégierait d’autres priorités que celles du profit. Comme, par exemple, des priorités démocratiques, sociales ou écologiques.
Parce que nous avons fait le rêve d’une Europe européenne, fondée sur des valeurs qui nous sont propres, nous avons espéré une Europe renonçant à la société du gaspillage et privilégiant d’autres manières de consommer que celles pratiquées aux USA. Nous avons fait le rêve d’une Europe respectueuse de la santé de ses habitants et de leur cadre de vie, une Europe soucieuse d’établir des rapports nouveaux entres les humains et la nature. Ce rêve n’est qu’un cauchemar puisque l’Union européenne écoute d’abord ceux qui polluent et empoisonnent et organise l’exploitation et des hommes et de la nature.
Je pourrais allonger cette liste d’exemples où nous sommes, à propos de l’Europe, passés du rêve au cauchemar. Je pourrais expliquer ce que l’Europe n’est pas - elle n’est pas un facteur de paix ; elle n’est pas un frein à la globalisation ; elle n’est pas respectueuse de la souveraineté des autres peuples dans le monde – mais je crois que l’énoncé de ce qui précède suffit pour conclure : il n’y a pas de construction européenne ; il n’y a que de la destruction des acquis démocratiques et sociaux. En entrant dans le 21e siècle, l’Union européenne nous ramène au 19e, au capitalisme le plus sauvage où les femmes et les hommes sont mis en concurrence entre eux.
Alors, me direz-vous, pourquoi s’engager dans le débat européen ? Pourquoi ne pas sortir de l’Europe comme certains le demandent ? Parce que l’autarcie est une utopie dangereuse. Aucun peuple ne peut survivre durablement dans l’autarcie. Parce que la France n’est pas une oasis au milieu d’un désert, ni une île au milieu de l’océan. Et enfin et surtout, parce que si nous ne nous occupons pas de l’Europe, en tout état de cause, l’Union européenne s’occupe de nous. Ce qui se décide à Bruxelles anticipe ce qui se décide ensuite à Berlin, Madrid, Paris ou Rome. La destruction des services publics, le démantèlement du droit du travail, la privatisation de la santé comme celle de l’éducation, ce sont, avant d’être des projets français, des décisions européennes qui, faut-il le rappeler, étaient déjà inscrites dans les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce. Nous pouvons déserter le champ de bataille européen. Mais sachons que nous nous condamnons alors à toutes les défaites.
L’actualité nous confronte à deux temps forts : la présidence française de l’Union européenne et le renouvellement du Parlement européen.
Sur la présidence française, nous avons un travail important : opposer la pédagogie à la propagande ; expliquer que ce qui se fait, n’est pas ce qui se dit ; dénoncer les choix réels qui sont l’inverse du discours dominant. A chaque propos de Sarkozy ou de Kouchner, nous avons à rétablir la vérité des faits.
Sur l’élection européenne, je voudrais d’abord dire ceci : il ne sert à rien d’élire des députés si ceux-ci se laissent engourdir par la terrible machine à niveler qu’est le Parlement européen. Le champ institutionnel n’est pas celui que nous privilégions ; c’est celui de la droite. Si nous y allons, c’est pour pratiquer une opposition résolue à cette Europe des marchés et des marchands, à cette Europe du traité constitutionnel européen que nous avons combattu.
Nous inscrire dans la campagne électorale n’a de sens que si nous nous engageons sur 5 points :
a. nous engager à construire dès avant même la campagne un réseau européen porteur de la même analyse et des mêmes propositions ; nous ne changerons pas l’Europe tout seuls ;
b. nous engager à dénoncer inlassablement cette Europe qui n’est ni démocratique, ni sociale, ni écologique ;
c. nous engager à refuser de participer au consensus mou et à dénoncer l’unanimisme de façade de la sainte alliance des chrétiens démocrates et des sociaux démocrates, des libéraux de droite et des libéraux de gauche. L’opposition de celles et ceux que nous élirons devra être une opposition de combat ;
d. nous engager à combattre toutes les propositions de la Commission qui accentuent l’Europe néolibérale, cette Europe qui donne tous les pouvoirs aux firmes privées et ne conçoit pour les Etats qu’un rôle répressif ; refuser toute extension des pouvoirs de la Commission européenne ;
e. nous engager à promouvoir les 9 objectifs suivants :
1. exiger l’abrogation des traités existants et réclamer la rédaction par les voies les plus démocratiques d’un texte constitutif d’une Europe démocratique, sociale, écologique et solidaire des peuples du monde ;
2. exiger l’harmonisation par le haut des droits démocratiques et sociaux ;
3. interdire toute forme de dumping fiscal et social ; créer un smic européen ;
4. instaurer la citoyenneté de résidence et le droit du sol ;
5. instaurer une absolue égalité entre la femme et l’homme et généraliser le droit à l’avortement libre et gratuit dans tous les pays ;
6. instaurer le principe de laïcité, c’est-à-dire la liberté des cultes et la séparation de l’espace public et des communautés confessionnelles ;
7. interdire toute privatisation du vivant, imposer un moratoire sur les OGM, mettre fin au nucléaire militaire et reconvertir le nucléaire civil ; privilégier les énergies renouvelables et les transports en commun publics ;
8. abolir totalement la dette des pays pauvres, renoncer définitivement à toute pratique néocoloniale, s’engager à supprimer ou à réformer la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce ;
9. dissoudre l’OTAN et organiser la participation de l’Europe à un ordre mondial basé non pas sur le droit de la force, mais sur la force du droit.
En 2009, il nous faut faire campagne dans toute l’Europe pour y porter cette indispensable révolution dont dépend le bonheur des peuples. Je parle de révolution parce que, nous nous en rendons bien compte, la Commission européenne, c’est la nouvelle Bastille à renverser.
