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samedi 18 décembre 2010

Contre la LOPPSI 2 : le 32 ter A adopté par l’assemblée avec de nombreuses autres régressions


L’Assemblée nationale vient d’achever l’examen article par article, de la LOPPSI en 2ème lecture et a durci le texte. Il s’agit d’une des lois les plus répressives de ces dernières décennies. L’adoption par les députés de l’ensemble de la loi sera effectuée mardi 21 décembre en deuxième partie de l’après midi, puis elle sera rediscutée au Sénat courant janvier.

Certains amendements très liberticides ont été retirés ou rejetés en séance : reconnaissance automatique des individus à partir de la généralisation de la vidéo-surveillance, instauration d’une peine plancher d’un an ferme pour les personnes accusées de violence à agent, ou pénalisation de certains sous locataires ou squatters.


L’article 32 ter A, procédure expéditive d’expulsion des habitants d’habitations hors norme, complété d’une amende de 3750 euros lorsque le propriétaire s’oppose à l’expulsion, a été adopté avec le soutien du Gouvernement, dans sa version du Sénat. Trois députés de l’opposition Mr Patrick BRAOUZEC (PCF), Mr François PUPONI et Mr Jean Jacques URVOAS (PS), ont défendu le retrait de cet article de loi très rétrograde.
L’article pénalisant la vente à la sauvette a été adopté ainsi que de nombreux autres qui remettent en cause les libertés individuelles, accablent les populations les plus précarisées et stigmatisées, répriment les militants et les jeunes, menacent la liberté d’expression, ...

La mobilisation se poursuit et s’étend

Les associations, organisations et syndicats réunis mercredi soir, appellent à un grand rassemblement mardi 21 décembre à 17h, à l’Assemblée nationale, lors de l’adoption générale de la loi, et appellent à une journée nationale de manifestations en janvier avant la lecture au Sénat .

D’ici là de nombreuses manifestations et initiatives sont organisées dans toute la France :
-  Samedi 18 décembre à : Angers, Besançon, Clermont Ferrand, Figeac, Grenoble, Montpellier, Nantes, Paris, Périgueux, Perpignan, Rennes, Saintes, Strasbourg, Toulouse, Tours, Valence ...
-  Dimanche 19 : à Lyon

Plus d’informations, en attendant la mise en place d’un blog d’information et de relais vers les autres sites :
-  http://www.loppsi2-habitat.blogspot.com/
-  http://www.halemfrance.org/


Source : DAL/RéSEL/HALEM, via HNS

samedi 19 juin 2010

La preuve par la chasse

Par Gérard Condorcet
En décrétant le 4 juin dernier que « l’obstruction à la chasse » serait passible d’une peine contraventionnelle de cinquième classe, le gouvernement révèle, d’une part, sa soumission aux caprices farfelus d’un lobby, d’autre part, son caractère fondamentalement réactionnaire.
Depuis 2002, la droite supprima le mercredi sans chasse qu’avait instauré la loi du 26 juillet 2000, rétablit la martre, le putois et la belette sur la liste des prétendus « nuisibles » dont les avait retiré un arrêté pris par Yves Cochet, aggrava les autorisations de chasse de nuit des oiseaux d’eau et de certains migrateurs terrestres, permit des tirs de loups, autorisa l’emploi de tendelles pour la capture des grives, multiplia les génuflexions et les hommages à sa majesté cynégétique.
Or, les chasseurs à courre ne supportent pas que de jeunes gens viennent les narguer lors de leurs chevauchées féodales. Encore, si ces militants de la cause animale avaient bien voulu commettre quelques violences légères, cela eut été excellent pour l’habituelle propagande mensongère sur le thème : « les écologistes sont de dangereux terroristes ». Par ailleurs, la moindre violence aurait permis aux autorités publiques sous influence de frapper ces contestataires irrespectueux de quelques « saigneurs » locaux parfaitement notabilisés ! Rien, hélas ! Pas d’agression, aucune contravention de violence légère à reprocher aux opposants aux véneries outragées.
Alors, les relais du lobby s’agitèrent au parlement et obtinrent du gouvernement que la chasse française soit le premier loisir pénalement protégé, ce qui est sans exemple ni précédent. À ce stade, ce n’est plus du mépris mais de la compassion qu’inspirent ces politiciens réactionnaires qui sévissent en ce pays depuis trop d’années. Constatons, fait objectif, qu’une majorité de citoyens aspirent à l’abolition de la chasse à courre, persistance anachronique du temps des privilèges qui fut le temps de l’obscurantisme, de l’absolutisme royal.
Ce folklore costumé ne serait que ridicule si l’enjeu n’en était pas la torture d’un animal traqué pendant des heures, mordu par les chiens, achevé à la dague. Mais, la chasse et la démocratie ne font pas bon ménage. Les 75% de français hostiles à la chasse à courre ne pèsent rien face aux proximités sociologiques incestueuses entre le personnel politique conservateur et ce monde désuet. Aussi, la chasse demeure le champ des privilèges exorbitants du droit commun. Le décret du 4 juin ne fait que s’inscrire dans cette dérive.
Cette veulerie gouvernementale sera-t-elle utile à ceux qui l’inspirèrent ? Loin de là. Les manifestants contre les chasses à courre, militants de l’association DROITS DES ANIMAUX, ne cesseront bien sûr pas de manifester, car la liberté à l’instar de la vie, ça se défend. D’une manière totalement pacifique, ils assumeront la révolte des consciences face à l’insoutenable. Peut-être seront-ils déférés devant le juge de police pour s’entendre appliquer la nouvelle contravention d’obstruction à la chasse les exposant, au grand maximum à 1 500 euros d’amende.
Les principes généraux du droit offriront, pour les défendre, des éléments solides. L’acusation devra tout d’abord caractériser une infraction absurde. L’exception d’illégalité du décret sera invoquée, devant le juge du premier degré et, en cas de condamnation suspendue par l’appel, devant la cour. puis, toujours dans l’hypothèse défavorable, devant la cour de cassation et après épuisement des voies de recours internes devant la cour européenne des droits de l’homme.
Les opposants éventuellement condamnés par les juges français pourraient arguer des dispositions des articles 9 et 10 de la CONVENTION EUROPEENNE DES DROITS DE L’HOMME, textes qui protègent la liberté de pensée, de manifester des convictions, de les exprimer librement. Dès lors, conformément à sa mission et à sa jurisprudence, la haute cour de STRASBOURG appréciera le rapport de proportionnalité des intérêts entre la liberté de manifestation pacifique d’une conviction et la liberté de « servir » la biche et le renard.
Beaux débats juridiques en perspective et surtout grande lumière sur une activité qui parce qu’elle porte la mort n’aime guère cet éclairage. Parler d’un fait social, débattre à son propos, ne pas le laisser dans l’ombre s’imposent pour qu’intervienne le vrai jugement : celui de l’opinion publique. Ce ne sera plus : « silence, on tue » entre soi. Au fond, JUPITER rend fous ceux qu’il veut perdre.
D’éventuelles poursuites contre des militants non-violents feront plus de bruits que les trompes et sifflets des obstructeurs ! Amis des animaux et de la Nature, quelle que soit la médiocrité des candidats aux élections prochaines, n’oubliez pas de sanctionner ceux qui depuis des années font la preuve par la chasse de leur absolue nuisance.
Gérard CONDORCET
CONVENTION VIE ET NATURE
MOUVEMENT D’ÉCOLOGIE ÉTHIQUE ET RADICALE
POUR LE RESPECT DES ÊTRES SENSIBLES ET DES ÉQUILIBRES NATURELS.

