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vendredi 22 octobre 2010

Il faut répéter encore et partout que la retraite à 60 ans n’a jamais existé !

André MARTIN

Nous constatons aujourd’hui, après 6 mois de « débats » sur les retraites, que beaucoup de citoyens pensent encore que les Français ont la retraite à 60 ans et que la réforme Sarkozy veut la faire passer à 62 ans.
Or depuis longtemps des millions de Français ont droit à une retraite à taux plein (les décotes ont toujours été très dissuasives) seulement à partir de 62, 63, 64 ou 65 ans. Pour la simple et bonne raison qu’il y a toujours eu en France 2 conditions pour bénéficier d’une retraite à taux plein : une condition d’âge (âge légal ou minimal), et une condition d’annuités.

De 1945 à 1983 : âge mini 65 ans et nombre d’annuités 37,5
De 1983 à 1983 : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 37,5
En 1993 (réforme Balladur) : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 40 (seulement pour les salariés du privé et par transition progressive de 1993 à 2003)
En 2003 (réforme Fillon) : âge mini 60 ans et nombre d’annuités 40 également pour la Fonction publique (par transition progressive de 2003 à 2008) … et passage à 41 annuités pour tous (par transition progressive de 2008 à 2012)

Le taux plein étant garanti à 65 ans (Sarkozy veut le repousser à 67 ans), même pour ceux n’ayant pas les 41 annuités
Ces « réformes » passées ont donc conduit à ce que des millions de Français aient droit à une retraite à taux plein seulement à partir de 62, 63, 64 ou 65 ans. Prenons pour être concret et précis l’exemple des salariés qui ont aujourd’hui entre 55 et 58 ans. Avant la réforme Sarkozy-Medef, à quel âge ont-il droit à une retraite à taux plein, puisqu’il faut avoir 41 annuités ? Il suffit d’ajouter 41 ans à l’âge auquel ils ont commencé à travailler.
Ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans ont leurs droits à 60 ans (seront concernés par le report à 62 ans)
Ceux qui ont commencé à travailler à 19 ans ont leurs droits à 60 ans (seront concernés par le report à 62 ans)
Ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans ont leurs droits à 61 ans (seront concernés par le report à 62 ans)
Ceux qui ont commencé à travailler à 21 ans ont leurs droits à 62 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 22 ans ont leurs droits à 63 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 23 ans ont leurs droits à 64 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 24 ans ont leurs droits à 65 ans
Ceux qui ont commencé à travailler à 25 ans ont leurs droits à 65 ans (66 ans après la réforme Sarkozy)
Ceux qui ont commencé à travailler à 26 ans ont leurs droits à 65 ans (67 ans après la réforme Sarkozy)
Ceux qui seront concernés par le report à 62 ans de l’âge minimal sont donc eux qui ont commencé à travailler les plus jeunes et auront cotisé le plus ( 44 annuités pour ceux qui ont travaillé à partir de 18 ans)
La sous-information que l’on constate fréquemment tient principalement à 3 facteurs :
Par raccourci, tout le monde parle de retraite à 60 ans que Sarkozy veut faire passer à 62 ans.
Sarkozy-Medef-UMP ne cessent de répéter que tous les autres pays sont déjà passés à 65 ou 67 ans, sans jamais dire :
a) quel est le nombre d’annuités requises dans ces pays (souvent très inférieur aux 41 annuités en France)
b) qu’en France tous les bacs + 3 ont droit à une retraite à taux plein au plus tôt à 62 ans (21 ans + 41 annuités) … s’ils trouvé du travail dès la fin de leurs études
c) qu’en France tous les bacs + 5 ont droit à une retraite à taux plein au plus tôt à 64 ans (23 ans + 41 annuités) … s’ils trouvé du travail dès la fin de leurs études
Enfin, la désinformation fonctionne à plein régime, par omission volontaire ou involontaire. D’où le titre de l’appel que nous avions lancé en février 2010 : « Retraites, Chômage - Arrêtons la désinformation ! »

Quelques éléments de conclusions
Avant même la réforme Sarkozy, la France figure déjà parmi les pays qui ont les conditions les plus drastiques, en matière de retraite à taux plein, c’est-à-dire sans décote dissuasive.