* introduction au débat consacré à l’Europe lors de l’université d’été de la LCR/NPA, à Port-Leucate, le 24 août 2008
source: le Blog de Raoul Marc Jennar
Libellés : Europe, Resistance, traité européen

Citoyens d’Europe Contre le Régime Illégitime : CECRI
Pour des Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen (MOCRIE), à date et heure fixes, partout en Europe.
Pour des protestations hebdomadaires, micro résistances durables contre tous les "traités constitutionnels".
Un seul objectif commun, original et fondamental, pour tous les citoyens européens :
Nous voulons des institutions honnêtes:
1) écrites par une Assemblée Constituante désintéressée
2) validées par référendum.
Trois personnes ont commencé à se réunir hier mercredi de 18h à 18h30, devant la mairie de Cahors. D'autres prévoient de les rejoindre à partir du mercredi 18 juin.
Soyons nombreux !!
Présentation du projet: http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/04/08/93-manifestations-obstinees
Un espace de discussion lotois a été ouvert sur les Forums de CECRI à cette adresse: 46000 Cahors.
Télecharger le tract format pdf
! Citoyens d’Europe Contre le Régime Illégitime : CECRI Organisation de la résistance au traité de Lisbonne,
Les reproches majeurs que nous faisons aux institutions européennes (voir encadré page suivante), et notamment celui de verrouiller partout l’impuissance politique des citoyens, ne sont nullement pris en compte par les élites politiques, médiatiques et économiques : la démocratie imposée par nos élus est de plus en plus clairement factice. Pourtant, les indicateurs alarmants sont nombreux qui devraient nous inciter à contrôler tous les pouvoirs à tout moment : le crash financier majeur imminent, la dérive policière des "démocraties" prétendument "libérales" où même la torture — pratiquée sur des citoyens incarcérés sans procès et sans défense — est autorisée et même encouragée au prétexte de "lutte contre le terrorisme", l’usage massif d’armes nucléaires (des milliers de tonnes de munitions à l’uranium) dans des pays écrasés par des guerres contre d’insaisissables "terroristes", guerres déclenchées sans que les peuples puissent l’interdire, la prolifération exponentielle des OGM sans moyen de résister, le sabordage des services publics au prétexte d’une dette fabriquée de toutes pièces par l’abandon de la création monétaire, dette publique qui rend les prêteurs privés maîtres des principales décisions publiques, l’abandon des peuples par leurs propres représentants — politiciens de métiers qui doivent trop leur pouvoir aux puissances financières —, jusqu’aux constitutions écrites désormais directement par les présidents et leurs ministres et imposées sans référendum ! La coupe est pleine et ça urge ! Il est temps que les citoyens reprennent le contrôle de leurs représentants. Nous, citoyens européens de toutes tendances, attachés au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, contestons solennellement le droit des responsables politiques à redéfinir eux-mêmes leurs propres pouvoirs sans consulter directement les peuples concernés. Les élus ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire ; ils n’ont pas de légitimité à modifier eux-mêmes les institutions. L’expression "traité constitutionnel" est un aveu d’abus de pouvoir : on n’écrit pas les constitutions par voie de traité. Ce n’est pas aux ministres, ni aux parlementaires ni aux juges d’écrire ou de modifier les institutions européennes : seuls les peuples eux-mêmes, — sur proposition d’une Assemblée constituante désintéressée, c’est-à-dire dont les membres n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes —, seuls les peuples eux-mêmes ont la légitimité politique de fixer et limiter les pouvoirs de leurs représentants, par référendum, à l’issue d’un vrai débat public. Au contraire, les gouvernants européens profitent de leur pouvoir pour en abuser : le processus constituant « par traités » rend les institutions européennes très profondément illégitimes. Il nous semble important et urgent de résister à cette dérive tyrannique et d’organiser cette résistance pour aussi longtemps qu’elle sera nécessaire.
Dans toutes les villes d’Europe où il existe des résistants déterminés, seraient organisées Lors de ces manifestations, on pourrait médiatiser internationalement les principales initiatives citoyennes du moment, ce qui donnerait à ces initiatives de la visibilité, et donc de la force. Par exemple : • la plainte de milliers de citoyens auprès de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) contre l’État pour violation du droit à élire notre Corps législatif, plainte d’origine citoyenne que soutient www.29mai.eu, • la pétition contre le parasitisme financier, déchaîné par des institutions européennes complaisantes qui interdisent aux États de gêner la libre circulation des capitaux, pétition d’origine citoyenne que défend www.stop-finance.org, • la pétition pour l’indispensable et très populaire Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC), pétition et projet citoyen développés par www.ric-france.fr, etc.
Un site web (un wiki ou un spip pour permettre le travail collaboratif) centraliserait une carte européenne des manifestations et récapitulerait les villes et les villages européens actuellement en résistance affichée, ainsi que les meilleures initiatives populaires (slogans, visuels, plaintes, actions, événements, manifestes, images et textes…).
Étienne. |
Libellés : Resistance, traité européen
Par Étienne_Chouard (Plan C = écrire nous-mêmes notre Constit...) 10H27 04/02/2008
Réunis en Congrès, les 907 députés et sénateurs doivent voter, ce lundi après-midi à Versailles, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Promoteur du "Plan C" (écrire nous-mêmes une Constitution d'origine Citoyenne), Etienne Chouard, qui avait été l'un des animateurs du non pendant la campagne référendaire de 2005 sur la "Constitution européenne", nous livre ici sa colère.
