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jeudi 11 novembre 2010

Depuis nos écrans, manifestons ensemble pour empêcher la loi Besson de passer !

En ces jours où le bruit des pas de millions de manifestants n'arrive pas jusqu'aux oreilles de nos parlementaires, La Cimade vous invite à participer à une manifestation virtuelle contre le projet de loi sur l'immigration, pour faire du bruit à travers le web !

Le projet de loi Besson a été adopté à l'Assemblée le 12 octobre dernier après des débats polémiques et précipités. Ce projet de loi, déjà effacé des mémoires médiatiques, réduit considérablement les droits des étrangers en France.

Mais il est encore temps d'agir !
Ce texte, aux relents xénophobes, doit encore être discuté au Sénat où, on l'espère, les élus sauront donner plus de dignité aux débats.

Pour faire part aux sénateurs de notre préoccupation et de notre vigilance, La Cimade organise donc une manifestation virtuelle de l'Assemblée nationale jusqu'au Sénat. De novembre à janvier, cette marche virtuelle empruntera le chemin des écoliers pour rencontrer ceux et celles qui verront leur vies bousculées par ce nouveau projet de loi : travailleurs sans papiers, étrangers malades, couples franco-étrangers, étrangers enfermés en centre de rétention, etc.

À chacune des six étapes, soit tous les quinze jours environ, vous recevrez un mail vous invitant à participer à une action pour sensibiliser vos voisins, vos collègues et surtout les sénateurs et les sénatrices qui discuteront le texte...

Peu importe la date, il n'est pas trop tard ! Vous pouvez rejoindre le cortège à tout moment. Plus nous serons nombreux, plus les sénateurs seront sensibles aux atrocités de ce texte, et plus ils s 'y opposeront !

> Pour rejoindre la manifestation rendez vous sur le site de la campagne pourquellenepassepas.

> Retrouvez y aussi plus d'information sur ce projet de loi!

samedi 4 septembre 2010

Une indécence majeure

Afin de dire notre désaccord avec la politique de haine, de racisme et de stigmatisation qui a cours aujourdh'ui en France, la Maison des Passages et Patrick Chamoiseau font circuler cette affiche.
 Télécharger l'affiche

Et vous propose de la faire parvenir à la Présidence de la République au format carte postale 
en savoir +

La Maison des passages


Rassemblement à Cahors, 11h devant la mairie, ce samedi !

dimanche 28 février 2010

mardi 23 février 2010

Manifeste du collectif "La journée sans immigrés"

 


FAISONS DU 1ER MARS UNE JOURNEE HISTORIQUE

Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants.

Rappelons qu’un immigré est celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines. Nous voulons nous réapproprier et réhabiliter ce terme devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique.

Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale. Nous refusons que les bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait. Et entendons par ailleurs qu’il nous appartient de les mettre en valeur.

Les immigrés et descendants d’immigrés ont manifesté à maintes reprises pour défendre leurs droits. Et en retour, ils n’ont reçu que mépris ! Aujourd’hui, puisqu’il est convenu que « la consommation est le moteur de la croissance », nous voulons agir sur ce levier pour marquer notre indignation.

Le 1er mars 2005 est entré en vigueur le «code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile» (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques. Nous ne pouvions trouver de meilleur jour pour appeler à « une journée sans immigrés ». Nous, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays.

Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale. Nous avons tous le pouvoir d’agir sur notre avenir alors, prenons-le !

LE 1ER MARS 2010 : AGISSONS EN CESSANT DE CONSOMMER ET/OU DE TRAVAILLER.

Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique…

POUR LA PREMIERE FOIS EN FRANCE, NOUS DECIDONS DE NE PAS PARTICIPER A LA VIE DE LA CITE. PAR CETTE ABSENCE, NOUS VOULONS MARQUER LA NECESSITE DE NOTRE PRESENCE.

Plus d'info: http://www.la-journee-sans-immigres.org/

mercredi 8 juillet 2009

Appel à l'intelligence de chacun et à l'intelligence collective



Communiqués

Chers amis,


10% de la population en prison, autant dans les hôpitaux psychiatriques, ça fait beaucoup. C'est moins qu'aux Etats-Unis, mais c'est beaucoup trop d'autant que la plupart des enfermés sont des étrangers.
Ces dernières semaines particulièrement, j'ai été témoin de violences, violences policières, violences administratives et comme par hasard, à l'endroit d'immigrés.
Des injustices frappent aux vues et aux sus de tout le monde et les seuls qui s'arrêtent, ceux sont des étrangers. Les français semblent sourds, aveugles, muets à ce qui se passe sous leurs yeux. Il y a scission.
Pourtant, avril de cette année, Amnesty International (télécharger ici) et La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) (télécharger ici) rendaient chacun public un rapport qui dénonce la violence impunie que s'octroie la police Française, essentiellement à l'adresse des immigrés, et avec la complicité des magistrats. Et alors ?
Alors, voici la réponse que nous donne Sarkozy en juin : Hortefeux au ministère de l'intérieur ! Nous connaissons déjà son zèle pour les quotas d'expulsions.

Je connais des gens qui organisent des apéros, d'autres des pic-niques et chacune de leurs rencontres amène plus de monde, quand les réunions politiques se désertent de jours en jours.
Les associations de défense des droits des étrangers, la Cimade, le Gisti sont en train d'être démantelées par le gouvernement et nous laissons faire. Qui va maintenant nous renseigner sur nos droits ? Qui va prendre le relaie et défendre juridiquement les dossiers de nos frères notamment ceux des sans-papiers?

Lamine, 25 ans, décédé d'un arrêt cardiaque dans un fourgon de la police française. Le rapport : la police n'y est pour rien, c'est un arrêt cardiaque! Ils se jouent de nous. Avec la complicité des médecins.
Pour Lamine et les autres, justice et vérité doivent être rendues.
C'est grave, trop grave. Ils peuvent nous tuer sans autre forme de procès. Ils s'en tirent avec de la démagogie et des faux-semblants de justice, quand ce n'est pas la faute de la victime. Et ça passe. Nos vies ne valent donc rien que l'on se défense pas ?