jeudi 21 mai 2009

Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Prochaine étape du verrouillage du net: "LOPSSI"



"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...

lire la suite: Numerama

vendredi 9 janvier 2009

Occupation de l'école de Livernon (46)


Pour refuser et empêcher le fichage de nos enfants sur base-élève, NOUS AVONS DÉCIDÉ CE SOIR de l'occupation administrative de l'école publique , laïque et républicaine de nos enfants:

- dès Jeudi 8h30 et ces Vendredi, Lundi, Mardi, Mercredi ...


NOUS APPELONS TOUT PARENT, ÉLU, GRAND-PARENT,INSTITUTEUR, DIRECTEUR, MEMBRE DU COLLECTIF, CITOYEN-CITOYENNE ETC...QUI LE SOUHAITE, À SE JOINDRE À NOUS :
JEUDI 8 JANVIER À 8H30 devant l'école de LIVERNON GRAND RASSEMBLEMENT MÉDIATIQUE (presse et télé...)


ET ENSUITE...

LUNDI 12 À 20h30 à LIVERNON pour une réunion ouverte avec les parents, élus, citoyens, instituteurs, directeurs

MERCREDI 14 POUR UN AUTRE RASSEMBLEMNT ENCORE PLUS LARGE AVEC D'AUTRES COLLECTIFS ...A SUIVRE.

Petit historique pour ceux que çà intéresse: ici Livernon dans le Lot.
Petit village de 600 habitants, nous avons LA CHANCE d'emmener nos enfants dans une école où la directrice a longuement et courageusement tenu contre le fichage sur base-élève.
Retenues de salaire, convocations s'en sont suivies...
Aujourd'hui, pour bien commencer l'année, elle est sommée d'obéir!
Nous parents, avons nominativement remis un courrier officiel, pour demander la non-inscription de nos enfants sur ce fichage.
Réponse de l'inspecteur de Cahors: Vu le décret...vos enfants seront fichés et votre courrier ne vaut RIEN!!

Elle est pas belle la liberté en 2009??!
Ah oui: n'oublions pas que 2009 sera l'année de retrait DE BASE ELEVE!
SANS OUBLIER TOUT LE RESTE!

MERCI de vos soutiens.

source: reçu par mail

dimanche 30 novembre 2008

Crise mondiale : vers la barbarie réactionnaire et autoritaire ou occasion à saisir pour une société alternative

dimanche 30 novembre 2008,


Ils veulent se concentrer sur l’emploi pour mieux le détruire

par Giorgio Cremaschi (Fiom-Rete 28Aprile)

Il serait nécessaire de laisser de côté les « reality shows » et de revenir à l’économie réelle. En effet, on nous prépare un massacre social sans précédent mais avec une fonction précise : construire une sélection des et dans les classes encore plus brutale que celle à laquelle nous avons été habituée.

Pour les entreprises et pour les pouvoirs économiques (oui, ils existent encore), la crise est une grande occasion. Certes le présent est fait de drames et d’incertitudes mais le futur est en construction, il se concentrera encore plus qu’avant sur le travail et ce ne sera pas une bonne chose.
En réalité, jamais l’économie financière n’a laissé de côté le travail, elle s’en est toujours occupée et comment... La globalisation a permis de développer la plus grande concurrence entre travailleurs jamais réalisée au travers de la destruction de l’Etat Providence, du code du travail et des droits sociaux, du développement de la précarité et de la baisse des salaires. Malgré cette crise, aucune remise en cause de ces logiques n’effleure l’esprit des dirigeants d’entreprise et de l’économie, ni celui des gouvernements en poste. L’Union européenne met actuellement en place un plan d’investissements mais en même temps elle affirme que le pacte de stabilité néolibéral est intouchable et que la défense de la monnaie, en premier lieu l’euro, est prioritaire à toute mesure sociale.
L’intervention publique est évidemment nécessaire mais celle que l’on nous propose a pour seul but de soutenir le modèle économique actuellement en crise. Le ministre Tremonti [1] se plaît de lancer des critiques à la dégénération du capitalisme mais il est le premier à poursuivre le chemin jusqu’ici parcouru. Il faut arrêter de commenter les petites phrases des uns et des autres et nous en tenir à la substance des mesures prises. Jusqu’ici aucun pays occidental n’a mis en place une politique en faveur de l’augmentation des salaires et contre les licenciements. Même Obama est silencieux sur le salaire minimum qui n’a pas été réévalué aux Etats-Unis depuis 1998. Au contraire, toutes les décisions prises servent à soutenir les banques, la finance, les programmes d’investissement, de restructuration, de licenciements. Sur la vague de l’urgence globale, sont approuvés les critères sociaux d’une économie de guerre. D’ailleurs, les investissements militaires sont en augmentation. Alors que les pauvres augmentent démesurément, la définition des catégories officielles de la pauvreté se restreint. En Italie, nous expérimentons depuis peu, au travers de la Charte sociale du gouvernement, la charité d’Etat. 1,2 millions de personnes sont concernées.