Ce qui se passe en France est consternant: les acteurs publics français -parlementaires, ministres, juges- violent sans vergogne le peuple qu’ils sont censés représenter, en lui imposant par voie parlementaire les institutions antidémocratiques qu’il vient de refuser expressément par référendum. On se fout de nous. Et quand la Constitution les gêne, ils la modifient. Eux-mêmes. Et sans référendum! On se fout de nous.
Les médias complices
Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant "sentinelles du peuple": les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus de pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d’Etat sous la chape de plomb d’un silence coupable. A la télévision, aucun débat, aucune mise en scène des conflits, aucune publicité donnée aux opinions dissidentes; rien que des jeux, des variétés, des réclames et la chronique judiciaire des faits divers en guise d’information.On se fout de nous.
Le référendum de 2005 avait suscité dans le pays un vif débat qui a servi de révélateur pour des milliers de citoyens comme moi qui faisaient confiance à leurs représentants pour construire le rêve européen et défendre l’intérêt général. Ce révélateur de 2005 a montré une véritable trahison de nos élites qui, sous couvert de la construction européenne, depuis cinquante ans, vident la démocratie de toute réalité et s’affranchissent eux-mêmes de tout contrôle populaire. On se fout de nous. Cette révélation de 2005 est confirmée en 2008 par le viol caractérisé que constitue l’adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie mal maquillée du Traité établissant une Constitution pour l’Europe.
Quelques horreurs supplémentaires
Ce n’est pas tout: j’ai découvert, depuis l’époque du référendum, quelques horreurs supplémentaires.
► En 2006, j’ai compris que le cœur nucléaire de nos impuissances était très probablement la création monétaire, incroyablement abandonnée aux banques privées par l’article 104 du Traité de Maastricht. Et ce hara-kiri monétaire qui est probablement une source importante de toutes nos impuissances politiques, au lieu d’être débattu tous les soirs à la télévision, n’est même pas connu des journalistes professionnels (pourtant, ce côté pro des journalistes de métier nous est souvent présenté comme un gage irremplaçable de compétence et d’honnêteté, une qualification nécessaire pour éviter les errances de l’amateurisme dangereux qui règne partout sur Internet). On se fout de nous.
► En 2007, une autre découverte confirme la direction que prenait mon analyse: l’éclairage précieux des années 30, fourni par les travaux d’Annie Lacroix-Riz, permet de prouver les intrigues gravissimes des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines et contre la démocratie.
En un mot, nous n’en sortirons jamais si nous attendons que nos élus nous proposent eux-mêmes une solution: d’abord, ils sont trop dépendants de ceux qui rendent possible leur élection (via les médias subordonnés) et qui, de plus, sont juges et parties dans le processus constituant et ont un intérêt personnel à notre impuissance politique: nous devons donc prioritairement nous réapproprier le processus constituant pour remettre les élus sous contrôle et reprendre la maîtrise publique de la monnaie.
Le révélateur du débat de 2004-2005
Quand Fabius a dit qu’il allait voter non, à l’automne 2004, ça m’a interpellé, réveillé, et j’ai lu son livre, puis celui de Strauss-Kahn, qui était intéressant aussi mais qui parlait d’autre chose: DSK soulignait les avancées -incontestables- du TCE par rapport à la prison de Nice, mais sans répondre aux graves accusations de Fabius: illisibilité d’un texte interminable truffé de renvois et de chausse-trappes; politique économique figée au plus haut niveau du droit; politique monétaire anti-inflation condamnant l’Europe à un chômage de masse; coopération renforcées quasiment interdites et révisions constitutionnelles quasiment impossibles, illégitimité de la Convention Giscard, etc.
Le dialogue de sourd (sans "s") commençait: les "ouiistes" ne voulaient déjà pas entendre que les avancées (réelles) sur lesquelles ils louchaient ne compensaient en rien les aspects objectivement épouvantables de ce texte supérieur. Ils n’ont d’ailleurs jamais répondu à ces reproches depuis: ils ont l’art de parler d’autre chose pour ne pas répondre point par point.
J’ai lu le TCE, attentivement, et cette lecture attentive m’a inquiété au plus haut point. J’ai réalisé que Fabius n’avait pas vu d’autres vices, plus graves encore: confusion des pouvoirs dans les mains des exécutifs sur des domaines importants et listés nulle part ("actes non législatifs" et "procédures législatives spéciales" que j’appelle, moi, "lois sans Parlement", c’est plus clair); étroite dépendance des juges pour leur carrière envers les exécutifs alors que leur pouvoir est immense; totale impuissance des citoyens entre deux élections; totale irresponsabilité politique de quasiment tous les acteurs; révision constitutionnelle impossible avec les peuples mais faciles sans référendum ("procédure chèque en blanc", donc); etc.
Au passage, je souligne que, depuis, j’ai eu encore quelques surprises supplémentaires dans les institutions européennes: d’abord, l’immunité judiciaire à vie de tous les fonctionnaires européens, je dis bien "à vie" (je me demande bien ce que ces gens font de si grave pour avoir besoin d’une telle protection, unique au monde à ma connaissance).
Une incroyable découverte, en 2006
L’abandon aux banques privées de la création monétaire est sans doute la source principale de nos impuissances politiques, mais, surtout, j’ai découvert un fait majeur dont aucun journaliste ne parle jamais: l’abandon définitif, scellé au plus haut niveau du droit -sans débat public-, l’abandon par les Etats de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées.
L’article 104 du Traité deMaastricht, qui devrait être notre ennemi prioritaire à tous, le symbole cardinal de la trahison de nos propres représentants, la source principale de notre impuissance politique maladive étant notre soumission financière, mais soumission voulue! Telle un véritable sabordage monétaire.
