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vendredi 10 décembre 2010

la loi LOPPSI 2, une arme de guerre contre les habitants précaires


Par collectif romeurope nantes

La présidence Sarkozy, c’est une fabrication malsaine et continue de lois liberticides, qui s’attaquent préférentiellement aux catégories  les plus fragiles de la société française.
 
La loi LOPPSI 2 (loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale est particulièrement adressée aux habitants précaires sans titre, qui deviennent ainsi également sans droits et expulsables à merci. L’article 32 ter A, véritable contre-réforme anti-loi (Louis) Besson (rien à voir avec l’autre), est une arme de guerre contre les habitants précaires – les Roms sont ciblés dans ce dispositif.


Une analyse détaillée de cet article par le collectif anti loi LOPPSI et le document complet à télécharger

lundi 21 juin 2010

Les banques s’engrècent ! Jeudi 24 juin, grève des chômeurs !

Source / auteur : CIP-IDF


Proposition d’action coordonnée des chômeurs et précaires le 24 juin prochain et plus si affinités.

Réunis en coordination nationale les 12 et 13 juin derniers en tant que collectifs et individus intéressés à ce que se poursuive la grève des chômeurs et précaires, nous avons évoqué l’opportunité d’agir de manière concertée le 24 juin prochain contre les institutions bancaires, qui, quelles que soient leurs errements, peuvent toujours compter sur des plans de sauvetage tandis que les classes populaires sont invariablement condamnées aux plans de rigueur.

Nous avons choisi la date du 24 juin, parce qu’il s’agit, après le 26 mai, de la prochaine "journée d’action" contre la réforme des retraites. Nous voyons là une occasion de marquer avec conséquence tant par des énoncés que par des actes notre volonté de combattre ce qui relève pour nous de la même logique que les politiques de l’emploi que nous dénonçons. Hausse de la durée de cotisation, réduction des pensions, allongement du temps de disponibilité à l’emploi d’un côté ; assujettissement renforcé des précaires aux institutions chargées de gérer leur situation de l’autre, celles-ci n’hésitant pas à conditionner les revenus élémentaires de survie à l’adoption d’un comportement productif qu’elles se chargent de définir et d’évaluer.

Mais nous avons aussi choisi cette date comme représentative de l’impasse tactique dans laquelle se débattent les centrales syndicales : "journées d’action" ponctuelles, où il n’est jamais question de grève reconductible, de blocage efficace et concerté de l’activité économique, ni d’action qui marquerait la volonté d’élever le niveau de conflictualité, sans quoi il est vain de prétendre exercer la moindre "pression" sur le gouvernement.

Notre intention, en agissant symboliquement contre les banques, n’est pas de s’attaquer à un secteur financier que nous jugerions responsable de tous les maux d’une économie qui sans lui serait vertueuse, mais de marquer notre hostilité à ces institutions inséparables de l’entreprise et du marché capitalistes. Comme ces derniers, les banques subordonnent toute activité à la nécessité de dégager de la valeur monétaire à court ou à long terme, et par là, participent du gouvernement des vies en sélectionnant des comportements adéquats à ce qu’elles installent comme "lois de l’économie", et en définissant des conduites inappropriées à ces « lois », conduites « irrationnelles » qui lui sont pourtant dans une certaine mesure indispensables. Les banques ne vivent pas que de spéculation, mais aussi des intérêts des crédits et des agios : derrière chaque banquier, il y aussi l’huissier et le flic qui t’expulsent de chez toi, le travailleur social et le juge qui se chargent de te moraliser, tes fiches de paie ponctionnées jusqu’à la fin de ta vie et la prison si tu n’est pas content... Au moins cela crée des emplois stables !

Les banques sont ainsi devenues l’un de nos principaux patrons, à travers la surveillance de notre "rythme de consommation" et les sanctions qu’elles appliquent ou déclenchent (agios, suppression de moyens de paiement, interdiction bancaire, mise sous tutelle), à travers également l’endettement qui constitue pour beaucoup parmi les classes populaires, le seul accès possible à la consommation "normale".

Les banques prospèrent grâce à l’endettement jusqu’à ce que les pauvres, massivement, ne puissent plus payer... Alors c’est la crise : mais les banques seront sauvées, et les pauvres payeront, tôt ou tard, directement ou indirectement, pour cette crise. Tout peut alors recommencer... mais que se passerait-il si nous affrontions collectivement cette situation, plutôt que de la subir individuellement ?