Des « opposants déterminés » à la réforme Sarkozy refusent le report à 62 ans de l’âge minimal. Ils proposent à la place d’allonger la durée de cotisation. Ils veulent donc repousser à plus de 62 ans l’âge de la retraite à taux plein pour les bacs+3 et à plus de 64 ans l’âge de la retraite à taux plein pour les bacs+5 … Surtout n’oubliez pas d’ajouter votre nombre d’années de redoublement et le nombre d’années que vous avez mis à trouver un premier emploi ! Ceux qui s’y connaissent un peu en matière de retraites ne voient plus de différences essentielles entre de telles propositions et la réforme Sarkozy-Medef-UMP. Il va falloir nous expliquer ces différences. Il va falloir aussi fixer des ordres de grandeur en matière de taux de remplacement (rapport entre la première pension et le dernier salaire), au moins pour les salaires bas et moyens. Sinon, des millions de salariés pourraient remplir les conditions d’âge et d’annuités pour prendre leur retraite, mais être condamnés à faire des petits boulots précaires, parce que leur pension de retraite ne leur permettrait pas de (sur)vivre décemment.

André Martin
 
 
 
 

dimanche 7 mars 2010

VOICI COMMENT SUPPRIMER LA DETTE PUBLIQUE

Auparavant, quand un État avait besoin d’argent, il l’empruntait auprès de sa banque centrale ; et, quand il le lui remboursait, il le lui remboursait sans intérêt. L’argent ne coûtait rien à l’État : il créait lui-même sa propre monnaie.
Interdire aux États d’emprunter auprès de leurs banques centrales, c’est en fait leur interdire de créer eux-mêmes leur propre monnaie !
Dans un tel cas, ce sont les banques privées qui créent la monnaie ; et, l’État doit leur acheter l’argent dont il a besoin, au lieu de le créer lui-même. C’est-à-dire que l’État doit emprunter l’argent avec un certain taux d’intérêt. Donc, s’il veut 100 Euros, il emprunte 100 Euros ; c’est-à-dire qu’une banque privée fabrique une certaine quantité de monnaie représentant exactement 100 Euros, et prête ces 100 Euros à l’État ; mais, celui-ci devra rembourser 103 Euros, si le taux d’intérêt est de 3%.
Cependant, comme il n’a été créé que 100 Euros, l’État est dans l’incapacité structurelle d’en rembourser 103. Il doit donc emprunter à nouveau, ne serait-ce que pour rembourser les 3 Euros qui lui manquent, et qui ne peuvent que lui manquer puisqu’ils n’ont jamais été fabriqués ; et que, cependant, il doit quand même rembourser aux banques privées. Et ce nouvel emprunt se fait forcément lui aussi avec un certain taux d’intérêt. Etc.
    C’est ainsi que la dette d’un pays dont l’État a perdu le droit de battre monnaie ne peut que s’envoler à l’infini.
Ça, c’est la théorie, voyons si l’expérience pratique la confirme effectivement.
Justement, une loi injuste datant de 1973 interdit à la France d’emprunter auprès de sa banque centrale. Depuis cette date, la dette publique ne fait qu’augmenter, et le chômage avec. La théorie se trouve donc confirmée. Cette loi a mis fin aux trente glorieuses !
En 1992, avec Maastricht, cette interdiction faite aux États d’Europe de créer eux-mêmes leur propre monnaie est montée au plus haut niveau, au niveau institutionnel.
Bien sûr, depuis, jamais la dette n’a été aussi énorme et jamais elle ne s’est accrue aussi vite, et jamais l’on ne nous a autant parlé de la dette que nous devrons rembourser, paraît-il. Vraiment, on nous bourre le mou avec ça.
Cette dette étant voulue par la loi et par la constitution, elle est donc artificielle. Nous avons par conséquent la possibilité bien réelle de ne pas rembourser cette dette, puisque son remboursement sert uniquement à enrichir quelques banquiers véreux ; ceux-là même qui ont imposé de telles lois et de tels articles constitutionnels !
    Refusons de rembourser la dette !