Je ne sais pas comment les banques privées ont fait pour obtenir ce privilège extravagant de la part de (tous) nos gouvernants, mais je trouve cela profondément révoltant. Il faut lire Maurice Allais, -prix Nobel d’économie, un puits de science, un spécialiste de la monnaie et un courage impressionnant pour lutter de front à la fois contre les multinationales et contre les banques-, il faut lire Allais pour comprendre que les banques se comportent (parce qu’on les y autorise) comme des faux-monnayeurs et que cela nous ruine!
Cette affaire nous coûte en France environ 80 milliards d’euros par an, une paille… et depuis 1973, date où cette interdiction a commencé en France, par la volonté du banquier Pompidou assisté par Giscard, la dette publique n’a fait que croître au point d’asphyxier l’Etat et de menacer les services publics; et le chômage suit la même pente que la dette! Je suis sûr que ce chômage est lié à cette dette; il me semble qu’on pourrait au moins en débattre.
Etienne Chouard
Et c’est précisément cette ruine, et l’impuissance qui en découle, qui sont verrouillées au plus haut niveau par l’article 104 de Maastricht, sans débat. C’est difficile à repérer parce que l’article 104 ne dit pas "les États ne peuvent plus créer leur monnaie mais doivent désormais toujours l’emprunter auprès d’acteurs privés qui facturent aux Etats des intérêts ruineux sans aucun risque et sans autre travail que celui de surveiller les remboursements…"
Cette formulation honnête serait trop claire et déclencherait assurément une révolution. Non, ce que dit l’article 104, c’est "les Etats et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale", ce qui est proprement incompréhensible pour le commun des mortels: pour comprendre ce que l’article 104 veut dire, il faut savoir que c’est comme ça que les États créent (créaient) de la monnaie, en empruntant auprès de leur Banque centrale (éventuellement sans jamais rembourser, c’est une modalité possible, mais surtout sans jamais payer aucun intérêt).
Et c’est ça qui est désormais interdit, sans débat, sans avouer l’enjeu, en refusant même d’en parler sérieusement, alors que ça nous coûte les yeux de la tête, de plus en plus chaque année par le jeu diabolique des intérêts composés… On en est rendu aujourd’hui à une dette qu’on n’arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre: les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an, 40000 millions chaque année!
Revenus sans cause versés sans contrepartie à des rentiers, sans nécessité. C’est une honte. Cette ruine programmée des Etats (et l’Etat, c’est nous tous, bien sûr) n’est pas une fatalité: c’est une volonté politique et cette volonté politique n’a rien à voir avec l’intérêt général. A l’évidence, elle pourrait changer. Attention à ne pas se tromper de débat: je ne dis pas qu’il faut créer plus de monnaie, il faut en créer autant, mais il faut que ce soit la banque centrale indépendante qui la crée, et pas les banques privées, ce qui va réorienter le revenu de l’intérêt vers les caisses publiques au lieu des caisses privées.
Je ne dis pas non plus qu’il faut que les gouvernements ou les parlements puissent créer la monnaie: c’est un organe indépendant n’ayant rien à espérer d’une élection qui doit avoir ce pouvoir, pour qu’il ne soit pas tenté d’abuser de la création monétaire par clientélisme démagogique. Il n’y a donc aucun risque d’inflation supplémentaire dans cette réappropriation publique de la monnaie; il est simplement question de retirer aux banques privées une source considérable d’enrichissement sans cause, pour rendre cette ressource à la collectivité. C’est urgent.
En n’organisant aucun débat sur ce thème essentiel, on se fout de nous. Pour en finir avec ce résumé sur le hara-kiri monétaire de l’article 104, il n’est pas inutile de préciser que, quand on commence à lire la littérature sur le sujet, on découvre que les humains ont compris depuis longtemps qu’ils ont un problème avec la monnaie (et surtout avec ceux qui l’accumulent et qui font métier d’en gérer la rareté artificielle) et que nos aïeux ont mené des centaines d’expériences de monnaie "parallèles" ou "libres" (souvent "fondantes" pour dissuader l’accumulation confiscatoire), à travers le monde et les époques.
Alors, écoutez bien: on dirait (je le dis sans avoir encore de réelle certitude sur ce point, je lis beaucoup, je progresse, mais si nous avions des débats contradictoires et publics sur tous ces points, nous progresserions tous très vite!) que toutes ces expériences, toutes, à chaque fois que les hommes reprennent le contrôle de la création monétaire et rendent la monnaie suffisante dans une région, à chaque fois, le chômage et la misère disparaissent dans les mois qui suivent, l’activité générale reprend à vive allure. Ce n’est pas tout à fait inintéressant, n’est-ce pas? Et inversement, chaque fois que la Banque centrale vient y mettre son nez, en interdisant cette monnaie libre abondante et en réimposant sa monnaie officielle (rare et chère), le chômage revient… Ça ne mérite pas un petit débat, ça?
On pourrait au moins vérifier sérieusement et mener/publier des études approfondies, de nouvelles expériences, non? A moins qu’il n’y ait quelqu’un qui ait un intérêt personnel puissant à ce que le chômage perdure… Parce que c’est formidable, le chômage, quand même, pour les industriels et les banquiers: ça rend docile, le chômage, et à tous points de vue, c’est bon pour les profits… Y aurait-il donc quelqu’un qui fasse passer cet intérêt puissant avant l’intérêt général?
Là, je vois venir un de ces sagaces analystes qui n’ont qu’un argument, un seul, aussi léger que l’air: "Ouais, on connaît: encore un paranoïaque qui croit à la théorie du complot!" Fin de la réflexion, les neurones du sagace ont fait leur boulot, y’a plus d’argument, circulez! A l’évidence, cette "réflexion" est le degré zéro de l’argumentation. On se fout de qui?