Nous le savons : sans crédit, sans confiance du système bancaire dans des perspectives de développement qui fassent consensus parmi la population, le capitalisme est impossible ; et partout où des chômeurs, des précaires, des salariés refusent les plans de rigueur, c’est la défiance des marchés qui s’installe. La confiance des exploités en leurs propres capacités d’intervention politique a pour corollaire le discrédit actif des institutions économiques. Aussi est-ce bien à une telle confiance que la grève des chômeurs et précaires, comme tout mouvement politique véritable, entend travailler.

Certains d’entre nous ont évoqué la possibilité de choisir, à plus long terme, d’intervenir à la Poste qui connaît actuellement un processus de privatisation, après l’infructueux "référendum" de l’an dernier. Cela nous permettrait de tracer un parallèle entre le projet de libéralisation du placement (recours aux opérateurs privés de placement, démantèlement annoncé du "service public de l’emploi") et les incidences concrètes d’une privatisation : transformation de l’usager en client, réduction des coûts, précarisation et compression du personnel, adoption des techniques de management par objectifs, intensification du travail... Dans cette perspective, on pourrait chercher à associer à l’élaboration de l’action des salariés et syndicalistes de la Poste, ce qui irait dans le sens du travail de liaison chômeurs-précaires-salariés proposé par certains collectifs le week-end dernier.

Dans tous les cas, cette action vise à marquer la nécessité, pour les chômeurs et précaires, d’affaiblir ces institutions au même titre que Pôle Emploi ou les boîtes de coaching : élever le degré d’autonomie populaire passe aussi bien par imposer l’arrêt du contrôle des chômeurs, le caractère inconditionnel des allocations chômage et du RSA, l’auto-organisation de formes d’activités coopératives et égalitaires, que par le refus collectif de payer nos "dettes", qu’il s’agisse d’argent, de disponibilité à l’emploi, ou de force de travail.

Enfin, il reviendra à chaque collectif désireux de relayer cette proposition d’inventer ses propres énoncés, mots d’ordre, revendications... comme ses modalités d’action.

Quelques chômeurs et précaires du MCPL Rennes

Rdv le 24 juin à 11 h à Rennes (place de la gare) autour de la banderole les banques s’engrècent.

via HNS

jeudi 1 avril 2010

Nous ex-RMIstes, parents isolés, handicapés, chômeurs en fin de droit... RSA en colère, Le Vigan, Gard

A nous les ex RMIstes, parents isolés, handicapés, chômeurs en fin de droit, on nous avait promis une amélioration de notre situation avec l’instauration du RSA.

Maintenant il est clair qu’il s’agit surtout de rogner le peu que nous avions. Combien d’entre-nous découvrent qu’ils n’ont plus droit à telle ou telle prestation, qu’il ne pourront plus avoir accès à la CMU ?

Vous avez déjà reçu ou vous allez bientôt recevoir un commandement à payer la taxe d’habitation dont le montant s’élève de 50 à 500 euros suivant les communes où vous résidez. Vous pouvez toujours rêver que ceci n’est dû qu’à une erreur du Trésor Public, d’autant plus que la brochure 2010 de la Caf stipule que « les bénéficiaires du RSA sont exonérés de taxe d’habitation ».

Une exonération totale de la taxe d’habitation relative à leur résidence principale est prévue pour les personnes qui perçoivent [...] le Rsa. De même, si vos revenus de 2008 n’ont pas dépassé certains plafonds [9837euros pour 1 part]. Dossier familial N°417, octobre 2009

Et bien non ! Au service des impôts, on vous répondra que c’est la Caf qui publie n’importe-quoi car la loi a encore changé, comme chaque année et comme toujours à notre détriment. Et vous vous retrouvez obligé de payer une nouvelle taxe, souvent majorée de 10% car en venant vous renseigner vous avez perdu du temps et ainsi dépassé les délais. Ne comptez pas trop sur les travailleurs sociaux pour vous venir en aide ou vous renseigner car ils sont débordés tant par le nombre de dossiers à traiter que par la complexité des nouvelles lois et circulaires pondues chaque année (les demandes de recours s’accumulent tellement qu’ils sont obligés de fermer leurs bureaux au public pour rattraper leur retard dans le traitement des dossiers).

Cette nouvelle disposition n’ayant été annoncée nulle part, le paiement de cette taxe constitue pour nous une dépense imprévue, alors que nous bricolons déjà pour essayer péniblement de boucler les fins de mois.