Il y a une méthode dans cette folie. On utilise la crise pour sélectionner un nouveau type de travailleur et construire une société encore plus injuste et plus féroce que celle que nous connaissions jusqu’à présent. En Italie, ils ont commencé par l’Université et l’Ecole. Les contre-réformes du gouvernement sont dictées par la Confindustria [2] et partent du principe qu’une école de masse publique efficace est impossible. L’école publique est ainsi laissée à l’abandon alors qu’une élite sera sélectionnée par l’Etat et les entreprises pour les besoins du marché et du profit. Au sujet d’Alitalia, c’est la même chose. L’intervention publique a permis de socialiser les pertes que nous paierons. A l’inverse, les patrons privés pourront choisir ce qui les intéresse de la vieille compagnie d’aviation, salariés compris. Et celles et ceux qui sont opposés à cette stratégie sont considérés comme contraires à l’intérêt national.

Le Sole 24ore [3] a produit récemment un éditorial contre les nouveaux ennemis du peuple : les pilotes, les artistes, les ouvriers qualifiés,..., qui osent prétendre défendre leurs statuts. La machine à broyer du capitalisme devient encore plus dure en temps de crise... En 1994, Fiat mis en « Cassa integrazione » [4] une grande partie des employés et cadres qui manifestèrent, en octobre 1980, pour soutenir les choix des dirigeants de l’entreprise et s’opposer à la grève portée par les ouvriers. Aujourd’hui, on nous parle constamment de « mérite » mais toutes les catégories professionnelles subissent les effets d’une organisation du travail toujours plus atomisée et autoritaire alors que l’unique « mérite » réellement reconnu est celui de la fidélité et de l’obéissance. Le PDG de Fiat veut que on entreprise ressemble de plus en plus aux supermarchés Wal Mart. Il est raconté que Ford a installé ses premières chaînes de montage en s’inspirant de l’organisation du travail des abattoirs de Chicago. Le modèle japonais est né en copiant la logistique des supermarchés. Maintenant Fiat annonce un futur copié sur Wal Mart. Mais Wal Mart est une société brutalement anti-syndicale et esclavagiste. Le programme de Marchionne, le PDG de Fiat, est aussi un programme social préparant d’ultérieures attaques à l’emploi et aux droits des salariés. Les lois sur la flexibilité du travail votées ces dernières années par le centre-gauche et le centre-droit dévoilent aujourd’hui leur vraie fonction. Elles permettent de licencier, sans entrave, des centaines de milliers de personnes et celles et ceux encore quelque peu protégés contre les licenciements deviennent dès lors des privilégiés. Avec le développement de la précarité, les privilèges ne peuvent plus se défendre martèlent les dirigeants politiques... Pour les migrants, la perte de droits sociaux devient destruction des droits civils. Qui est licencié, au travers de la loi Bossi-Fini sur l’immigration, devient clandestin et avec lui toute sa famille.

Et la crise avance, pas seulement sur le plan financier mais aussi dans l’économie réelle. Pour preuve, la rapidité des licenciements et du chômage technique, bien supérieure à celle de la chute des bourses internationales. Les restructurations annoncées dans les entreprises ne sont pas le fruit de la seule crise. Elles ont, comme le soutiennent de nombreux docteurs Folamour de l’économie, une fonction « créatrice ». Elles servent à atomiser les conditions sociales et de travail, à diviser et à opposer les intérêts, à faire entrer dans l’ADN de chaque individu que la défaite de l’un est la sauvegarde de l’autre. La réforme du code du travail veut entériner cette situation. En détruisant les contrats au niveau national et en limitant la négociation d’entreprise au rapport entre salaire et productivité, cette réforme vise à créer une nouvelle catégorie de travailleurs, super flexibles, super obéissants et super apeurés. Pour le syndicat il ne reste qu’à être complice comme l’affirme le « livre blanc » du gouvernement.

S’il est vrai que les crises sont porteuses d’occasions, en Italie on voit poindre la destruction des principes contenus dans la Constitution. Il faut l’empêcher. Il n’existe aucune médiation, aucune dialectique face au dessein de sélection sociale promue par la Confindustria et le gouvernement. Ou nous provoquons sa défaite ou nous serons détruits.

Pour tout cela, la grève générale du 12 décembre ne peut être une conclusion mais doit devenir le lancement d’un cycle de luttes en mesure d’imposer un autre calendrier politique et social. A la triade « privé, marché, flexibilité » il faut opposer la défense et l’extension du public, du social, des droits et des salaires. L’Europe de Maastricht est notre adversaire tout autant que le gouvernement Berlusconi. Il y a toujours moins d’espace pour cette culture réformiste qui pensait pouvoir conjuguer libéralisme économique et équité sociale. Les discours sur l’économie sociale de marché prononcés par les bien pensants du centre-gauche et du centre-droit nous semblent toujours plus vains et inutiles.

Seul un changement radical dans l’économie et la société peut vaincre le dessein réactionnaire des pouvoirs et des forces qui nous ont plongés dans la crise actuelle et qui pensent nous la faire payer. Ou l’on change réellement ou nous nous précipiterons dans une société monstrueuse qui aura comme principal corollaire l’autoritarisme des institutions. Il est fort possible que la dimension et la brutalité des alternatives nous effraie et nous freine mais face à cette réalité c’est le moment d’avoir du courage !

Notes

[1] Note de HNS-info : ministre de l’économie du gouvernement Berlusconi

[2] Note de HNS-info : l’équivalent du Medef

[3] Note de HNS-info : quotidien de la Confindustria

[4] Note de HNS-info : l’équivalent du chômage technique


Source et traduction de l’italien, ludo (HNS-info)

Source / auteur : http://www.globalproject.info/


samedi 4 octobre 2008

La fin programmée de la démocratie

Nous vivons depuis dix ans un changement radical du type de régime politique dans les pays occidentaux, avec l'avènement d'un nouveau pouvoir, celui des réseaux économiques et financiers.
Voici les raisons pour lesquelles nous ne sommes déjà plus tout à fait en démocratie.

suite sur www.syti.net

vendredi 12 septembre 2008

Organisons la résistance!









Loi de prévention de la délinquance, fichier base élève, fichier Edvige, radiation arbitraire des chomeurs, démantèlement des droits du travail, expulsions locatives et mal logement, chasse aux enfants et familles de sans papiers, démantèlement de la fonction publique, profit faramineux des grands patrons quand les entreprises licencient et que le travail se précarise, prolifération des OGM malgré des risuqes sanitaires évidents, industrialisation de la planète malgré le réchauffement climatique, développement du nucléaire, aucune alternative au tout pétrole ...et la liste est encore longue.