Une autre découverte importante, en 2007
On peut répondre à cette accusation de "paranoïa" (lancée commodément contre tous ceux qui analysent et dénoncent les intrigues des très riches pour conserver leurs privilèges) en signalant le travail considérable d’une historienne courageuse; ce que prouve Annie Lacroix-Riz est important pour comprendre ce qui nous arrive: l’éclairage formidable des années 30 qui sert à prouver les intrigues déplorables des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines.
Le lien entre nos institutions -malhonnêtes dès leur constitution, de façon à bien verrouiller l’impuissance politique des salariés- et les intrigues des banques privées -qui sont capables, pour nous asservir, de voler la création monétaire à la collectivité, et même, comme en 1940, de contraindre les représentants politiques à livrer le pays à des bourreaux qu'elles ont fait naître de toutes pièces dans les années 30-, est pour moi la découverte bouleversante de l'année 2007. On commence à avoir des preuves que le cauchemar des banquiers, c'est que les salariés (80% de la population active) échappent à leur emprise et luttent victorieusement pour augmenter leurs salaires...
C'est cette obsession viscérale des salaires chez les banquiers que démontre Annie Lacroix-Riz dans ce livre important qu'est "Le choix de la défaite" (et la vidéo l'accompagnant): chacun peut y découvrir un sabordage historique de la République dont la preuve formelle apportée par l'historienne pour les années 30 met en lumière (et permet d'enfin comprendre) le même choix, le même sabordage (pour les mêmes raisons: tenir en cage les salaires), à travers la construction européenne ardemment voulue et imposée par des banquiers et des industriels, à commencer par Jean Monnet, idole des eurolâtres, mais qui sent le souffre...
Cauchemar de banquier: des salariés dotés d'institutions leur permettant de se défendre financièrement... une République, quoi... l'horreur absolue de tous les rentiers du monde... Dans la lumière crue des années 30 révélées depuis peu par Annie Lacroix-Riz, l’article 104 de Maastricht en particulier, mais également toutes les institutions de l’UE en général, se montrent sous leur vrai jour, un jour qui n’a pas grand-chose à voir avec l’intérêt général, semble-t-il: une arme décisive concédée aux plus riches pour affaiblir les Etats européens et asservir les peuples, une fausse démocratie imposée en douce pour le compte d’une oligarchie. Rien de neuf sous le soleil: on se fout de nous. Objectivement, avec les institutions de l’Union européenne voulue par les banquiers, nos suffrages ne comptent presque plus pour rien. Ils ont construit une démocratie factice, sans nous pendant cinquante ans, et même maintenant contre nous!
Confirmation en 2008 de ce que 2005 avait révélé
Le coup de force de la voie parlementaire montre au grand jour que nous sommes dans les mains d’une bande de voleurs violeurs: nous sommes en cleptocratie. Alors, que faire?
Ils disent que le traité de Lisbonne n’est pas une Constitution, que c’est un simple traité, et que les gouvernements sont donc parfaitement habilités à signer les traités. Comment répondre à ces arguments? Comment montrer que les gouvernements ne sont pas légitimes dans la construction européenne?
Voilà mon angle d’attaque à moi: ce texte est un traité, à l’évidence, ET c’est aussi une Constitution, et c’est justement notre problème, le cœur de l’escroquerie, parce qu'on n’écrit évidemment pas une Constitution par voie de traité puisque, d’une part, nos représentants ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire qu’ils ne font qu’incarner temporairement et qu’ils ne peuvent absolument pas transmettre sans nous, sous peine de haute trahison, et d’autre part, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant, ce qui les rend profondément suspects et illégitimes.
Les parlementaires les ministres et les juges sont évidemment en conflit d’intérêt quand ils se proclament "constituants". Rousseau le redoutait et le présageait, mais déjà à Athènes, on avait vu le piège et on faisait écrire la Constitution par un étranger… Coïncidence? Cette modalité antique a donné la seule vraie démocratie au monde où le peuple contrôlait vraiment quotidiennement les hommes qu’il plaçait au pouvoir.
C’est Goethe qui disait: "Tout a déjà été pensé; l’important est d’y penser à nouveau." Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait, indépendamment de l’étiquette que veulent bien lui coller ses auteurs (un fiole de poison n’est pas moins dangereuse quand on lui retire son étiquette); ce texte est une Constitution par la nature des règles qu’il porte, parce qu’il institue des organes producteurs de normes obligatoires et donc dangereuses (un Parlement, un gouvernement, des juges, une hiérarchie de normes, des procédures…).
Rappelons qu’une Constitution est un acte de défiance qui sert à protéger le peuple des abus de pouvoir (cf. Benjamin Constant, Montesquieu et tous les libéraux qui n’avaient qu’une idée en tête -et ils avaient bien raison, on le confirme aujourd’hui- pour protéger les libertés individuelles: c’était de limiter et d’affaiblir les pouvoirs, notamment en séparant les pouvoirs). Chaque citoyen devrait apprendre ça à l’école, et ne jamais l’oublier: une Constitution sert à affaiblir les pouvoirs, à les contrôler tous, notamment -mais pas seulement- en les séparant: diviser pour affaiblir.
Ce que j’affirme haut et fort, c’est qu’on n’écrit pas les Constitutions par voie de traité: les citoyens devraient refuser que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles du pouvoir. Ce n’est pas aux parlementaires ni aux ministres ni aux juges d’écrire ou de modifier la Constitution car ils ont un intérêt personnel à notre impuissance politique, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant et ils trichent, naturellement.