Si les allocataires des minima sociaux étaient jusqu’à présent dispensés de la taxe d’habitation c’était bien logiquement : puisque les pouvoirs publics ne nous attribuent que le strict nécessaire pour survivre comment pourraient-ils nous reprendre d’une main une partie de ce qu’ils nous lâchent de l’autre..

Nous sommes nombreux dans la région à nous débattre avec les administrations. Chacun isolément face à la machine de l’Etat nous sommes soumis à l’arbitraire de mesures auxquelles nous ne comprenons pas grand chose. Mais si nous sommes assez nombreux à nous organiser, il est clair que nous pourrons trouver les réponses aux attaques incessantes des institutions, et ainsi empêcher qu’on réduise sans cesse le peu de droits et de ressources dont nous disposons.

Rendez-vous samedi 3 avril à 14h au Cantou, place de la Mairie du Vigan.

Pour se compter et voir ce que l’on peut faire pour se défendre.

rsaencolere@yahoo.fr

Source / auteur : Coordination des intermittents et précaires d’Ile de France via HNS

vendredi 26 mars 2010

Ariège: La caravane des mal logés

LA CARAVANE DES MALS-LOGES, DES SANS LOGIS, DES EXCLUS PAR LEUR MODES « D’HABITER »,

Un événement qui sera à la fois festif et constructif à travers une partie de l’Ariège pour faire reconnaître un autre mode d’habitat qu’il soit démontable, mobile ou réversible.

L’Ariège au coeur de la crise du logement

Nous avons le taux de logements sociaux le plus faible de France, un fort taux de logements indignes, nous constatons la fermeture des services à l’année (écoles, administrations, commerces de proximité, etc.)

En face, nous avons un grand nombre de résidences secondaires et de logements vacants ainsi qu’une pression foncière toujours plus forte, en partie due à une politique de développement touristique.

Devant cette situation, des habitant-e-s de l’Ariège favorisent le dynamisme de nos campagnes. Ils et elles ont choisi de vivre dans des habitats sympathiques, économes et légers.

Ces habitats sont adaptés parce qu’adoptés par leurs habitants.

Porteurs de solutions ces personnes sont menacées d’expulsion comme le montre l’exemple de la yourte d’Arrout.

Des expériences et des savoir-faire, souvent professionnels, dans le respect des exigences civiques et environnementales sont à disposition du territoire.

Grâce à ces projets de vie, l’activité économique, sociale et culturelle du territoire, a une chance de rebondir et il est possible de répondre à des objectifs en matière de Droit Au Logement Opposable.

Venez nombreux les :
8, 9 et 10 avril 2010 à Saint Girons, La Bastide de Sérou et Foix.


Agenda et programme de la caravane

dimanche 28 février 2010

mercredi 8 juillet 2009

Appel à l'intelligence de chacun et à l'intelligence collective



Communiqués

Chers amis,


10% de la population en prison, autant dans les hôpitaux psychiatriques, ça fait beaucoup. C'est moins qu'aux Etats-Unis, mais c'est beaucoup trop d'autant que la plupart des enfermés sont des étrangers.
Ces dernières semaines particulièrement, j'ai été témoin de violences, violences policières, violences administratives et comme par hasard, à l'endroit d'immigrés.
Des injustices frappent aux vues et aux sus de tout le monde et les seuls qui s'arrêtent, ceux sont des étrangers. Les français semblent sourds, aveugles, muets à ce qui se passe sous leurs yeux. Il y a scission.
Pourtant, avril de cette année, Amnesty International (télécharger ici) et La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) (télécharger ici) rendaient chacun public un rapport qui dénonce la violence impunie que s'octroie la police Française, essentiellement à l'adresse des immigrés, et avec la complicité des magistrats. Et alors ?
Alors, voici la réponse que nous donne Sarkozy en juin : Hortefeux au ministère de l'intérieur ! Nous connaissons déjà son zèle pour les quotas d'expulsions.

Je connais des gens qui organisent des apéros, d'autres des pic-niques et chacune de leurs rencontres amène plus de monde, quand les réunions politiques se désertent de jours en jours.
Les associations de défense des droits des étrangers, la Cimade, le Gisti sont en train d'être démantelées par le gouvernement et nous laissons faire. Qui va maintenant nous renseigner sur nos droits ? Qui va prendre le relaie et défendre juridiquement les dossiers de nos frères notamment ceux des sans-papiers?