Nous sommes de plus en plus nombreux à subir ces situations.
C'est purement invivable !

Nous ne pourrons donner un coup d’arrêt à cette dérive sécuritaire et libérale qu’en organisant une résistance unie pour construire les conditions d’une alternative citoyenne.

Le 10 novembre ne sera pas décrété par le haut.

Nous devons dire haut et fort que nous en avons marre des grèves sectorielles, des grèves d’un jour, des défilés qui ne servent qu’à démoraliser jour après jour les militant-e-s et les citoyen-ne-s car le pouvoir reste sourd à l’appel de la rue.

Pourtant la démocratie n’est pas le droit de s’exprimer un jour, qui plus est en votant pour le moins pire, et se taire ensuite durant 5 ans en attendant la prochaine, le prochain qui nous dit qu’il va nous sauver et sauver la planète avec !

La démocratie, c’est ce que nous en faisons.

Et fidèle à l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Organisons la résistance pour construire une alternative citoyenne.
Organisons la grève générale et reconductible du 10 novembre prochain.


Merci de le diffuser l'info sur votre site et dans vos réseaux puis rejoindre le CnR le plus proche pour organiser l'Alternative citoyenne.

Le CnR31 s'est constitué mardi 9 septembre suite à une réunion au local de Friture média régional des possibles.
Une prochaine rencontre est envisagée le 23 septembre.

ff CnR 31
Contact : cnr31@conseilnationaldelaresistance.fr

Contacts départementaux et prochaines réunions sur :
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/

mercredi 30 juillet 2008

"À tous les opprimés, affamés et miséreux du monde : pardon pour l’Europe"

La "directive de la honte" (voir sur ce blog: http://unisavecbove46.blogspot.com/2008/06/appel-devo-morals-aux-dirigeants.html , http://unisavecbove46.blogspot.com/2008/06/contre-la-directive-de-la-honte-la.html et http://unisavecbove46.blogspot.com/2007/12/non-la-directive-de-la-honte.html ) a été adoptée par le parlement européen "comme si de rien n'était".

Voici un article et appel d'Olivier Bonnet, à lire et à parafer d'urgence.

source: http://www.plumedepresse.com/spip.php?article278#sp278

À tous les opprimés, affamés et miséreux du monde : pardon pour l’Europe

La "directive de la honte" a été adoptée par le parlement européen

mercredi 18 juin 2008, par Olivier Bonnet


directive de la honteIls l’ont fait ! Par 367 voix contre 206 et 109 abstentions, le Parlement européen a adopté la "directive retour", qui permet de maintenir les immigrés clandestins en détention jusqu’à 18 mois et peut les frapper ensuite de 5 ans d’interdiction du territoire de l’Union européenne. Y compris les mineurs : "Ces derniers peuvent être purement et simplement expulsés vers des pays où ils n’ont aucune attache familiale ni aucun tuteur légal", proteste en marge de la manifestation d’hier, qui a réuni quelques centaines de personnes devant le parlement européen, avec comme participant le chanteur Manu Chao, la députée verte Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l’Homme au Parlement européen. Sous-commission : son titre se passe de commentaire.

Cette loi a été votée grâce à une alliance entre conservateurs et libéraux, facilitée par les tergiversations et divisions du groupe socialiste. Honte à ceux qui se disent "socialistes" et qui pourtant, par démagogie, ont laissé passer cette loi : "Les socialistes sont officiellement contre le compromis, mais plusieurs délégations importantes qui sont au pouvoir dans leurs pays comme les Allemands, les Espagnols et les Britanniques, auraient tendance à le soutenir", s’indigne le président du groupe de la gauche unie européenne (GUE), le Français Francis Wurtz, qui qualifie le texte de "véritable injure à la dignité humaine".

"En prévoyant l’enfermement de migrants non communautaires pour une durée maximale de 18 mois, en autorisant l’expulsion d’enfants, qui plus est hors de leur territoire d’origine, en instituant une interdiction du territoire européen de 5 ans, cette directive porte atteinte aux libertés publiques et fait de l’enfermement un mode de gestion courant des populations migrantes, réagit la Cimade (Comité Inter-Mouvements Auprès Des Evacués, service oecuménique d’entraide). Sourds aux appels des ONG, sourds aux appels des Eglises, sourds aux appels de nombreux représentants d’Etats du Sud, sourds aux mobilisations citoyennes, les parlementaires européens ont, dans leur majorité, choisi de renoncer à toute velléité de résister à la logique policière qui sous-tend la politique d’immigration conduite par les ministres de l’Intérieur en Europe depuis 20 ans".

De la même façon que nous avions honte d’être Français au soir de l’élection du grand manipulateur, nous avons aujourd’hui honte d’être Européen. Et nous demandons solennellement pardon à tous les opprimés, affamés et miséreux du monde.

Si vous souhaitez, en tant qu’humaniste européen, vous associer à ces excuses, remplissez les champs ci-dessous.


jeudi 12 juin 2008

Contre le régime illégitime en Europe






Citoyens d’Europe Contre le Régime Illégitime : CECRI

Pour des Manifestations Obstinées Contre le Régime Illégitime Européen (MOCRIE), à date et heure fixes, partout en Europe.
Pour des protestations hebdomadaires, micro résistances durables contre tous les "traités constitutionnels".
Un seul objectif commun, original et fondamental, pour tous les citoyens européens :
Nous voulons des institutions honnêtes:
1) écrites par une Assemblée Constituante désintéressée
2) validées par référendum.


Trois personnes ont commencé à se réunir hier mercredi de 18h à 18h30, devant la mairie de Cahors. D'autres prévoient de les rejoindre à partir du mercredi 18 juin.
Soyons nombreux !!

Présentation du projet: http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/04/08/93-manifestations-obstinees

Un espace de discussion lotois a été ouvert sur les Forums de CECRI à cette adresse: 46000 Cahors.