La Constitution de fait qui fonde l’UE est donc profondément illégitime car elle résulte d’un abus de pouvoir. Solution: avant de séparer les pouvoirs constitués (législatif, exécutif, judiciaire, et j’ajoute médias d’information qu’une bonne Constitution devrait sûrement prendre en charge aujourd’hui) et pour rendre possible cette séparation des pouvoirs constitués, il faut, tout à fait prioritairement, séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués, il faut que ce ne soit pas les mêmes hommes: il ne faut surtout pas que les constituants écrivent des règles pour eux-mêmes, la clef de nos malheurs est là. Par négligence, par indifférence, par paresse, par renoncement, nous laissons écrire la Constitution par les seuls hommes qui ne devraient surtout pas l’écrire…
Donc, pour que cesse enfin cet abus de pouvoir de nos élus qui s’arrogent le droit d’écrire et réviser eux-mêmes la Constitution, nous ne devons rien attendre des pouvoirs en place, qui ne feront rien, à l’évidence, dans un sens qui irait contre leur intérêt personnel: tous ces gens vont tout faire pour continuer à écrire et modifier les constitutions sans nous, en nous privant de l’essentiel, c’est-à-dire du référendum d’initiative populaire (l’institution la plus dangereuse pour eux). Non, c’est à nous et à nous seuls, et sans rien attendre de nos parlementaires, d’imposer un processus constituant honnête, sans eux.
Et un processus constituant honnête, c’est une Assemblée constituante, bien sûr, mais surtout pas élue comme d’habitude, parce que si ce sont les partis qui nous imposent leurs candidats -partis qui sont des machines à prendre et à garder le pouvoir, et qui sont donc des repaires d’hommes de pouvoir-, on va encore avoir des hommes de pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir et on n’en sortira pas. Non, il faut que l’Assemblée constituante soit tirée au sort: en effet, TOUT VAUT MIEUX QUE LA SITUATION ACTUELLE, qui est la pire qui puisse être puisque des hommes écrivent des règles pour eux-mêmes, en ayant un intérêt personnel contraire à l’intérêt général.
C’est ça le cœur de toutes nos difficultés, et qui devrait surgir dans le débat public si nous avions davantage de bons journalistes, inquiéteurs des pouvoirs, sentinelles du peuple. C’est donc à nous de nous passer le mot, avant d’être assez nombreux pour finalement l’imposer: ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, on n’écrit pas les constitutions par voie de traité, il nous faut une Assemblée constituante tirée au sort et nous exigeons de valider son projet (ainsi que toute révision ultérieure) par référendum.
Clairement, on a encore du chemin à faire pour sortir de ce que j’appelle "la préhistoire de la démocratie". Ce que Giscard lui-même, dans Le Monde du 26 octobre 2007, a affirmé de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d’électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue: c’est le même traité que le précédent, illisible, et s’il est compliqué, Giscard dit que c’est sciemment, pour rendre impossible le référendum, pour "faire avaler" le texte aux Français…
Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c’est dans un ordre différent. Ma conclusion est celle-ci: tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu’ils trichent. Ce que va faire le Congrès ce lundi est grave, et personne n’en sait rien. Décidément, on se fout de nous.
Libellés : recul démocratique, traité européen

6 février 2008
Traité européen : les Socialistes du Oui ont décidé de bafouer le peuple en soutenant Sarkozy.
par COTTA Jacques
Socialistes du Oui, Responsables…
Mardi 5 février 2008
Au lendemain du vote du congrès qui a décidé d’adopter la réforme constitutionnelle dans le seul but de permettre l’adoption du traité de Lisbonne sans que le peuple ne soit appelé à se prononcer, il n’est pas inintéressant d’analyser le vote exprimé par les parlementaires. Ceux qui en effet se sont abstenus ou ont voté oui à la proposition du président de la République de réformer la constitution ont (...) Lire la suite »
Libellés : traité européen
03-02-2008
Après le 4 février, pourquoi continuer à déposer plainte ?
Lundi 4 février, les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, devraient ratifier la modification de la Constitution, ouvrant la voie à l'adoption du traité de Lisbonne. Cette adoption devrait intervenir le 6 à l'Assemblée Nationale, et le 7 au Sénat... A moins, bien sûr, que la Cour européenne des Droits de l'Homme accepte de se prononcer favorablement sur les mesures provisoires suspensives, comme nous le lui demandons.
A ce propos, un mémoire complémentaire va lui être transmis d'ici le 7 février, afin de lui apporter de nouveaux arguments juridiques . Tous les requérants (ceux qui ont envoyé la requête), auront évidemment accès à ce mémoire.
Dans l'hypothèse où ce traité était quand même ratifié et que la Cour ne nous accorde pas les mesures provisoires, quel est l'intérêt de continuer à déposer plainte, et de poursuivre la communication sur cette action autour de vous ?
Tout d'abord politiquement, l'existence même de plaignants toujours plus nombreux, dispensera les défenseurs de ce traité (UMP, PS et Modem) de faire comme s'il n'y avait pas d'opposants.
Nous refusons ainsi que la messe soit dite... sans nous !
Après l'adoption du traité, cette plainte sera la seule alternative qui restera aux opposants à ce coup de force constitutionnel d'une part, et aux opposants au traité de Lisbonne d'autre part.
Toujours dans le domaine politique, les municipales approchent et nous comptons bien faire payer cher, sur le terrain politique, tous les parlementaires qui ont trahi leur mandat. Ces parlementaires devraient être définitivement écartés, car ils s'apprêtent à commettre le plus grave crime qui soit dans une démocratie : aller, en toute conscience, contre la volonté du législateur suprême, le Peuple.
Ensuite, cette fois sur le terrain juridique, plusieurs évènements vont se produire :
Dans les prochains mois, la Cour aura à se prononcer sur le reçevabilité de notre plainte.