Lamine, 25 ans, décédé d'un arrêt cardiaque dans un fourgon de la police française. Le rapport : la police n'y est pour rien, c'est un arrêt cardiaque! Ils se jouent de nous. Avec la complicité des médecins.
Pour Lamine et les autres, justice et vérité doivent être rendues.
C'est grave, trop grave. Ils peuvent nous tuer sans autre forme de procès. Ils s'en tirent avec de la démagogie et des faux-semblants de justice, quand ce n'est pas la faute de la victime. Et ça passe. Nos vies ne valent donc rien que l'on se défense pas ?

Et une autre scission : celles des étrangers qui veulent faire leur vie ici, passer inaperçus, faire oublier d'où ils viennent et qui ferment eux aussi les yeux sur ce que leurs frères endurent. Où sont les immigrés double nationalité et les cartes de séjour? On ne les voit pas dans les partis politiques français, on ne les voit pas dans les luttes des sans-papiers.
Si nous laissons s'installer la division entre étrangers assimilés et étrangers clandestins, tout le monde le paiera. On le paie déjà : même les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas regardés comme français, le délit de faciès arrête de bon père de famille ...
Même les étrangers entre eux sont divisés : les africains noirs, les africains blancs, les blancs, les jaunes...chacun pour soit!
Ne tolérons pas cette division, les juifs français, allemands, ont commis cette même erreur en 1939. Ceux qui avaient des papiers n'ont pas protégé ceux qui n'en avaient pas mais ils ont tous été envoyés à l'abattoir.

Alors voilà :
Nous ne faisons plus confiance aux partis politiques, nous ne faisons plus confiances aux syndicats, les élus nous ont lâchés, il y a trop de magouilles, chacun tire la couverture à soi, ils se servent de nous mais est-ce qu'on les arrête ? Est-ce qu'on le leur dit ? Non!
On ne fait que s'arracher entre nous, se bousculer jusqu'à ne même plus nous faire confiance.
Et que n'a t'on laissé passer ces trois dernières décennies:

*Des quotas d'immigration à l'immigration choisie,

*De la criminalisation de l'entraide et de la concertation,

*Des fichiers : d'associations, d'individus,

* Des prélèvements ADN...

Nous sommes des lâches et des imbéciles, incapables de préserver nos droits et nos libertés. Incapables de protéger les nôtres. Des minables.
Va-t-on attendre d'être complètement coincés pour réagir ? Va-t-on attendre qu'il y ait plus de morts et de blessés ? Une déclaration de guerre peut-être ?
Où es passé notre dignité ?

Je crie, je hurle cette déception de la nature humaine, cette souffrance que l'on inflige à ceux qui ne peuvent pas se défendre, que je n'ai pas la force et les moyens de défendre. Et mes cris et d'autres cris comme les miens se perdent dans la nature parce que nous ne crions pas ensemble, parce que nous n'avons pas de porte-voix, pas de représentants, pas d'échos... rien, une voix toute fluette.

Alors j'interpelle les intellectuels. Où sont-ils les intellectuels qui défendent la dignité du pauvre, qui désignent l'injustice et la combatte sur le terrain, qui donnent leurs savoirs, leur idées et leurs voies, qui nous protègent et se battent avec nous ? Qui pour nous éclairer dans ce brouillard ?
Pourquoi sont-ils seuls, chacun dans leur coin ? La plupart sont déjà morts et il en reste si peu à continuer le combat et je les interpelle, Badiou, Chomsky, Morin et les autres ..., travaillez ensemble, travaillons ensemble ! Il y a urgence.
Il y a eu les Marx, Fanon, Sartre, le Parti communiste... Ils se sont levés pour la dignité du pauvre, la justice, la liberté, il y avait une voix et une voie, un langage, des représentants et ce qu'ils voulaient ce n'était pas devenir comme les riches, d'avoir, d'être, de vivre comme les riches, ça non alors ! Ils combattaient l'accumulation des biens personnels, du pouvoir personnel au détriment des plus faibles, de ceux qui se font avoir, de ceux qui en crèvent.
A cette époque là il y avait des classes, aujourd'hui nous n'avons plus aucune classe! Et celui qui ne peut pas devenir riche est condamné à l'exclusion, dissout dans une masse gigantesque, mondiale, qui crie mais ne sait pas parler, qui se débat mais ne sait pas se battre.
Nous sommes des imbéciles qui creusons nos propres cercueils !
L'Europe est en train de cracher sur la pensée universelle qu'elle a fait naître. Les lumières, les droits de l'Homme, l'égalité, la liberté, la fraternité... Elle crache sur son propre passé et ses plus belles idées. Et si nous qui y croyons encore nous ne les portons pas, la tête haute, qui va les porter ?