Télecharger le tract format pdf

lundi 19 mai 2008

Taser : le RAIDH saisit le Conseil des droits de l’Homme

http://www.raidh.org/Taser-RAIDH-saisit-le-Conseil-des.html

Paris, le 13 mai 2008

Communiqué de presse "Taser : RAIDH saisit le Conseil des droits de l’Homme à l’occasion de l’examen de la France"

RAIDH, Réseau d’Alerte et d’Intervention pour les Droits de l’Homme a adressé au Haut Commissaire aux droits de l’Homme et à l’ensemble des pays membres du Conseil des droits de l’Homme, un rapport rendu public ce jour sur la dotation et l’usage de pistolets électriques paralysants par les forces de l’ordre françaises. Le rapport rappelle notamment qu’en généralisant la dotation et l’usage du Taser X26, la France contrevient à ses obligations internationales en matière de défense des droits de l’Homme, notamment les éléments se rapportant à la Convention internationale contre la torture.

Le 14 mai prochain de 9h à midi, le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies se réunira au Palais des Nations à Genève pour examiner la situation des droits de l’Homme en France à l’occasion du premier passage de la France devant le nouveau mécanisme onusien qui remplace la défunte commission des droits de l’Homme.

La "revue périodique universelle" qui se tiendra demain à Genève sera l’occasion pour les 47 pays membres d’interroger la France sur ses pratiques en matière de droits de l’Homme.

RAIDH a saisi cette occasion pour alerter le Haut commissaire aux droits de l’Homme et les pays membres du Conseil des droits de l’Homme sur la dotation en Taser de 3700 policiers français.

RAIDH attend du Conseil des droits de l’Homme qu’il se joigne aux recommandations du Comité contre la torture de l’ONU qui déclarait en novembre dernier au sujet du Portugal « que l’usage de ces armes provoque une douleur aigüe, constituant une forme de torture, et que dans certains cas, il peut même causer la mort, ainsi que l’ont révélé des études fiables et des faits récents survenus dans la pratique (articles premier et 16). L’État partie devrait envisager de renoncer à l’usage des armes électriques « TaserX26 » dont les conséquences sur l’état physique et mental des personnes ciblées serait de nature à violer les articles premier et 16 de la Convention ».

RAIDH dévoile dans son rapport les multiples abus et manquements aux règles internes d’usage du pistolet adressant une décharge de 50000 volts commis par :

1) La Gendarmerie nationale :

le rapport indique que dans 83% des cas, les gendarmes nationaux ont fait usage de leur Taser X26 en dehors des conditions restrictives de légitime défense et d’état de nécessité, usages prioritairement envisagés par les procédures internes.

2) La Police nationale :

RAIDH dévoile le cas passé sous silence d’un usage qui aurait mal tourné : le 12 mai 2006, un malade mental s’est fait tirer dessus à 7 reprises par un policier, six d’entre elles l’atteignant d’une décharge de 50000 volts. La victime a alors fait un arrêt cardio-vasculaire nécessitant un massage cardiaque...

A l’heure où RAIDH attend désespérément une réponse du Ministère de l’Intérieur, au sujet de la prétendue publication imminente d’un décret autorisant la police municipale à être équipée de Taser X26, RAIDH attend de la communauté internationale qu’elle rappelle fermement la France à ses obligations internationales... Un électrochoc salutaire qui pourrait remettre la France dans le droit chemin vers le respect effectif des droits de l’Homme.

Lire le Rapport sur la dotation et l’usage de pistolets électriques paralysants par les forces de l’ordre françaises

dimanche 18 mai 2008

De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé la région de Naples

Traduction depuis le quotidien italien "Il Corriere della Sera" du 15 mai 2008
http://www.corriere.it/

De véritables pogromes anti-Roms ont enflammé Ponticelli, à l'est de Naples où des campements de tziganes ont été incendiés ces derniers jours, dans le quartier, surnommé le "Bronx de Naples".Un article de Marco Imarisio pour le Corriere della Sera témoigne de ce déferlement de haine et de violence,

NAPLES - Au début il y a seulement une colonne de fumée, un signal que personne ne lie à l'essaim de cyclomoteurs qui traversent le croisement de rue Argine, deux garçons en selle sur chaque scooter. L'explosion arrive quelque instant après : ce sont les bouteilles de gaz entreposées dans une baraque prise par le feu.. Les flammes arrivent jusqu'à à la limite des lampadaires, la fumée devient un nuage noir et toxique, gonflée d'ordures et de plastiques calcinés Les baraques des Rom de la rue Malibrand forment un bûcher énorme.
Ponticelli, 13h30, le règlement de comptes avec les "tziganes" est définitif et sans pitié. La circulation qui devient folle, le son des sirènes, les camions des pompiers, des papiers noircis qui voltigent dans l'air, les agents de garde au camp qui se regardent, perplexes. Ils restaient devant, ceux à cyclomoteur sont arrivés par derrière. Ils ouvrent les bras, ensuite, ce n’est pas si grave, beaucoup des rom étaient partis dans la nuit. "Cela aurait été mieux mieux" s'ils avaient été là”, regrette un homme en polo noir Adidas. "Ceux-là on devrait tous les tuer." Il parle depuis l'habitacle de sa Fiat Punto, où est accroché bien en évidence un crucifix où
est écrit , "Sainte Maria delle Arco protégez -moi."