Nous vous l'avons dit à plusieurs reprises, ce procès est déjà hors norme, car il n'est jamais arrivé en 50 ans qu'un aussi grand nombre de plaintes soient déposées contre un Etat. Pourtant, nous ne sommes pas encore suffisament nombreux pour pouvoir faire pression sur la Cour. Si nous arrivions, par exemple à 10 000 plaignants, la Cour ne pourrait pas se permettre de répondre à coté de notre demande (ce qu'elle se permet, à l'occasion, comme tout tribunal qui veut éviter de répondre à une question embarrassante).
Un peu partout en France, les gens sont enthousiastes et très favorables à l'idée de défendre leur système politique (la démocratie), et par cette plainte, c'est d'abord ceci que nous défendons, avant même de parler d'Union Européenne ou de traité. Certains plaignants qui ont voté Oui en 2005 ont d'ailleurs bien compris cet aspect essentiel de la plainte.
L'enjeu est donc vital : plus nous serons nombreux, plus nous aurons de chances de gagner.
Certains ont pu nous reprocher de mettre en avant le nombre, et pensent que nous admettons en cela la faiblesse juridique de notre argumentation. Rien n'est plus faux... connaître exactement le terrain sur lequel nous nous battons, anticiper les "coups bas" et être réaliste en toute chose, n'est pas une faiblesse, au contraire.
N'oubliez pas que nous sommes dans un procés hors norme, duquel on ne peut pas écarter le rapport de force et le poids décisif du nombre de plaignants. Ceux qui ont pris le temps de lire notre requête savent que notre argumentation juridique est trés solide, très étayée, mais nous serions bien naïfs de penser qu'il suffit de dénoncer un tort pour qu'il soit réparé.
Une personne, dix personnes, mille personnes dénoncent un déni de démocratie, on peut toujours les ignorer... mais si demain 10 000 personnes, voire plus, font de même... quel journal, quelle télévision, quel homme politique pourra décemment les ignorer ?
Nous souhaitons mettre toutes les chances de notre côté en faisant augmenter toujours plus le nombre de plaignants.
Cette action est la vôtre... elle a besoin de vous tous, de votre implication.
Pour finir, rappelez-vous que la plainte comporte une demande de constat de violation du droit à des élections libres (le fameux article 3 Protocole 1) . La décision sur cette demande peut intervenir dans plusieurs années, et si nous obtenons gain de cause, cela modifiera à jamais la façon dont seront élaborés les prochains traités de l'UE : pour chaque révision, les pays de l'UE devront a minima faire élire au suffrage universel des assemblées chargées d'élaborer et de voter les prochaines modifications des traités de l'UE, quand ils ne procèderont pas par référendum. C'est une manière de contraindre les Etats à tenir compte de l'avis des Peuples, puisqu'ils ont manifestement décidé de s'en passer.
Une victoire juridique nous donnerait des garanties politiques essentielles.
Ne laissons pas passer cette chance !
source: news-letter, www.29mai.org
Libellés : traité européen
Par la voix du président de son groupe à l'Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault, le Parti Socialiste vient de faire savoir qu'il ne se rendra pas à Versailles le 4 février 2008 et qu'ainsi il ne participera pas au vote de la révision constitutionnelle.
Un tel refus de vote des parlementaires socialistes équivaut en fait à voter OUI et donc à faire passer le texte qui ne peut être rejeté que par 2/5 au minimum du total des parlementaires.
Remarquons la duplicité des dirigeants socialistes qui justifient ce choix paradoxal par le fait qu'ils étaient pour une procédure référendaire et que c'est pour cela qu'ils ne participent pas à la procédure parlementaire.
C'est ce qu'on appelle la politique de gribouille, d'autant que le PS avait là , la possiblité de porter un coup, peut-être fatal, à la politique de Sarkozy et de jouer , enfin, un rôle d'opposant.
Le PS a choisi Sarkozy et l'Europe contre la gauche et la France.
C'est une véritable trahison.
Le peuple s'en souviendra lors des prochaines élections.
Libellés : traité européen
source: LEMONDE.FR | 10.12.07 | 12h05 • Mis à jour le 13.12.07 | 15h55
Bamjj : Des citoyens se mobilisent en ce moment sur Internet pour porter plainte contre l'Etat français pour déni de démocratie. Pensez-vous que cette initiative puisse aboutir ?
Etienne Chouard : Oui. Non seulement je le crois, mais je trouve que cette initiative est la plus convaincante, la plus porteuse d'espoir depuis trois ans que dure la bagarre contre l'abus de pouvoir des "traités constitutionnels".
Le citoyen qui a écrit cette requête a monté une argumentation juridique enthousiasmante. On est au cœur du plus grave problème qu'ont les humains avec le gouvernement représentatif : nos propres représentants ont quasiment vidé de sa substance le suffrage universel, et c'est une bonne idée de protester en s'appuyant sur les droits de l'homme.
Quel est l'argument ? La Convention européenne des droits de l'homme, dans l'article 3 de son protocole 1, garantit aux citoyens des élections libres, dans des conditions qui assurent la libre expression de l'opinion du peuple dans le choix du corps législatif. Cette expression "corps législatif" est l'objet du débat.
Je pensais dans un premier temps qu'on pourrait nous renvoyer dans les cordes en disant : "Mais enfin, vous avez vos élections à l'Assemblée nationale, vous choisissez donc librement votre corps législatif, rentrez chez vous." En fait, Guillaume (l'auteur de la requête) démontre brillamment que le corps législatif n'est plus l'Assemblée nationale, mais bien principalement des organes non élus, comme la Conférence intergouvernementale pour ce qui concerne le droit primaire de l'Union, et la Commission et le Conseil des ministres pour le droit ordinaire de l'Union. Et comme ce droit de l'Union représente aujourd'hui 80 % des nouvelles règles qui nous sont imposées tous les jours, on a là une démonstration juridique que notre corps législatif, pour l'essentiel, n'est pas élu.