Comme tout le monde aujourd'hui, je suis fatiguée de me tromper. Je ne supporte plus les déceptions des élans de conviction qui se dissoudent à force de mesquineries et de bêtises.
J'attends de nous que nous soyons à la hauteur. Et je commence par inviter tout un chacun à pratiquer un enseignement que je dois à mon papa Bamba Gueye Lindor :

*Si tu vois une injustice, ne la laisses pas passer,

*Si tu vois quelqu'un mentir, tricher, ne le laisses pas faire,

*Si tu vois quelqu'un qui se bat pour ses droits, pour sa vie, encourages le de toutes tes forces

J'en appelle à ce que nous arrêtions de tricher les uns avec les autres,
J'en appelle au partage, à la franchise, à l'honnêteté dans nos forces et nos faiblesses, à l'entraide et à la solidarité pour de vrai, en actes.
Nos besoins sont énormes. Ce n'est pas le RSA qui nous sortira de là. Nous devons être ensemble, soutenir l'autre sans attendre de lui un retour immédiat, ne soyons pas comme les libéraux qui ne prêtent qu'aux riches! La richesse c'est l'individu, c'est le collectif, les savoirs, c'est la vie, comment avons nous pu oublier cela!

Aujourd'hui aussi, je veux répondre à ceux qui me demandent ce que je fais parmi les Damnés de la Terre, si je comprends ce combat, si je connais Franz Fanon... Si vous me le demandez, si vous vous le demandez, c'est parce que ma peau est blanche.
Alors je vous réponds une bonne fois pour toutes :
Mes grands-parents sont arrivés en France à la fin des années 30, ils étaient sans-papiers.
L'une de mes grand-mères a survécu à plus de deux ans d'Auschwitz et il n y a pas loin des camps de rétention aux camps de la mort.
Les Damnés de la Terre ne sont pas noirs. Ceux sont des hommes, des femmes, des enfants qui sont en train de se faire écraser.

Alors j'en appelle à l'intelligence de chacun, et à l'intelligence collective, à la force, la conviction et la générosité de chacun :
Nous devons nous organiser, créer des liens qui n'existent pas, nous renforcer parce que nous avons à nous confronter face à face, « d'Hommes à Hommes », à ceux qui nous tuent.
Nous connaissons nos faiblesses, faisons-en une force! Créons nos partis, entrons dans les partis, parlons à nos élus, exigeons d'eux, investissons l'espace, invectivons les policiers qui frappent, protégeons nous les uns les uns autres, ne nous laissons plus faire, ne nous laissons plus seuls!

Pour finir, je tiens à dire que je n'accepterai jamais que le continent le plus riche du monde en matières premières reste le continent où les personnes sont les plus pauvres du monde. Tant que nous acceptons cela, tant que nous supportons même cela, nous supporterons notre propre misère.

Luttons ici, luttons là-bas, partout où l'injustice frappe. Et luttons de toutes nos forces parce que personne ne se battra pour nous et nous avons déjà trop laissé passer.



Yaël FRYDMAN, le 3 juillet 2009
source: Les Damnés de la Terre

lundi 29 juin 2009

ILS FONT LA GUERRE AUX SANS-PAPIERS !


Le 24 juin restera comme un jour noir dans l’histoire du mouvement des sans-papiers en France mais surtout dans l’histoire du syndicalisme français.

C’est hier en effet que les travailleurs sans-papiers isolés qui occupaient depuis bientôt 14 mois une partie des locaux de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, à Paris, pour mener une action d’ensemble visant à obtenir leur régularisation à partir d’un « lieu ami », ont été expulsés.

Cinq jours après le communiqué de la CGT précisant que la Bourse du travail devait être « libérée », voilà donc la chose faite, et de la manière la plus violente.

Une centaine peut-être de membres du service d’ordre de la CGT, sur le coup de midi, profitant du fait que la majeure partie d’entre nous étaient partis à notre manifestation hebdomadaire du mercredi, ont subitement envahi la cour, cagoulés ou masqués, matraquant les hommes et gazant tous les présents, femmes et enfants. Des personnes ont dû être hospitalisés et le petit Mohamed, la mascotte de la Bourse occupée, bien connu de tout le monde, et une femme, viennent seulement de sortir, après 24 heures d’hôpital.

La densité des gaz était telle que Sissoko, notre coordinateur, accouru aux cris, est tombé évanoui dans la cour et ce sont les femmes, réfugiées entre-temps à l’intérieur, qui sont ressorties pour l’y transporter à la force des bras.