Et une autre scission : celles des étrangers qui veulent faire leur vie ici, passer inaperçus, faire oublier d'où ils viennent et qui ferment eux aussi les yeux sur ce que leurs frères endurent. Où sont les immigrés double nationalité et les cartes de séjour? On ne les voit pas dans les partis politiques français, on ne les voit pas dans les luttes des sans-papiers.
Si nous laissons s'installer la division entre étrangers assimilés et étrangers clandestins, tout le monde le paiera. On le paie déjà : même les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas regardés comme français, le délit de faciès arrête de bon père de famille ...
Même les étrangers entre eux sont divisés : les africains noirs, les africains blancs, les blancs, les jaunes...chacun pour soit!
Ne tolérons pas cette division, les juifs français, allemands, ont commis cette même erreur en 1939. Ceux qui avaient des papiers n'ont pas protégé ceux qui n'en avaient pas mais ils ont tous été envoyés à l'abattoir.

Alors voilà :
Nous ne faisons plus confiance aux partis politiques, nous ne faisons plus confiances aux syndicats, les élus nous ont lâchés, il y a trop de magouilles, chacun tire la couverture à soi, ils se servent de nous mais est-ce qu'on les arrête ? Est-ce qu'on le leur dit ? Non!
On ne fait que s'arracher entre nous, se bousculer jusqu'à ne même plus nous faire confiance.
Et que n'a t'on laissé passer ces trois dernières décennies:

*Des quotas d'immigration à l'immigration choisie,

*De la criminalisation de l'entraide et de la concertation,

*Des fichiers : d'associations, d'individus,

* Des prélèvements ADN...

Nous sommes des lâches et des imbéciles, incapables de préserver nos droits et nos libertés. Incapables de protéger les nôtres. Des minables.
Va-t-on attendre d'être complètement coincés pour réagir ? Va-t-on attendre qu'il y ait plus de morts et de blessés ? Une déclaration de guerre peut-être ?
Où es passé notre dignité ?

Je crie, je hurle cette déception de la nature humaine, cette souffrance que l'on inflige à ceux qui ne peuvent pas se défendre, que je n'ai pas la force et les moyens de défendre. Et mes cris et d'autres cris comme les miens se perdent dans la nature parce que nous ne crions pas ensemble, parce que nous n'avons pas de porte-voix, pas de représentants, pas d'échos... rien, une voix toute fluette.

Alors j'interpelle les intellectuels. Où sont-ils les intellectuels qui défendent la dignité du pauvre, qui désignent l'injustice et la combatte sur le terrain, qui donnent leurs savoirs, leur idées et leurs voies, qui nous protègent et se battent avec nous ? Qui pour nous éclairer dans ce brouillard ?
Pourquoi sont-ils seuls, chacun dans leur coin ? La plupart sont déjà morts et il en reste si peu à continuer le combat et je les interpelle, Badiou, Chomsky, Morin et les autres ..., travaillez ensemble, travaillons ensemble ! Il y a urgence.
Il y a eu les Marx, Fanon, Sartre, le Parti communiste... Ils se sont levés pour la dignité du pauvre, la justice, la liberté, il y avait une voix et une voie, un langage, des représentants et ce qu'ils voulaient ce n'était pas devenir comme les riches, d'avoir, d'être, de vivre comme les riches, ça non alors ! Ils combattaient l'accumulation des biens personnels, du pouvoir personnel au détriment des plus faibles, de ceux qui se font avoir, de ceux qui en crèvent.
A cette époque là il y avait des classes, aujourd'hui nous n'avons plus aucune classe! Et celui qui ne peut pas devenir riche est condamné à l'exclusion, dissout dans une masse gigantesque, mondiale, qui crie mais ne sait pas parler, qui se débat mais ne sait pas se battre.
Nous sommes des imbéciles qui creusons nos propres cercueils !
L'Europe est en train de cracher sur la pensée universelle qu'elle a fait naître. Les lumières, les droits de l'Homme, l'égalité, la liberté, la fraternité... Elle crache sur son propre passé et ses plus belles idées. Et si nous qui y croyons encore nous ne les portons pas, la tête haute, qui va les porter ?

Comme tout le monde aujourd'hui, je suis fatiguée de me tromper. Je ne supporte plus les déceptions des élans de conviction qui se dissoudent à force de mesquineries et de bêtises.
J'attends de nous que nous soyons à la hauteur. Et je commence par inviter tout un chacun à pratiquer un enseignement que je dois à mon papa Bamba Gueye Lindor :

*Si tu vois une injustice, ne la laisses pas passer,

*Si tu vois quelqu'un mentir, tricher, ne le laisses pas faire,

*Si tu vois quelqu'un qui se bat pour ses droits, pour sa vie, encourages le de toutes tes forces

J'en appelle à ce que nous arrêtions de tricher les uns avec les autres,
J'en appelle au partage, à la franchise, à l'honnêteté dans nos forces et nos faiblesses, à l'entraide et à la solidarité pour de vrai, en actes.
Nos besoins sont énormes. Ce n'est pas le RSA qui nous sortira de là. Nous devons être ensemble, soutenir l'autre sans attendre de lui un retour immédiat, ne soyons pas comme les libéraux qui ne prêtent qu'aux riches! La richesse c'est l'individu, c'est le collectif, les savoirs, c'est la vie, comment avons nous pu oublier cela!

Aujourd'hui aussi, je veux répondre à ceux qui me demandent ce que je fais parmi les Damnés de la Terre, si je comprends ce combat, si je connais Franz Fanon... Si vous me le demandez, si vous vous le demandez, c'est parce que ma peau est blanche.
Alors je vous réponds une bonne fois pour toutes :
Mes grands-parents sont arrivés en France à la fin des années 30, ils étaient sans-papiers.
L'une de mes grand-mères a survécu à plus de deux ans d'Auschwitz et il n y a pas loin des camps de rétention aux camps de la mort.
Les Damnés de la Terre ne sont pas noirs. Ceux sont des hommes, des femmes, des enfants qui sont en train de se faire écraser.