La Cour européenne des droits de l'homme permet à un homme seul d'attaquer un Etat. C'est à la fois très beau et normal, et nous avons là une occasion inespérée de joindre nos voix individuelles à celle de Guillaume, qui a fait un travail extraordinaire.
Phil : Où peut-on trouver cette plainte ?
Caussenard46 : Un lien sur cette plainte ?
Etienne Chouard : Il suffit de taper 29mai.eu, et tout est très bien expliqué, le mode opératoire et la plainte elle-même, qu'il faut imprimer, compléter avec son nom et son adresse, signer et envoyer en courrier ordinaire à la Cour à Strasbourg. Le texte est assez long, il fait vingt pages, mais j'insiste, c'est un texte qui peut changer nos vies. On a là la première vraie arme pour résister au coup d'Etat qui se déroule. Je rappelle que la définition d'un coup d'Etat, c'est de ne pas se plier au suffrage universel.
Il y a un forum sur 29mai.eu auquel on peut participer. C'est un endroit vivant.
lire l'article sur lemonde.frle TCE, le TME, le réferendum et NOUS !!... ... ... ... ... ... et vous ?
Tant que le traité n'est pas ratifié (vers janvier ou février) on peut continuer de porter plainte.!
Nous approchons... Nous sommes 2700 plaignants inscrits, à cette minute. Et sur le site n’apparaissent pas bien sûr tous les citoyens sans-internet, tous les multiples n’ayant qu’une seule adresse mail commune, tous ceux qui hésitent encore et ceux qui ne sont toujours pas au courant...
Nous sommes prêts à passer à l’action, et pas seulement à pétitionner, non non, à agir, contre cette insupportable arrogance des pouvoirs liés, l’exécutif et le législatif, méprisant ouvertement l’expression citoyenne du NON du réferendum du 29 mai 2005.
Nous refusons que le congrès autorise la modification de notre Constitution (préliminaire nécessaire, déjà un viol en soi !), comme l’a demandé le Président Sarkozy.
N’éventrez pas la Constitution, n’y touchez pas !!
Nous refusons que dans la foulée le TME (pur ex TCE de 2005) soit rentré de force dans la gorge des citoyens, qui l’ont déjà REFUSÉ DÉMOCRATIQUEMENT !
Nous refusons que de ce véritable Cheval de Troie, rédigé comme son grand frêre en charabia-ampoulé-crypté, déferle sur notre société les fléaux de l’ultra-libéralisme.
N’ouvrez pas en 2008 les portes à la concurrence libre et non faussée que nous avions rejetée en 2005 !!
Rejoignez La plainte, rejoignez la démarche collective qui n’est pas une pétition - une pétition de plus - mais une réelle action juridique, frontale et déterminée, face à nos cyniques et arrogants dirigeants !! Inscrivez-vous en tant que membres plaignants sur le site 29mai.eu
Téléchargez la requête de 22 pages mise au point par le juriste du site 29mai.eu, indiquez qui vous êtes bien précisément comme demandé, signez-la, et envoyez votre courrier le plus vite possible au greffier de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (tous détails de la procédure sont en ligne sur le site 29mai.eu).
Nous, citoyens, portons plainte contre l’Etat français le jour où, au sommet de Lisbonne, les chefs de nos États signeront ce Traité Modificatif Européen, cet ex Traité Constitutionnel Européen de 2005.
Nous portons plainte, donc, le 13 décembre 2007.
Télécharger, imprimer, remplir, signer et poster : les premières séquences d’une action hors du commun. La représentation par un avocat n’est pas nécessaire encore à ce stade de la démarche. Nous portons plainte, chacun nommément, chacun personnellement, et les seuls frais jusque là sont l’impression des 22 pages et l’affranchissement de l’enveloppe en courrier simple (pas en recommandé).
Le greffe de la Cour par la suite vous adressera un courrier dans lequel un numéro de dossier vous aura été attribué, numéro qui sera repris dans toute correspondance ultérieure. Après avoir jugé la requête, notre requête, recevable, la Cour Européenne des Droits de l’Homme demandera à l’État français de lui transmettre ses observations au sujet de cette plainte et de nos arguments. Alors il sera temps de nous regrouper derrière un seul et même avocat, afin d’entrer dans le vif du procés. Divisés par le nombre de plaignants, les honoraires de cet avocat seront pour une petite part à la charge de chacun de nous. Plus nous serons nombreux, plus cette part sera petite.
Plus nous serons nombreux, plus la plainte aura de poids, plus son sens apparaîtra évident à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Ne vous effrayez pas d’avoir à envoyer ce courrier en votre nom : si la démarche inquiète, intimide et peut même paraître insolente, il n’en est rien ! Les outils juridiques existent, nous allons les utiliser ! Portons plainte maintenant, il est encore temps d’agir, ensuite il sera trop tard pour nos jérémiades. Ne nous laissons pas abattre par la morgue et le mépris de nos dirigeants. Soyons à la hauteur de nos exigences démocratiques et défendons-les, défendons-nous !! Une plainte collective : oui !
Nos lamentations stériles : non !
AGISSONS !
FAISONS RESPECTER NOTRE VOIX !!
Cette action juridique a une portée autant symbolique que pratique : nous attaquons, devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, l’État français (nominativement, personnellement, et collectivement pourtant) afin de gripper la machine silencieuse à déchiqueter notre société.
Nous l’attaquons,
nous la rallentirons,
nous ne laisserons pas commettre ces infâmies sans réagir !!
ET NOUS AVONS BESOIN DE VOUS,
POUR AJOUTER DU POIDS ET DU NOMBRE À LA PLAINTE.
source de l'article:www.unisavecbove.org