Le premier acte du spectacle, parce qu'il y en aura d’autres, s’est déroulé devant la Villa communale, l’unique oasis de verdure, avec piste cyclable annexe, de ce quartier à la périphérie orientale de Naples, où l'horizon est délimité par de vieux Hlm, filles de la spéculation immobilière voulues par Achille Lauro. Un homme grisonnant avec un blouson de jeans sur les épaules est le plus enthousiaste. “Qui travaille honnêtement peut rester, mais pour les autres
il faut prendre des mesures, même avec le feu." Le feu purifie, il bonifie le terrain”."de ces merdes qui ne se lavent jamais", ajoute un garçon avec des lunettes de soleil, cheveux gominé, tee shirt à la mode avec un coeur dessiné dessus, celui produit par Vieri et Maldini. Il y n'a pas de démocratie et l'État ne nous protège pas. Il ajoute, “la purification ethnique est nécessaire" mais comprend-il vraiment le sens de cette phrase ?
Quand ils sont devant les télévisions, la réalité devient plus présentable, on embellit. La grosse femme avec le sac à provisions qui l’instant d’avant applaudissait et invectivait les pompiers -"laisse les brûler, autrement ils reviennent ”- “Sainte Vierge quel désastre, pauvres diables, heureusement qu'ils ne reste personne là-dedans”. Le garçon aux lunettex de
soleil devient soudainement plus calme: "c’est juste de les chasser, mais pas de cette manière." La caméra de télévision s'éteint, il éclate de rire.
Sous à un arbre, de l'autre côté de la rue, il y à un groupe de garçons qui observe la scène. Ils regardent tout et tous le monde, personne ne les regarde. Ils semblent invisibles. Leur scooter est garé sur le trottoir. Le chef est un garçon avec un tee shirt moulant noir, les cheveux coupés courts sur le côté. Tous les présents savent qui il est, ils en connaissent avec
précision sa parenté. C'est un des petits-enfants du cousin du "maire" de Ponticelli, ce Ciro Sarno qui même depuis la prison continue à être le signore du quartier, chef d'un clan de camorra qu'il a fait de l'enracinement dans le quartier sa force. Quand il voit que la confusion est à son maximum, il fait un signe aux autres. Ils s’activent et, ils démarent leurs cyclomoteurs. Dix minutes après, du camp adjacent, celui en face des immeubles de douze étages appelés les Cinq tours s'élèvent un autre nuage de fumée dense et épais. Le camp est délimité par un tas d'ordures et de bâches. Ce sont les premiers à brûler, la fumée enveloppe les Hlm. La claque se déplace, à moins de 200 mètres il y a un nouvel incendie à applaudir. Les garçons en cyclomoteur disparaissent.
La radio de Police secours informe qu'il y a aussi des flammes dans les deux camps de rue Virginia Woolf, à la frontière avec la commune de Cercola. Sur le sol détrempé il y a une paire de bombes incendiaires rudimentaires. Les roms se sont échappés à la hâte. Dans les baraques il y a encore des marmites sur les fourneaux, les cartables des enfants. À l'entrée d'une de ces
habitations en tôle et contre-plaqué, tenu ensemble par une gomme spongieuse il y a un tableau encadré qui contient la photo agrandie d'un enfant souriant, habillé en Polichinelle. Florin, carnaval de 2008, la fête de l’école élémentaire de Ponticelli. A 14h50 il commence à pleuvoir à torrents, une pluie battant qui éteint tout. "Il valait mieux finir le travail", dit un homme âgé pendant qu'il se réfugie sous un auvent de la Villa communale. Une demi-heure plus tard, dans
le quartier De Gasperi on voit beaucoup de ces visages jeunes qui montaient et descendaient des cyclomoteurs. C'est le fortin des Sarno, des maisons agglomérés ceint par un vieux mur, avec une seule rue pour entrer et une pour sortir, avec des guetteurs qui feignent de lire le journal sur un banc et par contre qui sont payées pour signaler qui va et surtout qui vient. Mais cette chasse à l'homme ne s'explique pas seulement par la camorra. Cela serait rassurant, mais il n'est pas ainsi. En dessous de l’échangeur de l’autoroute Naples-Salerne, il y a encore les trois derniers camps Rom habités. Des plaques de ciment de l'autoroute tombent des flots d'eau marron
sur les baraques. Vous êtes entourées par une série de panneaux en bois. Un groupe de femmes et de garçons qui habite dans les maisons les plus délabrées, celles de la rue Madonnelle traverse la place et se mettent devant " venez dehors pour que nous vous tuons", “nous avons préparés les
bâtons." La police se démène, un inspecteur tâche de raisonner ces femmes en furie. “Est-ce que vous n’êtes pas des braves gens, c’est ce qu’il leur dit,“Vous allez à l’ église le dimanche, et maintenant vous voulez jeter de pauvres enfants à la rue?” Ouiiii répond le coeur.
De derrière les panneaux apparaît une fille, la tête couverte d’un foulard trempé de pluie, elle tremble, de froid et de peur. Comme pour se protéger, elle tient sur son sein une fillette de quelques mois. Elle salue une des femmes les plus exaltée, une dame bien en chair. Elle la connaît. "Cette nuit nous partons. S'il vous plaît, ne nous faites pas de mal." La dame écoute en silence. Puis elle fait un pas vers la rom, et elle crache. Elle rate la cible, elle atteint en pleine figure la fillette. L'inspecteur qui restait sur la trajectoire du crachat incendie du regard la femme. Tous les autres applaudissent. "Bien, très bien."

Source: liste de diffusion

mardi 12 février 2008

Etienne Chouard: "On se fout de nous" avec le traité européen

Par Étienne_Chouard (Plan C = écrire nous-mêmes notre Constit...) 10H27 04/02/2008

Réunis en Congrès, les 907 députés et sénateurs doivent voter, ce lundi après-midi à Versailles, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Promoteur du "Plan C" (écrire nous-mêmes une Constitution d'origine Citoyenne), Etienne Chouard, qui avait été l'un des animateurs du non pendant la campagne référendaire de 2005 sur la "Constitution européenne", nous livre ici sa colère.

Ce qui se passe en France est consternant: les acteurs publics français -parlementaires, ministres, juges- violent sans vergogne le peuple qu’ils sont censés représenter, en lui imposant par voie parlementaire les institutions antidémocratiques qu’il vient de refuser expressément par référendum. On se fout de nous. Et quand la Constitution les gêne, ils la modifient. Eux-mêmes. Et sans référendum! On se fout de nous.

Les médias complices

Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant "sentinelles du peuple": les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus de pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d’Etat sous la chape de plomb d’un silence coupable. A la télévision, aucun débat, aucune mise en scène des conflits, aucune publicité donnée aux opinions dissidentes; rien que des jeux, des variétés, des réclames et la chronique judiciaire des faits divers en guise d’information.On se fout de nous.
Le référendum de 2005 avait suscité dans le pays un vif débat qui a servi de révélateur pour des milliers de citoyens comme moi qui faisaient confiance à leurs représentants pour construire le rêve européen et défendre l’intérêt général. Ce révélateur de 2005 a montré une véritable trahison de nos élites qui, sous couvert de la construction européenne, depuis cinquante ans, vident la démocratie de toute réalité et s’affranchissent eux-mêmes de tout contrôle populaire. On se fout de nous. Cette révélation de 2005 est confirmée en 2008 par le viol caractérisé que constitue l’adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie mal maquillée du Traité établissant une Constitution pour l’Europe.

Quelques horreurs supplémentaires

Ce n’est pas tout: j’ai découvert, depuis l’époque du référendum, quelques horreurs supplémentaires.