Alors j'en appelle à l'intelligence de chacun, et à l'intelligence collective, à la force, la conviction et la générosité de chacun :
Nous devons nous organiser, créer des liens qui n'existent pas, nous renforcer parce que nous avons à nous confronter face à face, « d'Hommes à Hommes », à ceux qui nous tuent.
Nous connaissons nos faiblesses, faisons-en une force! Créons nos partis, entrons dans les partis, parlons à nos élus, exigeons d'eux, investissons l'espace, invectivons les policiers qui frappent, protégeons nous les uns les uns autres, ne nous laissons plus faire, ne nous laissons plus seuls!

Pour finir, je tiens à dire que je n'accepterai jamais que le continent le plus riche du monde en matières premières reste le continent où les personnes sont les plus pauvres du monde. Tant que nous acceptons cela, tant que nous supportons même cela, nous supporterons notre propre misère.

Luttons ici, luttons là-bas, partout où l'injustice frappe. Et luttons de toutes nos forces parce que personne ne se battra pour nous et nous avons déjà trop laissé passer.



Yaël FRYDMAN, le 3 juillet 2009
source: Les Damnés de la Terre

lundi 29 juin 2009

ILS FONT LA GUERRE AUX SANS-PAPIERS !


Le 24 juin restera comme un jour noir dans l’histoire du mouvement des sans-papiers en France mais surtout dans l’histoire du syndicalisme français.

C’est hier en effet que les travailleurs sans-papiers isolés qui occupaient depuis bientôt 14 mois une partie des locaux de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, à Paris, pour mener une action d’ensemble visant à obtenir leur régularisation à partir d’un « lieu ami », ont été expulsés.

Cinq jours après le communiqué de la CGT précisant que la Bourse du travail devait être « libérée », voilà donc la chose faite, et de la manière la plus violente.

Une centaine peut-être de membres du service d’ordre de la CGT, sur le coup de midi, profitant du fait que la majeure partie d’entre nous étaient partis à notre manifestation hebdomadaire du mercredi, ont subitement envahi la cour, cagoulés ou masqués, matraquant les hommes et gazant tous les présents, femmes et enfants. Des personnes ont dû être hospitalisés et le petit Mohamed, la mascotte de la Bourse occupée, bien connu de tout le monde, et une femme, viennent seulement de sortir, après 24 heures d’hôpital.

La densité des gaz était telle que Sissoko, notre coordinateur, accouru aux cris, est tombé évanoui dans la cour et ce sont les femmes, réfugiées entre-temps à l’intérieur, qui sont ressorties pour l’y transporter à la force des bras.

Nous nous sommes barricadés dans la grande salle, et la police est alors intervenue, appelée par des gens du voisinage inquiets à cause des grands cris et de la fumée des lacrymogènes.

Dans un premier temps, le commissaire a veillé à empêcher notre affrontement avec le service d’ordre de la CGT. Celle-ci a appelé la Ville de Paris, propriétaire de l’immeuble, qui a immédiatement (ce qui prouve qu’elle était d’accord) réquisitionné la police. Le commissaire nous a alors imposé l’évacuation des locaux, exigeant même, d’après les instructions reçues, notre départ immédiat sans récupération de nos affaires (ce qui, par le passé, s’est souvent soldé par la perte d’effets et documents personnels).

Nous nous sommes opposés et, appelés par nous, nos camarades partis en manifestation sont rentrés. Le rapport de forces a été en quelque manière rétabli, une partie ayant pu même rentrer dans la grande salle par l’accès du boulevard du Temple, contrôlé par nous. Le commissaire a alors accepté de nous faire récupérer toutes nos affaires. Cette opération était terminée un peu après 19 heures.

Depuis, nous sommes campés sur le trottoir du boulevard du Temple à plusieurs centaines (une liste de 600 sans-papiers présents a été dressée hier soir) et attendons que les maires du troisième et deuxième (qui s’y sont engagés) nous trouvent un lieu apte à nous héberger et surtout où nous puissions, sans être dispersés, poursuivre notre action pour obtenir la régularisation de nous tous. Nous sommes dans l’attente d’un rendez-vous que nous a promis le ministère de l’immigration pour discuter les critères de notre régularisation. C’est maintenant le moment le plus mal venu pour affaiblir notre mouvement et, quant à nous, de baisser les bras.

La lutte continue !

Paris, le 25 juin 2009

CSP 75

source: Le Quotidien des Sans-papiers

Calais 27 juin, une armée de robocops face aux militants



compte rendu de la manif

La grande manifestation s’est plutôt bien passée, malgrè un dispositif policier ahurissant et un parcours de manif qui nous a fait passé dans des zones désertiques du port de Calais et de la commune de Blériot. Pour tout dire, nous avions a peine fait 100 mètres en dehors du camp, que chacun-e d’entre nous était fouillé individuellement. Nous avons ainsi attendu au moins demi-heure, le temps que les policiers ouvrent tous les sacs et confisquent les sweat shirt et les batons de nos drapeaux et banderoles, avec des vagues promesses de restituer ça plus tard. C’est bien évidemment illégal (enfin, en temps normal).

Aujourd’hui nous avons vu : des centaines de CRS armès de leurs "bétaillères" à chaque carrefour, un hélicoptère bourdonnant en permanence au-dessus de notre tête, des gardes mobiles, des flics en civil dans notre cortège, la police montée, des flics en bateau, des flics postés aux fenêtres et sur le toit des immeubles HLM, et jusque dans les jardins des maisons etc. etc.

Ce fut ainsi quelque peu cahotique pour rejoindre le lieu de la manifestation : nous avons bien marché 1H30 jusqu’au phare, puisque ce sont des dizaines de CRS qui nous ont contraint, à chaque carrefour, à choisir les chemins qui évitaient le centre-ville, histoire que nous allions brayer avec les canards. Cela ne nous a cependant pas empêché de distribuer le journal du camp dès lors que notre route croisait celle de quelques maisons.