Source article et voir vidéo, Étienne Chouard dénoncant l’article 104 de Maastricht  (un quart d’heure)

lundi 14 septembre 2009

Que faire face à la contrainte carbone ?

Les Grands Séminaires de l'Observatoire Midi-Pyrénées -
Les enjeux climatiques et énergétiques: que faire face à la contrainte carbone ?

Jean-Marc Jancovici - Ingénieur conseil

Et si la hausse du prix du pétrole était le début d'une salutaire crise de désintoxication ? Et s'il fallait encourager cette hausse, voire l'accentuer ? Si l'énergie ne vaut rien - car elle est incroyablement sous-évaluée - c'est que ni l'épuisement des ressources en pétrole, ni le coût du changement climatique, ne sont inclus dans son prix. Par un surprenant tour de passe-passe, il s'avère que le PIB peut croître tandis que nous allons droit dans le mur. Nous vivons donc dans l'illusion d'une source d'énergie inépuisable et bon marché, illusion qui nous masque les catastrophes climatiques, économiques et politiques à venir. Il est temps pour chacun de nous de se montrer réaliste. Une taxe progressive et volontaire sur le pétrole profiterait non seulement à la nature, mais nous protégerait nous-mêmes, à commencer par les plus modestes, face aux mutations économiques à venir.

http://www.ups-tlse.fr/70709495/0/fiche___pagelibre/&RH=ACCUEIL

mardi 16 juin 2009

Nicolas Sarkozy veut-il débaucher des altermondialistes pour son prochain gouvernement ?

Communiqué d'Attac France

Le président de la République a prononcé le 15 juin un discours devant l’Organisation internationale du travail (OIT) qu’à première vue on pourrait croire sorti d’une assemblée du Forum social mondial. Tout, ou presque, y est : le refus de la marchandisation des activités humaines, la soumission du droit des affaires aux normes sociales et environnementales, la condamnation du dumping social, le refus du travail des enfants, la condamnation du tout pour le capital et rien pour le travail, l’appel à une forte régulation financière internationale, notamment par la taxe Tobin, la dénonciation de la cohabitation de l’abondance et de la misère, la critique des pays n’ayant pas ratifié les conventions de l’OIT, la proposition d’une Organisation mondiale de l’environnement, etc.


Il n’y a plus de limites au double langage et aux tentatives de brouillage des repères. En effet, point par point, les envolées humanistes du Président sont démenties par sa pratique politique quotidienne et par l’action de son gouvernement.


Il achève peu à peu la privatisation des services publics et donc il les marchandise. Il a accentué le partage inégal des revenus entre capital et travail en inventant le bouclier fiscal. Il a distribué des dizaines de milliards aux banques spéculatrices, mais reste très avare pour le SMIC et les minima sociaux. Il a accru la pression sur les salariés et les chômeurs en guise de respect des normes internationales. Il projette maintenant de repousser l’âge de la retraite à 67 ans, et il nous assurera plus tard que c’est pour rééquilibrer le partage entre travail et capital. Il a développé une politique anti-immigrés honteuse, au nom sans doute des droits de l’homme dont il se réclame. Il a imposé de force le traité de Lisbonne qui interdit toute taxation des transactions financières. Il a entériné un plan climat-énergie au rabais pour préparer la « bonne gouvernance climatique ».


Attac n’acceptera pas de se laisser désarmer par ce nouveau hold-up idéologique, qui affirme le contraire de ce qui est mis en œuvre dans une France où la part la plus belle est réservée à une minorité, et dans un monde où la loi du profit est le principal obstacle pour que tout ce qui est proclamé à la tribune de l’OIT à Genève devienne réalité.

Le discours du Président Sarkozy a un seul mérite : il désigne très nettement tous les verrous empêchant que la société redevienne maîtresse de son destin. Mais ce n’est certainement pas lui qui les fera sauter !