► En 2006, j’ai compris que le cœur nucléaire de nos impuissances était très probablement la création monétaire, incroyablement abandonnée aux banques privées par l’article 104 du Traité de Maastricht. Et ce hara-kiri monétaire qui est probablement une source importante de toutes nos impuissances politiques, au lieu d’être débattu tous les soirs à la télévision, n’est même pas connu des journalistes professionnels (pourtant, ce côté pro des journalistes de métier nous est souvent présenté comme un gage irremplaçable de compétence et d’honnêteté, une qualification nécessaire pour éviter les errances de l’amateurisme dangereux qui règne partout sur Internet). On se fout de nous.

► En 2007, une autre découverte confirme la direction que prenait mon analyse: l’éclairage précieux des années 30, fourni par les travaux d’Annie Lacroix-Riz, permet de prouver les intrigues gravissimes des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines et contre la démocratie.

En un mot, nous n’en sortirons jamais si nous attendons que nos élus nous proposent eux-mêmes une solution: d’abord, ils sont trop dépendants de ceux qui rendent possible leur élection (via les médias subordonnés) et qui, de plus, sont juges et parties dans le processus constituant et ont un intérêt personnel à notre impuissance politique: nous devons donc prioritairement nous réapproprier le processus constituant pour remettre les élus sous contrôle et reprendre la maîtrise publique de la monnaie.

Le révélateur du débat de 2004-2005

Quand Fabius a dit qu’il allait voter non, à l’automne 2004, ça m’a interpellé, réveillé, et j’ai lu son livre, puis celui de Strauss-Kahn, qui était intéressant aussi mais qui parlait d’autre chose: DSK soulignait les avancées -incontestables- du TCE par rapport à la prison de Nice, mais sans répondre aux graves accusations de Fabius: illisibilité d’un texte interminable truffé de renvois et de chausse-trappes; politique économique figée au plus haut niveau du droit; politique monétaire anti-inflation condamnant l’Europe à un chômage de masse; coopération renforcées quasiment interdites et révisions constitutionnelles quasiment impossibles, illégitimité de la Convention Giscard, etc.

Le dialogue de sourd (sans "s") commençait: les "ouiistes" ne voulaient déjà pas entendre que les avancées (réelles) sur lesquelles ils louchaient ne compensaient en rien les aspects objectivement épouvantables de ce texte supérieur. Ils n’ont d’ailleurs jamais répondu à ces reproches depuis: ils ont l’art de parler d’autre chose pour ne pas répondre point par point.

J’ai lu le TCE, attentivement, et cette lecture attentive m’a inquiété au plus haut point. J’ai réalisé que Fabius n’avait pas vu d’autres vices, plus graves encore: confusion des pouvoirs dans les mains des exécutifs sur des domaines importants et listés nulle part ("actes non législatifs" et "procédures législatives spéciales" que j’appelle, moi, "lois sans Parlement", c’est plus clair); étroite dépendance des juges pour leur carrière envers les exécutifs alors que leur pouvoir est immense; totale impuissance des citoyens entre deux élections; totale irresponsabilité politique de quasiment tous les acteurs; révision constitutionnelle impossible avec les peuples mais faciles sans référendum ("procédure chèque en blanc", donc); etc.

Au passage, je souligne que, depuis, j’ai eu encore quelques surprises supplémentaires dans les institutions européennes: d’abord, l’immunité judiciaire à vie de tous les fonctionnaires européens, je dis bien "à vie" (je me demande bien ce que ces gens font de si grave pour avoir besoin d’une telle protection, unique au monde à ma connaissance).

Une incroyable découverte, en 2006

L’abandon aux banques privées de la création monétaire est sans doute la source principale de nos impuissances politiques, mais, surtout, j’ai découvert un fait majeur dont aucun journaliste ne parle jamais: l’abandon définitif, scellé au plus haut niveau du droit -sans débat public-, l’abandon par les Etats de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées.

L’article 104 du Traité deMaastricht, qui devrait être notre ennemi prioritaire à tous, le symbole cardinal de la trahison de nos propres représentants, la source principale de notre impuissance politique maladive étant notre soumission financière, mais soumission voulue! Telle un véritable sabordage monétaire.

Je ne sais pas comment les banques privées ont fait pour obtenir ce privilège extravagant de la part de (tous) nos gouvernants, mais je trouve cela profondément révoltant. Il faut lire Maurice Allais, -prix Nobel d’économie, un puits de science, un spécialiste de la monnaie et un courage impressionnant pour lutter de front à la fois contre les multinationales et contre les banques-, il faut lire Allais pour comprendre que les banques se comportent (parce qu’on les y autorise) comme des faux-monnayeurs et que cela nous ruine!

Cette affaire nous coûte en France environ 80 milliards d’euros par an, une paille… et depuis 1973, date où cette interdiction a commencé en France, par la volonté du banquier Pompidou assisté par Giscard, la dette publique n’a fait que croître au point d’asphyxier l’Etat et de menacer les services publics; et le chômage suit la même pente que la dette! Je suis sûr que ce chômage est lié à cette dette; il me semble qu’on pourrait au moins en débattre.

Etienne Chouard

Et c’est précisément cette ruine, et l’impuissance qui en découle, qui sont verrouillées au plus haut niveau par l’article 104 de Maastricht, sans débat. C’est difficile à repérer parce que l’article 104 ne dit pas "les États ne peuvent plus créer leur monnaie mais doivent désormais toujours l’emprunter auprès d’acteurs privés qui facturent aux Etats des intérêts ruineux sans aucun risque et sans autre travail que celui de surveiller les remboursements…"

Cette formulation honnête serait trop claire et déclencherait assurément une révolution. Non, ce que dit l’article 104, c’est "les Etats et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale", ce qui est proprement incompréhensible pour le commun des mortels: pour comprendre ce que l’article 104 veut dire, il faut savoir que c’est comme ça que les États créent (créaient) de la monnaie, en empruntant auprès de leur Banque centrale (éventuellement sans jamais rembourser, c’est une modalité possible, mais surtout sans jamais payer aucun intérêt).

Et c’est ça qui est désormais interdit, sans débat, sans avouer l’enjeu, en refusant même d’en parler sérieusement, alors que ça nous coûte les yeux de la tête, de plus en plus chaque année par le jeu diabolique des intérêts composés… On en est rendu aujourd’hui à une dette qu’on n’arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre: les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an, 40000 millions chaque année!