Arrivé-e-s au phare, nous formions bien entre 1500 et 2000 manifestant-es. Nous attendait notamment, un gros cortège CNT et une bonne mobilisation du NPA. Les quelques riverains qui nous regardaient défiler depuis leurs fenêtres s’affichaient sympathisant, certain-es d’entre eux nous filant de l’eau.

Mais l’impression dominante reste un constat d’impuissance face à un dispositif policier et médiatique qui, depuis le début du camp, invisibilise le contenu politique de nos actions pour ne focaliser les regards de l’opinion que sur un aspect sécuritaire monté de toutes pièces. Encore ce matin Nord Littoral titrait : "No Border, ça marche ou ça casse", avec en sous-titre "l’heure de vérité". Jamais telle opprobre n’aura à ce point été jetée apriori. Depuis mardi, les journalistes préparent médiatiquement les éventuelles interventions de flics. C’est bien simple : dès qu’il s’agit de mettre l’accent sur un supposé penchant prononcé pour la guerre de rue, nous sommes clairement des anarchistes, mais dès qu’il s’agit de décrire la réalité bon enfant du camp et sa dimension ouverte sur l’extérieure, nous redevenons d’innofensifs "altermondialistes".

En attendant, il y avait aujourd’hui autant de flics que de manifestant-es et une ville transformée en caserne... Pas d’arrestations et une prise de parole d’un Afghan à la fin de la manif. Avec la tension qui régnait hier soir sur le camp, c’est toujours ça de pris...

source: Indymedia Lille

vendredi 29 mai 2009

Centres de rétention : Français – étrangers : enfin égaux devant la réduction des droits

La réforme de la rétention, engagée par le ministère de l’Immigration et qui sera effective le 2 juin prochain, va non seulement réduire les moyens de défense des étrangers retenus mais aussi priver chaque citoyen de son droit de regard dans ces lieux d’humiliation.

Au mois d’août 2008, le ministère de l’Immigration a, coup sur coup, publié un décret et un appel d’offres visant à modifier en profondeur l’intervention associative dans les centres de rétention. Désormais cette mission, exercée jusque là au niveau national, est éclatée en huit « lots » et partagée par six « prestataires ».

Ce morcellement géographique, en supprimant toute possibilité de vision globale pour la société civile, porte atteinte à son droit de savoir et de réagir. De plus, la mise en concurrence d’associations dont les principes de défense des droits des étrangers et du devoir de témoignage s’opposent parfois radicalement, ainsi que la dépendance financière des associations, risquent de diminuer davantage la vigilance citoyenne.

Mais le plus préoccupant reste encore la transformation de la mission d’aide à l’exercice des droits des étrangers en simple mission d’information.

Dès lors, on peut se demander pourquoi la présence d’un véritable contre-pouvoir dans ces zones sensibles, dont le rôle et l’intérêt ont été admis par l’ensemble des gouvernements depuis vingt-cinq ans, est remise en cause si ce n’est pour atteindre plus facilement des objectifs chiffrés.

Tous les citoyens sont invités à participer aux rassemblements prévus le 2 juin :

> Voir l'appel à mobilisation, les signataires de l'appel et la liste des rassemblements dans plus de 18 villes de France : cimade.org/2juin

source: la Cimade


vendredi 1 mai 2009

La LDH appelle à participer aux manifestations intersyndicales du Premier Mai




La Ligue des droits de l’Homme appelle ses militants et sympathisants ainsi que tous les citoyens à participer nombreux aux cortège du 1er Mai dans les différentes villes de France, avec leur collectif de lutte et de mobilisation, leur syndicat ou leur association.

A l’appel de toutes les organisations syndicales, les manifestations unitaires du premier mai 2009 permettront aux salariés, et plus largement aux citoyens de montrer qu’ils restent fortement mobilisés non seulement contre les effets de la crise financière, mais aussi contre des politiques gouvernementales qui déstructurent toujours un peu plus le droit du travail, les libertés, la protection sociale et les services publics. Contre cette politique au canon dont le président de la République s’est fait le champion, ce qui est à l’ordre du jour est bien la recherche de convergences et la discussion d’alternatives sociales et solidaires.

Les manifestations de colère qui ont traversé les Antilles et la Réunion, les mobilisations multiples et durables que connaissent les champs de l’éducation et de la recherche, la multiplication des appels émanant de travailleurs intellectuels pour le respect de leur éthique professionnelle, dans une société où « vivre ensemble » se décline en termes d’intérêt général, souligne l’ampleur des attentes.

Comme le montre à l’évidence les traitements injustifiables et dégradants auxquels sont soumis dans notre pays les migrants, comme le montre les orientations d’une politique sécuritaire qui resserre toujours plus les mailles de son filet de contrôle, comme le révèle les conditions dans lesquelles vivent les personnes présentes dans les lieux de détention quel que soit leur statut, prison ou centre de rétention administrative, c’est bien une société de surveillance qui se profile à l’horizon.

Pour la LDH, il convient de se saisir de toutes les occasions qui permettent au contraire de promouvoir une société de solidarité. La ligue des droits de l’Homme appelle ses militants et sympathisants ainsi que tous les citoyens à participer nombreux aux cortèges du Premier mai dans les différentes villes de France, avec leur collectif de lutte et de mobilisation, leur syndicat ou leur association.

Paris, le 30 avril 2009
Ligue des Droits de L'homme

jeudi 26 février 2009

Rue de la banque, Paris : brutalité policière mercredi 25 février 2009


Communiqué de la Fédération du DAL (association Droit Au Logement) : Nous dénonçons ces actes de brutalité contre des mères et des pères de familles qui veulent vivre dignement, dans un logement décent.

Rue de la banque : volte face du Ministère et brutalités policières. Nombreux CRS toujours en position autour des familles. 2 personnes, dont une des principales déléguée, ont été hospitalisées et 4 mères de familles sont légèrement blessées suite à l’intervention de la police, venue en grand nombre pour dégager la chaussée occupées par les familles en lutte du camp de la rue de la Banque, une heure plus tôt.