Nous nous sommes barricadés dans la grande salle, et la police est alors intervenue, appelée par des gens du voisinage inquiets à cause des grands cris et de la fumée des lacrymogènes.

Dans un premier temps, le commissaire a veillé à empêcher notre affrontement avec le service d’ordre de la CGT. Celle-ci a appelé la Ville de Paris, propriétaire de l’immeuble, qui a immédiatement (ce qui prouve qu’elle était d’accord) réquisitionné la police. Le commissaire nous a alors imposé l’évacuation des locaux, exigeant même, d’après les instructions reçues, notre départ immédiat sans récupération de nos affaires (ce qui, par le passé, s’est souvent soldé par la perte d’effets et documents personnels).

Nous nous sommes opposés et, appelés par nous, nos camarades partis en manifestation sont rentrés. Le rapport de forces a été en quelque manière rétabli, une partie ayant pu même rentrer dans la grande salle par l’accès du boulevard du Temple, contrôlé par nous. Le commissaire a alors accepté de nous faire récupérer toutes nos affaires. Cette opération était terminée un peu après 19 heures.

Depuis, nous sommes campés sur le trottoir du boulevard du Temple à plusieurs centaines (une liste de 600 sans-papiers présents a été dressée hier soir) et attendons que les maires du troisième et deuxième (qui s’y sont engagés) nous trouvent un lieu apte à nous héberger et surtout où nous puissions, sans être dispersés, poursuivre notre action pour obtenir la régularisation de nous tous. Nous sommes dans l’attente d’un rendez-vous que nous a promis le ministère de l’immigration pour discuter les critères de notre régularisation. C’est maintenant le moment le plus mal venu pour affaiblir notre mouvement et, quant à nous, de baisser les bras.

La lutte continue !

Paris, le 25 juin 2009

CSP 75

source: Le Quotidien des Sans-papiers

vendredi 8 mai 2009

Lettre ouverte à Bernard THIBAULT

Lettre ouverte à Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT

Camarade THIBAULT entends-tu la colère qui gronde dans les manifs et les usines ?

Je viens d’écouter ta déclaration sur FRANCE-INTER ainsi que celles de J.C MAILLY de Fo et F. CHEREQUE de la CFDT. Je ne suis pas surpris, ce n’est pas la 1ère fois que tu tiens des propos démoralisateurs qui permettent que tu ais droit aux compliments du MEDEF et des ministres de SARKO. Par cette lettre, je veux te faire part du grave mécontentement qu’éprouve un grand nombre de militants qui sont scandalisés par les conséquences du virage réformiste de notre CGT depuis quinze ans (pour la plupart des membres du bureau confédéral et plusieurs secrétaires de fédérations REFORMISME est devenu synonyme de COLLABORATION). Je reviendrais un peu plus loin sur ta déclaration de ce jour.

Hier, je participais à ma 42ème manif du 1er mai (interdite de 1954 à 1967). C’est la 3ème qui connait un tel succès.

En 1968, nous étions environs 100 000 manifestants dans les rues de Paris. Le succès de cette manif nous aida considérablement au cours des semaines suivantes pour développer les luttes qui permirent des résultats fructueux.

2002 fut également un grand 1er Mai dirigé contre les dangers de l’extrême droite (LE PEN en particulier).

En conséquence, (mis à part 2002) le 1er Mai 2009, est le plus important depuis plus d’un demi-siècle. Hier à Laval, selon les infos de France Bleue Mayenne, nous étions près de 4000, c’est quinze à vingt fois plus que les années précédentes (y compris en 1968 il y avait moins de 300 participants). Ce succès est le résultat de l’action unitaire mais également et surtout du mécontentement qui touche l’ensemble des travailleurs, retraités, chômeurs, lycéens, étudiants etc.

Quelques mots sur des propos que tu tenais à la radio, début avril « Il est souhaitable que le 1er Mai nous soyons encore plus nombreux que le 19 Mars » s’exprimer ainsi est vraiment irresponsable de penser que le premier jour d’un long week end on va mobiliser autant qu’un jour de travail. C’est aussi la démonstration, à quel point les membres du Bureau Confédéral sont coupés de la base !