Attac France,
Montreuil-sous-bois, le mardi 16 juin 2009


Pour en savoir plus :
- Le communiqué en ligne : http://www.france.attac.org/spip.php?article10097
- Le rapport Attac "De la fin des paradis fiscaux aux taxes globales" : http://www.france.attac.org/spip.php?article9738

jeudi 21 mai 2009

Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Prochaine étape du verrouillage du net: "LOPSSI"



"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...

lire la suite: Numerama

mercredi 22 avril 2009

Les racailles du CAC 40

Mercredi 22/04/2009 | Posté par Nordine Nabili

Les mots ont une double fonction, apaiser les tensions ou les exacerber. "Confiance" et "voyou" sont les deux stars du moment

Certains mots exaspèrent les uns et enthousiasment les autres, mobilisent ici et insupportent ailleurs. La seule question qui vaille tient au contenu et à la portée que nous leur donnons. Les plus riches sont ceux qui en possèdent le plus et qui savent les manier à bon escient. Prenons deux exemples récents : « confiance » et « voyou ». La forme et le fond mêlés, ces deux-la, à l’image de Madoff et Kerviel, résument notre état d’esprit depuis l’émergence de la crise financière que nous traversons à la rame depuis l’automne dernier.

la suite de l'article sur BondyBlog


jeudi 16 avril 2009

Mona Chollet : « Le triomphe de Sarkozy résulte d’une manipulation à grande échelle des imaginaires. »

Car c’est un fait : les exhibitions de luxe et les impudeurs répétées de Sarkozy sont pour l’instant une arme politique dévastatrice, remarquablement adaptée à notre époque et à son salmigondis médiatique. En faisant rêver sur son ascension, en racontant de "belles histoires" à la sauce TF1 (l’ascension du petit hongrois parti de rien ; Rachida, Rama et Fadela sorties de l’enfer des banlieues à force de volonté), en rentabilisant chaque occasion de mise en scène, Sarkozy a gagné la bataille des imaginaires. Dans l’affaire, c’est aussi une vision du monde décomplexée, rollexisée et dominatrice, qui s’est installée à l’Élysée. Pour Article11, Mona Chollet revient sur ce processus.

Il y a quelques années, j’avais aussi écrit un article sur Erin Brockovich, un film que je vois comme très représentatif de la manière dont on fait rêver les masses avec la réussite d’un individu, réussite permettant d’oublier l’injustice politique qui reste la règle pour la majorité.
Et puis, plus j’avançais et plus me rendais compte de l’efficacité de cet imaginaire qui joue sur des ressorts très primaires de l’être humain. Les ficelles sont grossières : le besoin de reconnaissance personnelle doublé d’un contenu matérialiste. Ce besoin de reconnaissance n’est d’ailleurs pas incompatible avec un contenu positif, mais la gauche l’a abandonné depuis trop longtemps. Si bien que la France, faute de modèle alternatif, n’est pas à l’abri de devenir l’Italie.

Pour lPasolini, la télévision est une manière d’éradiquer complètement la culture propre des gens et de la remplacer par un imaginaire uniformisé et petit-bourgeois qui leur enlève toute estime d’eux-mêmes.

A partir du moment où des médias de masse propagent un univers de valeurs, de désirs et de rêves complètement aliénés, c’est évident que ça a une énorme influence sur les gens. On voit très bien cette idée d’espèce de confort industriel qui prend le pas sur tout, s’impose dans notre société via la pub et les médias. On rend désirable des choses secondaires, avec une forme de tyrannie du « neuf », du « dernier cri » : il faut donner l’impression aux gens que ce qu’ils ont eux-mêmes est vieux, dépassé, démodé. Et qu’ils doivent acheter pour compenser. Sur la longueur, tout ce que les gens avaient comme culture propre, comme estime d’eux-mêmes, a été détruit, remplacé par la consommation. Désormais, la question est : comment reconstruire ça ?