Lors de la réunion hier soir, où devait être signé l’engagement de relogement, les représentants de l’État ont opéré un volte face qui remet en cause l’accord de principe, établi le 13 février en présence du Directeur de Cabinet. Ce retournement est de nature à décrédibiliser les autres engagements. Les familles, le DAL et le CDSL ont décidé d’occuper la chaussée devant le 24 rue de la Banque, pour la signature d’un engagement au plus vite, conforme aux modalités définies ultérieurement.

Depuis 10 semaines, 4 réunions ont été mises sur pied, soit un délai moyen de 3 semaines entre chaque réunion, pendant que ces mères de familles ont affronté le froid tout l’hiver. Une fois de plus la force et la brutalité priment. Depuis le début de cette lutte, la répression est utilisée pour réduire le mouvement et décourager ces familles.

Plus d’info sur http://www.droitaulogement.org

mercredi 18 février 2009

Lettre ouverte à Monsieur Eric Besson

Lettre ouverte à Monsieur Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire
Les "passeurs" ? Ce sont les consulats !

Les sans-papiers de la Bourse du travail occupée répondent à la proposition d’Eric Besson de régulariser ceux qui dénonceraient leurs passeurs.

Paris le 13 février 2009

Monsieur le ministre,

Nous nous adressons à vous suite à votre proposition de délation des passeurs de clandestins, en échange de la régularisation de leurs dénonciateurs. Votre offre est intéressante et nous désirons collaborer.

Nous, sans-papiers de la Bourse du travail occupée, sommes prêts à vous fournir les noms des passeurs qui nous ont permis de rentrer en France, mais aussi les lieux où ils sévissent quotidiennement, ainsi que tous les détails des transactions, ce qui vous permettra d’arrêter tous leurs complices.

Nous sommes fiers de contribuer à la chasse aux trafiquants d’êtres humains et à la régularisation de leurs victimes, nouvelle priorité de votre ministère.

Voici cette liste (non exhaustive bien sûr) : Consulat de France au Mali (Bamako), consulat de France au Maroc (Rabat), consulat de France au Sénégal (Dakar), consulat de France de Guinée (Conakry), consulat de France de Tunisie (Tunis), consulat de France d’Algérie (Alger), consulat de France de Bolivie (La Paz), consulat de France de Mauritanie (Nouakchott), consulat de France du Togo (Lomé), consulat de France de Sierra Leone (Freetown), consulat de France de Gambie (Banjul), consulat de France du Burkina Faso (Ouagadougou), consulat de France du Cameroun (Yaoundé), consulat de France de Côte-d’Ivoire (Yamoussoukro), consulat de France du Tchad (Ndjamena), consulat de France en Chine (Pékin).

Contre la délivrance de visas officiels, ceux-ci reçoivent des paiements réguliers.

Bien entendu, nous sommes persuadés que votre ministère ne saurait limiter sa traque aux passeurs qui ne sont que des petits maillons de la chaîne, c’est pourquoi nous attirons votre attention sur les gros poissons qui permettent à la filière de fonctionner. Le premier d’entre eux est l’ami déclaré du président de la République, Monsieur Martin Bouygues, qui emploie sur ses chantiers un nombre considérable de sans-papiers, ainsi que ses confrères entrepreneurs du BTP, des sociétés de sécurité, des entreprises de restauration, des agences d’intérim, des entreprises d’aide à la personne notamment.

Dans l’espoir que vous apprécierez notre effort de collaboration à votre courageuse politique de régularisation, et dans l’attente de nos cartes de résidents de dix ans, nous vous prions, monsieur le ministre, de recevoir nos salutations distinguées.

Les sans-papiers de la CSP 75 en lutte à la Bourse du travail occupée depuis le 2 mai 2008.

85, rue Charlot, Paris 3e. Contact : bourse.occupee@free.fr

source: le Quotidien des Sans-papiers

mercredi 14 janvier 2009

Campagne SOS racisme





Mercredi 21 janvier 2009
lancement de la Campagne
"30000 expulsions par an c'est la honte"

Suite à l´annonce du nombre de ressortissants étrangers expulsés pour l´année 2008,
SOS - Racisme dénonce la politique du chiffre en matière d´expulsion en initiant une campagne d´interpellation de l´opinion publique :

Parce que l´application de cette politique chiffrée est cause d´une inadmissible régression des droits et source de vies détruites, SOS - Racisme appelle le gouvernement à mettre fin à sa politique du chiffre en matière d´expulsions.

Découvrez le premier clip de notre campagne :

"Un chiffre, un homme"
http://www.dailymotion.com/video/x80llr_un-chiffre-un-homme_news
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SOS-RACISME.org

dimanche 28 décembre 2008

Les philosophes, les sans-papiers et l’aéronef


Par Sophie Foch-Rémusat, Yves Cusset et Pierre Lauret, philosophes

mardi 16 décembre, nous sommes quatre philosophes français à prendre l’avion à Roissy pour Kinshasa /[République démocratique du Congo, ndlr]/ afin d’y participer à un colloque avec des philosophes africains, intitulé «Culture du dialogue et passage des frontières». Avant que nous embarquions, un policier distribue une «notice d’information» de la Police aux frontières (PAF) mettant en garde contre les conséquences judiciaires de l’opposition à l’embarquement d’une personne expulsée de France : tous délits cumulés, huit ans d’emprisonnement et 70 000 euros d’amende ! Ainsi avertis, nous constatons qu’au fond de l’avion, un homme et une femme, d’origine africaine, sont assis, menottés, et entourés de plusieurs policiers en civil.

Pouvons-nous tranquillement nous asseoir pour aller en Afrique parler avec des Africains du dialogue, des droits de l’homme et de l’accueil des étrangers, alors que dans notre avion deux de ces «étrangers» sont menottés, escortés, expulsés ? Citoyens d’une démocratie dont la constitution est censément adossée à une charte des droits de l’homme, nous décidons d’aller demander à quel titre ces personnes sont expulsées. Les policiers et une hôtesse de l’air, très tendus, nous ordonnent de nous asseoir. Un policier finit par nous dire qu’il s’agit d’étrangers sans titre de séjour et que c’est la loi. Pendant ce temps, la cabine s’est transformée en un véritable forum où les passagers discutent, protestent, s’indignent, demandent qu’on enlève les menottes ou que la police descende de l’avion et refusent de s’asseoir.