Maintenant j’arrive aux déclarations de ce jour (ce matin 2 Mai sur France Inter) dans l’ordre de l’émission : J. C MAILLY, B. THIBAULT, F. CHEREQUE. Déclaration correcte de S.G de FO qui propose que, après les succès du 1er Mai, il faut organiser une grève nationale inter- professionnelle, ensuite (j’ai vraiment l’impression qu’avec Chéreque, vous vous êtes partagés le sale boulot) tu es le 2ème intervenant pour dire qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève, vu qu’ils ont de grosses difficultés financières (quel mépris pour les salaires les plus pauvres ! ) CHEREQUE ferme le banc, en affirmant que le gouvernement devrait tenir compte de la mobilisation du 1er Mai. Il n’est pas interdit de rêver, penser que l’on peut faire reculer avec deux manifs par trimestre c’est s’inscrire dans le domaine du rêve et de l’illusion !

Je rappelle qu’en 1968, nous étions plus de neuf millions en grève (avec occupation des entreprises), des millions d’autres salariés n’étaient pas dans le mouvement, beaucoup d’entre eux nous ont rejoint dans les luttes dans les années suivantes. Parmi les grévistes, des millions étaient payés au SMIC, quelquefois moins, notamment les jeunes qui subissaient des abattements et les salariés de l’agriculture. Dans la ville où je travaillais Argenteuil dans le Val d’Oise, sur environ 10 000 grévistes, de nombreux smicards notamment les femmes et les immigrés étaient très engagés dans le mouvement. Sur les fiches de paies du mois de juin, un bon en avant 35% de plus pour le SMIC et 55 % sur les SMAG (Salaire Minimum Agricole Garanti). L’action commune des OS avec les ouvriers qualifiés, les employés, les techniciens, et une partie des cadres avait été positive pour tous.

Deux exemples récents démontrent que les travailleurs les plus pauvres n’hésitent pas à s’engager dans l’action, nos camarades de Guadeloupe et de Martinique, encore plus mal payés qu’en métropole se sont engagés dans une lutte difficile et ils ont imposés les résultats que l’ont connait (44 jours de grève en Guadeloupe).

Depuis un an, les sans papiers ont aussi démontrés que des travailleurs mal payés et pauvres peuvent faire reculer Patronat et Gouvernement, il est vrai qu’ils ont le soutien de nombreux militants de la base, si bien que le Bureau Confédéral a du prendre le train en marche et soutenir la lutte des sans papiers !

Avant de conclure, je veux ajouter quelques mots sur les dizaines de milliers de salariés qui luttent, quelquefois depuis plusieurs mois, notamment dans la métallurgie, la chimie, l’enseignement, l’EDF, la santé, la poste etc. J’ai une pensée particulière pour les camardes de l’EDF qui vont recevoir pour le mois d’avril des fiches de paie amputée de 40 à 60 %. Je pense aussi aux enseignants qui depuis cinq ans, ont perdu la valeur de plusieurs semaines de salaires sans obtenir des résultats suffisants. Les directions confédérales portent une partie importante de la responsabilité de cette situation, jusqu’à présent, elles n’ont pas pris les dispositions nécessaires pour réaliser le Tous ENSEMBLE, EN MEME TEMPS. En 1968, dans un contexte, avec des points communs avec celui que nous connaissons en 2009, la CGT n’a pas appelé à la grève générale mais nous avons distribués des millions de tracts appelant à la généralisation des grèves, le résultat fut concluant.

Il est grand temps que la Direction Confédérale entende cette volonté d’agir Tous Ensemble. A de nombreuses occasions, nous avons imposés des acquis considérables, notamment en 1953, 1968, 1995. C’est possible, dès maintenant, à condition que la CGT retrouve ses couleurs.

J’ose espérer que ces aspirations qui grandissent partout à la base seront enfin entendues.

Salutations syndicalistes.

Marcillé le 2 Mai 2009 Col.. Marc.. militant CGT depuis 1955


De : Collectif pour Front Syndical de Classe
vendredi 8 mai 2009

source: Bellaciao

samedi 31 janvier 2009

Appel à la RIPOSTE SOCIALE des Chômeurs et Précaires


Combien étaient-ils le 29 janvier à manifester dans toute la France : 1,2 million selon la police, 2,5 millions selon les syndicats ? Et parmi cette foule, combien de Chômeurs, combien de Travailleurs précaires et de Travailleurs pauvres ? Peu, très peu, trop peu. Et invisibles par dessus le marché ! Pourtant, la RIPOSTE SOCIALE ne peut s'organiser sans les 7 millions de Chômeurs et Précaires ! Nous appelons à leur mobilisation.

Jeudi, nous aussi étions dans la rue, sympathisants et adhérents d’Actuchomage. En petit nombre, certes, mais parfois bien visibles. La preuve : Pour illustrer les mauvais chiffres du chômage en décembre 2008 qui seront annoncés lundi 2 février, l’AFP (Agence France Presse), reprise par Les Échos, Yahoo Actualités… , a choisi notre action «Chômage Année Noire» pour illustrer sa dépêche. Un signe fort !