C’est le même genre de personnage que Berlusconi : il invite à s’identifier à lui en tant qu’individu, pas en tant qu’incarnation de la nation. Il veut être vu comme un individu parmi d’autres auquel on pourrait s’identifier, comme quelqu’un de normal qui a réussi dans la vie.
Je pense même qu’il y a une espèce d’allergie à la politique chez Sarkozy, c’est très frappant. Il est incapable de passer au niveau supérieur, d’avoir une réflexion en surplomb, une réflexion politique. On voit bien comment il fonctionne : il y a un fait divers, il faut faire une loi. Il ne peut penser que dans le particulier, au coup par coup.

ceux qui essaient de revenir sur un terrain politique, de ne pas prendre les gens pour des imbéciles et de ne pas se comporter en vedettes du show-biz sont ringards (parce qu’il y a une vraie obsolescence dans la manière de faire de la politique) ou ringardisés par les critères médiatiques.

Le spectacle prend toute la place. On préfère donner en pâture l’espèce de richesse extravagante et de luxe d’une infime minorité plutôt que de proposer des conditions de vie décentes pour tout le monde, mais pas très spectaculaires. Un projet de société où les gens vivent modestement ne sera jamais mis en avant. Malgré tout, il faut signaler le retour d’un discours – encore modéré – prônant une certaine forme de frugalité. On voit ça par exemple dans la presse anglo-saxonne. Il y a un type aux États-Unis qui est devenu une star parce qu’il construit de minuscules maisons en bois de 15 m2. Sauf qu’à l’arrivée, ce genre de discours est aussi une manière d’éluder les inégalités, de dire aux gens : « Vous n’avez rien mais c’est très bien comme ça, et en plus c’est écolo, vous allez sauver la planète… »
Le nerf de la guerre, ce ne serait pas le fait que les inégalités croissantes sont de mieux en mieux acceptées ?
Oui. On parvient à ça en jouant sur deux ressorts. D’abord, on table sur le fait que les gens vont complètement s’oublier eux-mêmes dans le spectacle. Et puis on les culpabilise en disant : « Si vous n’êtes pas riches c’est de votre faute. »

Cet imaginaire peut-il tomber en disgrâce ? Dans ce cas, par quoi le remplacer ?

À un moment, ça ne fonctionnera certainement plus du tout. Mais alors : quel autre modèle de bonheur et de vie en commun proposer ? Il est à réinventer. On a des repoussoirs mais pas vraiment de propositions inverses. C’est quelque chose que j’ai découvert lors de l’écriture de ce livre : il était vraiment évident de pointer les différents composants de cet imaginaire qui s’est imposé en France, beaucoup moins de proposer un autre modèle.
En outre, très peu de gens peuvent véritablement se revendiquer comme hors de portée de cet imaginaire. On est tous contaminés, au moins un peu. Et la nouvelle génération politique est nourrie de ça, transporte ce modèle avec elle.

il y a une très forte conscience de classe chez les plus riches et qu’elle a été totalement détruite chez les plus pauvres. Il y a un énorme déséquilibre. Dans le miroir, les riches ont droit à un reflet ultra valorisant ; par contre, dans ce même miroir, les classes populaires ou moyennes ne voient plus rien, ou alors une sorte de reflet brouillé. On leur agite des modèles de réussite trompeurs qui débouchent sur la culpabilisation et l’oubli de leur identité. L’enjeu serait de retrouver des images plus valorisantes.

à l’époque, tous les grands créateurs étaient du côté du peuple. Il y avait une effervescence politique autour des ouvriers qui englobait des œuvres culturelles très valorisantes. Les prolétaires étaient des héros, ils avaient une conscience très forte, une fierté, une solidarité.
Et j’ai l’impression qu’avec le temps on est passé de Jean Renoir aux Deschiens. Et qui a envie d’être un Deschien ?

certains auteurs contemporains qui affirment qu’on ne peut plus penser les choses uniquement au niveau politique, qu’il faut remonter au niveau anthropologique : repenser complètement des choses qui nous apparaissent évidentes, les rapports des individus entre eux, des individus à la nature. A ce sujet, des auteurs comme François Flahault ou Jacques Généreux (notamment dans « La dissociété », un livre très important) ont écrit des choses fondamentales. Pour eux, le libéralisme et la droite prospèrent sur des conceptions philosophiques, des visions du monde et de l’humain, qui sous-tendent toute notre modernité. La droite pousse ces conceptions à l’extrême, mais c’est un arrière-fond sociétal. Toute notre pensée moderne est conditionnée par ça, même à gauche, et c’est là qu’il faudrait reconstruire la pensée critique.