L’agitation retombe au bout d’une vingtaine de minutes, le commandant de bord obtient que tous se rassoient afin que l’avion décolle. Nous regagnons nos places. Une passagère lasse et désolée nous explique qu’elle est d’accord avec nous, mais qu’elle va voir sa famille pour Noël, qu’elle est en transit et qu’hier l’avion n’a pas décollé à cause d’un incident similaire. L’hôtesse de l’air vient demander l’identité des trois «fauteurs de trouble». Pierre Lauret refuse.

Alors que le calme est revenu et que tout le monde attend le décollage, le commandant de bord vient lui annoncer qu’il exerce son pouvoir de le débarquer. Un instant plus tard, des policiers armés et bottés le somment de sortir, finissent par l’arracher à son siège et le sortent manu militari de l’appareil. Sur la passerelle, ils le plaquent au sol et le menottent avec brutalité, son visage éraflé est en sang. Ils débarquent ensuite violemment un jeune homme qui n’avait rigoureusement rien fait ! Pierre Lauret est libéré au bout de six heures de garde à vue, et convoqué au TGI de Bobigny pour «opposition à une mesure de reconduite frontières et entrave à la circulation d’un aéronef».

Dans l’avion, la discussion continue librement entre les passagers indignés et les deux «complices» restés à bord : un territoire est-il à considérer comme une propriété ? Les frontières en sont-elles les murs ? L’ordre public justifie-t-il tous types de mesure ? Et ce en dépit des intimidations des policiers, et du commandement de bord allant jusqu’à nous menacer de nous livrer à la police congolaise. A leur retour le 22 décembre, Sophie Foch-Rémusat et Yves Cusset sont appréhendés par la police au sortir de l’avion et passent onze heures en garde à vue pour «outrage, menace à agent de la force publique et opposition à mesure de reconduite frontières», en attendant leur convocation devant le procureur.

Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la volonté de constituer un délit d’opinion. Nous avons seulement posé des questions, de manière calme et pacifique, sans jamais émettre ni slogan ni appel. Nous avons ainsi rendu visible et publique une situation qui a fait l’objet d’un débat d’opinion. Mais le seul fait de porter à la connaissance de l’opinion, et qu’elle s’en empare, l’action du gouvernement, est traité comme un grave délit. On vous avertit d’abord de tout ce que vous risquez, et si en dépit de cela vous vous exprimez en posant une question, on vous débarque, on vous brutalise, on vous place sans ménagement en garde à vue et on vous poursuit sur la base d’une qualification ubuesque des faits. Le gouvernement proclame la «légitimité» de ses lois et l’abus qu’il y a à s’insurger contre elles, mais il veille à ce qu’elles soient appliquées en catimini, et pour cela il est prêt à recourir à des sanctions et des brutalités extravagantes. Parce que son action suscite au fond la honte de tous, expulsés, citoyens, équipage, et même certains policiers, le gouvernement redoute l’opinion. Non pas celle qu’il peut manipuler par des fictions médiatiques et des fantasmes d’invasion, mais celle qui se forme publiquement et fait entendre sa voix, dans le débat, face à la réalité des situations humaines.

Ici, le dispositif d’expulsion des étrangers rencontre un problème : il est délicat d’expulser des Africains dans des avions remplis de passagers africains. Car ces derniers savent qui sont ces hommes qui voyagent en «classe prison». Ils savent qu’ils ont quitté leur pays à cause de la misère, ou de la tyrannie, ou de la guerre. Ils savent le courage dont ils ont dû faire preuve pour arriver en France, puis pour s’y maintenir. Ils savent enfin la honte sociale qui frappe ceux qui sont contraints de rentrer, privés de tous leurs biens et n’osant plus se présenter à leurs proches. Cette opinion est partagée par de nombreux citoyens pour qui ceux qu’on appelle les «immigrés» sont des voisins, des camarades de travail, les copains de leurs enfants.

C’est cette opinion éclairée que le gouvernement veut museler, avec dans bien des cas la complicité active d’Air France. Il s’agit d’empêcher par tous les moyens qu’on puisse voir les immigrés pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes qui vivent une histoire à la fois tragique et courageuse dans ce monde que nous partageons - si mal - avec eux. Il s’agit de les expulser sans que nul ne se demande ce qu’ils ont vécu avant, et ce qui va leur arriver après. L’important est que les avions décollent à l’heure. Dans l’indifférence au sort de ces hommes entravés qui sont nos compagnons de voyage.

L’Etat français espère nous conduire à cette docilité en multipliant les inculpations et les sanctions, sans oublier de citer Guy Môquet au passage. Il peut parvenir à ses fins : après tout, on a vu pire dans l’histoire. Dès lors, c’est notre responsabilité politique et morale, à l’heure où la crise financière va lourdement aggraver la situation des pays pauvres et des migrants dans le monde, de nous opposer aux projets dégradants du gouvernement du «pays des droits de l’homme», au sein d’une Europe transformée en forteresse.

~ par Alain Bertho sur décembre 26, 2008.

dimanche 7 décembre 2008

Le Conseil des ministres de l'UE ne doit pas adopter la directive de la honte !

La directive retour - directive de la honte - votée par le parlement européen le 18 juin dernier, est soumise à l'adoption formelle du Conseil des ministres de l'Union le lundi 8 décembre 2008.



Alors que des milliers de citoyens, d'ONG, de syndicats, d'Eglises, se sont mobilisés pour demander aux responsables européens de rejeter un texte qui banalise et généralise une politique d'internement et d'expulsion des migrants en Europe, alors que de nombreux Etats d'Amérique latine et d'Afrique ont exprimé avec force leurs refus de tolérer de telles pratiques à l'égard de leurs ressortissants, la présidence française de l'Union européenne a décidé de faire adopter formellement cette directive par le Conseil de l'Union à la veille de la célébration du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'Homme.