Est-il nécessaire de rappeler que la France compte quelque 4 millions de Chômeurs inscrits dans les 8 catégories de demandeurs d’emploi ? Certainement, car l’opinion publique n’a connaissance que de la catégorie 1, le taux officiel de chômage, qui réunit 2,1 millions d’entre eux. À ces 4 millions de Chômeurs à plein temps, par intermittence ou en formation… s’ajoutent des millions de Travailleurs précaires soumis à des temps partiels subis et autres contrats au rabais. Chômeurs et Précaires constituent la PREMIÈRE FORCE SOCIALE du pays, toutes et tous unis par l’intermittence ou l’inexistence d’activité professionnelle, et par les difficultés inhérentes à la perte de revenu ou même à l’absence totale de revenu (50% des Chômeurs ne sont pas indemnisés !).

Pourtant, dans les cortèges syndicaux du 29 janvier, il a beaucoup été question de «défense de l’emploi», de «soutien au service public», de «revalorisation des salaires et des pensions», mais peu de chômage, et pas du tout des Chômeurs et Précaires. À Paris, nous avons tenté à plusieurs reprises d’imposer le mot d’ordre «Chômeurs, Salariés, Solidarité !» sous les yeux parfois réprobateurs des services d’ordre des grandes centrales qui, en d’autres occasions, nous ont empêché de nous joindre aux cortèges et de déployer nos banderoles (en les confisquant parfois même !).

Mais le potentiel de mobilisation que représente les Chômeurs et Précaires va encore enfler. Entre août et novembre 2008, 160.000 nouveaux chômeurs de catégorie 1 ont grossi les rangs des demandeurs d’emploi. Au total, les sept hausses consécutives de 2008 en ont généré 171.200 ! Après un mois de novembre catastrophique (+ 64.000), on s’attend à un mois de décembre «mauvais, très mauvais», de l’aveu de Laurent Wauquiez. Et ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend en janvier, février, mars, avril… où, selon nos estimations, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 pourrait croître de 50.000 à 80.000 chaque mois (+ 500.000 à + 600.000 sur un an). Et nous ne parlons que de la catégorie 1 !

+20 à +30% de chômeurs sur l’année 2009, c’est à ce chiffre AHURISSANT que nous arrivons en partant des données disponibles fin 2008. Car des centaines de milliers de salariés vont rejoindre les rangs des millions de privés d’emploi.

Combien de temps encore ces laissés-pour-compte vont être ignorés par la majorité des syndicats ? Ignorés par les médias traditionnels ? Combien de temps encore ces millions de parias vont-ils rester cloîtrés dans les sous-sols de la République, dans ses oubliettes serait-il plus juste de dire ?

S’ils ne veulent pas être un jour prochain dépassés par la vague de mécontentements, par cette RIPOSTE SOCIALE qui paraît inéluctable, les syndicats seraient bien inspirés de se pencher sur les cas de plus en plus désespérés et méprisés des Chômeurs et Précaires.

Ne nous faisons aucune illusion. Dans le contexte économique de 2009 (et probablement de 2010), les Chômeurs auront peu de chance de retrouver un emploi durable, les Précaires verront leurs conditions de travail et de vie se dégrader, les Intérimaires peineront à décrocher des missions. Et ces trois populations représentent plus d'un quart des Actifs (avec ou sans emploi) de notre pays.

Face à l’autisme du gouvernement, des organisations patronales (qui veulent imposer une diminution des cotisations d’assurance-chômage en juillet 2009) et de certains syndicats, comme la CFDT qui a signé la nouvelle Convention Unedic défavorable aux Chômeurs, nous appelons, une nouvelle fois, à la mobilisation.

Nous lançons un Appel national pour l’organisation dans les prochaines semaines d’une journée d’action des Chômeurs et Précaires qui pourrait prendre la forme de l’opération «Chômage Année Noire» initiée le 29 janvier (ce n'est qu'une proposition) afin d'être vus et entendus.

Nous appelons les premières et premiers concerné-E-s par la crise à la RIPOSTE SOCIALE : Ces millions de Chômeurs, de Précaires, d’Intérimaires, et tous ceux qui, par centaines milliers, vont perdre leur emploi dans les prochains mois.

Merci de relayer cet Appel si vous le partagez !

Pour plus d’infos : contact@actuchomage.org

source: APNÉE – ACTUCHOMAGE

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