pour une lecture intégrale sur le site "articleXI" ==> http://tr.im/imaginaire_de_doite
merci à Pascal pour ce résumé

dimanche 22 février 2009

La crise financière: conférence-débat à Moissac

- vendredi 27 février à 20h30: Conférence-débat à Moissac (centre culturel) sur la crise financière avec Jacques Cossart, du conseil scientifique d'Attac.

lundi 19 janvier 2009

Gaza : Après le Déluge


Gagné-Perdu...Perdu-Gagné ?

dimanche 18 janvier 2009, par Tariq Ramadan
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Le premier ministre Ehut Olmert a annoncé que le gouvernement israélien avait obtenu ce qu’il voulait et qu’il pouvait envisager unilatéralement un cessez-le-feu. Après une « guerre », une offensive, et au fond un carnage de trois semaines, l’administration israélienne « entend » les voix de l’indignation à travers le monde. Un retour au calme serait donc possible, et la paix envisageable.

De nombreux analystes et commentateurs, dont le rédacteur en chef de la BBC pour le Moyen-Orient, Jeremy Bowen, mettent en évidence les calculs politiciens et stratégiques qui ont conduit à cette décision. Si l’humanitaire et le respect de la vie des civils avaient vraiment joué un rôle, ce cessez-le-feu aurait été décidé bien avant. Après avoir décimé la bande de Gaza, et en stoppant unilatéralement son offensive, Israël, d’une part, se donne les moyens d’accueillir le nouveau président Barack Obama (qui prend ses fonctions le 20 janvier) en position de force (mais plus dans un rôle d’agresseur effectif) et il place, d’autre part, les Palestiniens dans une situation difficile : obligés de se plier aux conditions d’Israël, toutes manifestations de résistance les mettraient du côté des agresseurs et Israël aurait toute latitude pour recommencer l’offensive par « légitime défense ».

suite de l'article


Robert Mugabe, un bouc-émissaire?

Robert Mugabe
L'insoumis et le bouc émissaire.

par Aminata D Traore, Ancienne ministre, Essayiste, Animatrice du Forum pour un Autre Mali (FORAM)

"Il n'est pas certain que l'extrême personnalisation du conflit et la diabolisation de l'un des principaux protagonistes - Robert Mugabé en l'occurrence – ait aidé en quoi que ce soit à clarifier les enjeux de la lutte sociale et politique en cours au Zimbabwe".
Achille Mbembe (Zimbabwe : le cynisme des nations)

1. QUI JUGE QUI ? POUR QUELS CRIMES ?

Le torrent de boue dont on couvre Robert Mugabé depuis de longs mois a quelque chose de nauséabond et de suspect. J'en souffre.

"Qui le juge ? De quels crimes est-il coupable ?" sont parmi les questions que nous sommes nombreux à nous demander, ce 10 décembre 2008, à l'occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH).

"A 85 ans, pourquoi s'accroche-il tant au pouvoir ?" entendons nous dire. Est-ce une raison suffisante pour l'humilier ? Est-il le seul de cette génération, à occuper ce poste a un tel âge ?

"Il est au pouvoir depuis 28 ans." En termes de longévité au pouvoir est-il le doyen en Afrique ?

"La fraude électorale ?" A-t-on oublié les élections américaines de 2000?

Rares sont ceux qui, en dehors du continent, se doutent des enjeux véritables de cette campagne de dénigrement et de déstabilisation d'une rare violence contre cet homme tant le titre de dictateur sied aux dirigeants du Sud, plus particulièrement ceux du Continent noir. Il suffit de regarder du côté de la Cour Pénale Internationale pour s'en convaincre. Pendant ce temps les fauteurs de guerre en Irak et en Afghanistan se posent en défenseurs des droits de l'homme au Zimbabwe et partout ailleurs.

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