Au-delà de la violence du contenu de cette directive qui renie les valeurs fondamentales de l'Europe et de la date choisie, la méthode utilisée pour cette adoption est méprisante. Alors que le projet relève du Conseil Justice et Affaires intérieures présidé par M. Hortefeux, la directive devrait être adoptée le 8 ou le 9 décembre au cours :
- soit du Conseil des ministres «environnement» présidé par M. Borloo. Etrange conception de l'écologie que d'y inclure l'expulsion des sans-papiers !
- soit du Conseil des ministres «transports» présidé par M. Bussereau. Démonstration de la volonté de développer les expulsions collectives par charters ?
- soit du Conseil des ministres «affaires générales» présidé par M. Kouchner. Les Etats partenaires de l'Union européenne, en Afrique comme en Amérique latine apprécieront.

Nos organisations appellent tous leurs partenaires, en Europe comme en Afrique ou en Amérique à se manifester d'urgence auprès de leur gouvernement comme auprès du président de l'Union européenne pour qu'ils ordonnent le report et l'abandon de ce projet de directive.

Les initiateurs de la campagne contre la directive de la honte :

Anafé, APDHA, Arci, ATFM, La Cimade, Gisti, IPAM, LDH-Belgique, Migreurop, Statewatch

source: La Cimade


jeudi 6 novembre 2008

Vichy, vers une grande répétition de l’Histoire ?


Communiqué de la FASTI Le 5 novembre 2008

La FASTI présente au contre sommet et à la manifestation de Vichy pour protester contre la tenue du Sommet Européen sur l’Intégration sous l’égide de Monsieur Hortefeux condamne fermement les violences et la répression policière exercées durant ce contre Sommet.

La portée symbolique du choix de la ville de Vichy ne peut laisser indifférent et doit être pris comme une provocation de gouvernement dérivant vers une généralisation de la xénophobie et du racisme d’Etat.

Les autorités ont systématiquement et honteusement soumis les participant-e-s à ce contre sommet à des contrôles, fichages nombreux et répétés ainsi qu’à des intimidations lorsqu’il n’y a pas eu confiscation du matériel de manifestation.

Le couperet de la répression et de la violence policière s’est également abattu sur la manifestation pacifique qui s’ébranlait dans les rues de Vichy. Ainsi, les autorités ont bouclé et stoppé le parcours de la manifestation qu’ils avaient pourtant autorisé quelques jours auparavant, tentant ainsi de réprimer dans la violence, l’expression démocratique et populaire contre des lois toujours plus xénophobes et racistes.

A Vichy, la libre expression a bien failli être muselée par une répression policière et politique dont les immigré-e-s et les militant-e-s sont de plus en plus souvent victimes.

La FASTI apporte son soutien à tous-tes les inculpé-e-s victimes de cette abjecte répression policière et sécuritaire, répression à laquelle ce gouvernement à de plus en plus souvent recours.

La FASTI en appelle plus que jamais à la résistance et à la solidarité face à de tels procédés et de telles politiques indignes d’une Europe qui se veut être garante des droits fondamentaux.

Contacts : Thibaut Lemière : 09 54 04 53 29

FASTI : tél : 01 58 53 58 53/ fax : 01 58 53 58 43

source: Bellaciao

samedi 25 octobre 2008

Les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché

Pétition pour le retrait de la réforme ministérielle qui modifie les conditions d’intervention de la société civile dans les centres de rétention administrative
(signer en ligne) (Version imprimable à signer sur papier et envoyer).

Vidéo à voir absolument, "C'était pire demain" :

mercredi 22 octobre 2008

Vichy, ça ne vous rappelle rien ? (Union Juive Française pour la Paix)

publié le lundi 20 octobre 2008.

Vichy, capitale du Pétainisme devient ainsi par la volonté du gouvernement la capitale de la chasse aux étrangers, et Rivesaltes, camp d’internement des républicains espagnols est l’ un des centres de rétention pour « sans papiers ». Ce ne sont pas seulement de sinistres symboles. Sciemment réutilisés par le pouvoir actuel, ils sont aujourd’hui de sinistres réalités.

lire la suite sur Protection Palestine

mercredi 27 août 2008

"Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes!"

Je m’appelle Patrick Mohr.

Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève.

Je suis acteur, metteur en scène et auteur.

A Genève je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le
théâtre de la Parfumerie et m’occupe également du festival « De bouche à
oreille.

Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au
festival d’Avignon pour y découvrir des spectacles du « in » et du « off
». Notre compagnie s’y est d’ailleurs produite à trois reprises. Cette
année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j’ai
assisté à de nombreux spectacles.

Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses
camarades d’une représentation d’une pièce très dure sur la guerre en
ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre du Palais des Papes,
en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d’acrobates.

A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre une pièce dans leur
chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambour africain) derrière
moi. Etant passionné par la culture africaine. (J’y ai monté plusieurs
spectacles et ai eu l’occasion d’y faire des tournées.) Je m’apprête à
écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de
Kamele Ngoni. (Sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs
en Afrique de l’Ouest.)

A peine commencent-ils à jouer qu’un groupe de C.R.S se dirige vers eux
pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide
à intervenir. Ayant déjà subit des violences policières dans le même
type de circonstances il y a une vingtaine d’année à Paris, je me suis
adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente
mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j’étais plus âgé, que
l’on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une
démocratie et que j’avais le droit de m’exprimer face à ce qui me
semblait une injustice. J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :

« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux
qui se trouvent sur la place? » Réponse immédiate.

« Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes!

« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »

Regard incrédule. « Tes papiers ! »

« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la
voiture. »

« Mets-lui les menottes ! »

« Mais vous n’avez pas le droit de… »

Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.

« Tu vas voir si on n’a pas le droit.»

Et brusquement la scène a dérapé.

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma
fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont
reculé choqués alors qu’ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête
contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière
comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras dans
le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avant en me retenant par la
chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet et a pénétré profondément
mes chairs. J’ai hurlé :

« Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »

« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le
ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »

Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent,
me traînent, me re-plaquent à terre.

La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me
venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s’indignent,
sifflent, mais personne n’ose interrompre cette interpellation d’une
violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu’à leur
fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 m . plus bas. Là.
Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et le plus grand
de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un
coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me
plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville il appuie de
tout son poids contre une barre de fer.

« S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »

« C’est pour ma sécurité. »

Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de
St Roch

Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est
meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé, les épaules
démises, je mange la poussière.

On m’extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’ai subi dans un état
lamentable.

Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la
femme qui posait les questions.

« Vous êtes de quelle nationalité ? » « Suisse. »

« Vous êtes un sacré fouteur de merde »

« Vous n’avez pas le droit de m’insulter »

« C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)

C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles
agressions.

Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde
à vue resterons gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des
coups subits dans ma chair.

Je remarque que l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les
griffes des CRS.

Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une
forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte les
menottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’on
appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’aurais
mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de
protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici on
ne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avant
de m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je
ne sens plus ma main droite.

Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout
est mis dans une petite boîte.

« Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque
pas.

« Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »

J’essaye de l’ôter sans y parvenir.

« Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »

« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est
tout ! »

Je force en tirant sur le lob de l’oreille, la boucle lâche.

« Baissez la culotte ! »

Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans une petite cellule de
garde à vue.

4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur.

Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la
hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles
dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque

.

L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de
la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés
de tâches de sang, d’urine et d’excréments
. Un méchant néon est allumé
en permanence. Le temps s’étire. Rien ici qui permette de distinguer le
jour de la nuit. La douleur lancinante m’empêche de dormir. J’ai
l’impression d’avoir le cœur qui pulse dans ma main. D’ailleurs alors
que j’écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours
pas à dormir normalement.

J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je
suis malheureusement bien conscient que ce qui m’est arrivé est
tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans chaque
ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements
bien
pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que si j’étais noir ou arabe
je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C’est pour cela
que j’écris et porte plainte.
Car j’estime que dans la police française
et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous
le couvert de l’uniforme laissent libre cour à leurs plus bas instincts.

(Evidement il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne
fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui
me semblent beaucoup trop fréquents.)

Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d’un service
public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un
état de droit.

J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un de profondément non
violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans
mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la
situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l’envie de
vengeance. Je suis persuadé que ce type d’action de la police nationale
visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenter l’insécurité en France
et stimuler la suspicion et la haine d’une partie de la population (Des
jeunes en particulier.) face à la Police. En polarisant ainsi la
population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette
violence avec mes armes. L’écriture et la parole. Durant les 16h qu’a
duré ma détention. (Avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder
48h
en garde à vue.) Je n’ai vu dans les cellules que des gens d’origine
africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris
hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d’aller aux
toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d’une demi heure,
personne ne venait. Il c’est mit à taper contre la porte pour se faire
entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un
gardien exaspéré surgit. »Qu’est ce qu’il y a ? » « J’ai besoin d’aller
aux chiottes. » « Y a une coupure d’eau. » Mais j’ai besoin. » « Y a pas
d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pigé. »

Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre,
disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoins dans la cellule.

« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »

Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un air moqueur. « Vas-y
avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. » Eclats
de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.

Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour
prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit
écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe de cela est la
première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion
depuis le début de ce cauchemar. « Hee bien, ils vous ont pas raté.
C’est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cas
sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. »

J’aimerais la croire.

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et
me faire connaître celle de ceux qui m’ont interpellé. J’apprends que je
suis poursuivi pour : outrage, incitation à l’émeute et violence envers
des dépositaires de l’autorité publique. C’est vraiment le comble. Je
les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces
fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontement ? Je
raconte ma version des faits à l’officier. Je sens que sans vouloir
l’admettre devant moi, il se rend compte qu’ils ont commis une gaffe. Ma
déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement
libéré. J’erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche
péniblement. Un mistral à décorner les bœufs souffle sur la ville. Je
trouve un avocat qui me dit d’aller tout de suite à l’hôpital faire un
constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je
patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle
d’attente, je lis un journal qui m’apprend que le gouvernement veut
supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois
dans l’éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch j’ai pu lire
qu’il allait être rénové pour 19 millions d’Euros. Les budgets de la
sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et
l’éducation. Pas de commentaires.

Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon
indignation
face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute
suis-je naïf de m’indigner. La plupart des Français auxquels j’ai
raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient
connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d’autant
plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le
droit de m’indigner face à l’injustice. Même si cela peut paraître de
petites injustices. C’est la somme de nos petits silences et de nos
petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en
dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n’en sommes bien
évidement heureusement pas encore là.) Depuis ma sortie, nous sommes
retournés sur la place de papes et nous avons réussi à trouver une
douzaine de témoins qui ont accepté d’écrire leur version des faits qui
corroborent tous ce que j’ai dis. Ils certifient tous que je n’ai
proféré aucunes insultes ni n’ai commis aucune violence
. Les témoignages
soulignent l’incroyable brutalité de l’intervention des CRS et la totale
disproportion de leur réaction face à mon intervention. J’ai essayé de
retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui
surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard
elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de
personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de
sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment
d’énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n’ai pu en rassembler
qu’une douzaine. J’espère toujours que peut être quelqu’un ait
photographié ou même filmé la scène et que je parvienne à récupérer ces
images
qui prouveraient de manière définitive ce qui c’est passé.

Après 5 jours soudain, un monsieur africain m’a abordé, c’était l’un des
musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me
retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal
de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d’être
intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par
mon intervention et m’a dit qu’il habitait Grenoble, qu’il avait 3
enfants et qu’il était français. Qu’il viendrait témoigner pour moi.
Qu’il s’appelait Moussa Sanou.

« Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »
« Oui. » Nous nous sommes sourit et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.

Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à
Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de
nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera « Chaque homme
est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se
nomme justement Sanou.

Coïncidence ? Je ne crois pas.

Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas
encore.

La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.

Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race
c’est moi. »

Invité à s’expliquer il ajouta

« Ma race c’est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une
humanité.

Chaque homme est une race, monsieur le policier. »

Patrick Mohr

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