Revenus sans cause versés sans contrepartie à des rentiers, sans nécessité. C’est une honte. Cette ruine programmée des Etats (et l’Etat, c’est nous tous, bien sûr) n’est pas une fatalité: c’est une volonté politique et cette volonté politique n’a rien à voir avec l’intérêt général. A l’évidence, elle pourrait changer. Attention à ne pas se tromper de débat: je ne dis pas qu’il faut créer plus de monnaie, il faut en créer autant, mais il faut que ce soit la banque centrale indépendante qui la crée, et pas les banques privées, ce qui va réorienter le revenu de l’intérêt vers les caisses publiques au lieu des caisses privées.

Je ne dis pas non plus qu’il faut que les gouvernements ou les parlements puissent créer la monnaie: c’est un organe indépendant n’ayant rien à espérer d’une élection qui doit avoir ce pouvoir, pour qu’il ne soit pas tenté d’abuser de la création monétaire par clientélisme démagogique. Il n’y a donc aucun risque d’inflation supplémentaire dans cette réappropriation publique de la monnaie; il est simplement question de retirer aux banques privées une source considérable d’enrichissement sans cause, pour rendre cette ressource à la collectivité. C’est urgent.

En n’organisant aucun débat sur ce thème essentiel, on se fout de nous. Pour en finir avec ce résumé sur le hara-kiri monétaire de l’article 104, il n’est pas inutile de préciser que, quand on commence à lire la littérature sur le sujet, on découvre que les humains ont compris depuis longtemps qu’ils ont un problème avec la monnaie (et surtout avec ceux qui l’accumulent et qui font métier d’en gérer la rareté artificielle) et que nos aïeux ont mené des centaines d’expériences de monnaie "parallèles" ou "libres" (souvent "fondantes" pour dissuader l’accumulation confiscatoire), à travers le monde et les époques.

Alors, écoutez bien: on dirait (je le dis sans avoir encore de réelle certitude sur ce point, je lis beaucoup, je progresse, mais si nous avions des débats contradictoires et publics sur tous ces points, nous progresserions tous très vite!) que toutes ces expériences, toutes, à chaque fois que les hommes reprennent le contrôle de la création monétaire et rendent la monnaie suffisante dans une région, à chaque fois, le chômage et la misère disparaissent dans les mois qui suivent, l’activité générale reprend à vive allure. Ce n’est pas tout à fait inintéressant, n’est-ce pas? Et inversement, chaque fois que la Banque centrale vient y mettre son nez, en interdisant cette monnaie libre abondante et en réimposant sa monnaie officielle (rare et chère), le chômage revient… Ça ne mérite pas un petit débat, ça?

On pourrait au moins vérifier sérieusement et mener/publier des études approfondies, de nouvelles expériences, non? A moins qu’il n’y ait quelqu’un qui ait un intérêt personnel puissant à ce que le chômage perdure… Parce que c’est formidable, le chômage, quand même, pour les industriels et les banquiers: ça rend docile, le chômage, et à tous points de vue, c’est bon pour les profits… Y aurait-il donc quelqu’un qui fasse passer cet intérêt puissant avant l’intérêt général?

Là, je vois venir un de ces sagaces analystes qui n’ont qu’un argument, un seul, aussi léger que l’air: "Ouais, on connaît: encore un paranoïaque qui croit à la théorie du complot!" Fin de la réflexion, les neurones du sagace ont fait leur boulot, y’a plus d’argument, circulez! A l’évidence, cette "réflexion" est le degré zéro de l’argumentation. On se fout de qui?

Une autre découverte importante, en 2007

On peut répondre à cette accusation de "paranoïa" (lancée commodément contre tous ceux qui analysent et dénoncent les intrigues des très riches pour conserver leurs privilèges) en signalant le travail considérable d’une historienne courageuse; ce que prouve Annie Lacroix-Riz est important pour comprendre ce qui nous arrive: l’éclairage formidable des années 30 qui sert à prouver les intrigues déplorables des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines.

Le lien entre nos institutions -malhonnêtes dès leur constitution, de façon à bien verrouiller l’impuissance politique des salariés- et les intrigues des banques privées -qui sont capables, pour nous asservir, de voler la création monétaire à la collectivité, et même, comme en 1940, de contraindre les représentants politiques à livrer le pays à des bourreaux qu'elles ont fait naître de toutes pièces dans les années 30-, est pour moi la découverte bouleversante de l'année 2007. On commence à avoir des preuves que le cauchemar des banquiers, c'est que les salariés (80% de la population active) échappent à leur emprise et luttent victorieusement pour augmenter leurs salaires...

C'est cette obsession viscérale des salaires chez les banquiers que démontre Annie Lacroix-Riz dans ce livre important qu'est "Le choix de la défaite" (et la vidéo l'accompagnant): chacun peut y découvrir un sabordage historique de la République dont la preuve formelle apportée par l'historienne pour les années 30 met en lumière (et permet d'enfin comprendre) le même choix, le même sabordage (pour les mêmes raisons: tenir en cage les salaires), à travers la construction européenne ardemment voulue et imposée par des banquiers et des industriels, à commencer par Jean Monnet, idole des eurolâtres, mais qui sent le souffre...

Cauchemar de banquier: des salariés dotés d'institutions leur permettant de se défendre financièrement... une République, quoi... l'horreur absolue de tous les rentiers du monde... Dans la lumière crue des années 30 révélées depuis peu par Annie Lacroix-Riz, l’article 104 de Maastricht en particulier, mais également toutes les institutions de l’UE en général, se montrent sous leur vrai jour, un jour qui n’a pas grand-chose à voir avec l’intérêt général, semble-t-il: une arme décisive concédée aux plus riches pour affaiblir les Etats européens et asservir les peuples, une fausse démocratie imposée en douce pour le compte d’une oligarchie. Rien de neuf sous le soleil: on se fout de nous. Objectivement, avec les institutions de l’Union européenne voulue par les banquiers, nos suffrages ne comptent presque plus pour rien. Ils ont construit une démocratie factice, sans nous pendant cinquante ans, et même maintenant contre nous!

Confirmation en 2008 de ce que 2005 avait révélé

Le coup de force de la voie parlementaire montre au grand jour que nous sommes dans les mains d’une bande de voleurs violeurs: nous sommes en cleptocratie. Alors, que faire?

Ils disent que le traité de Lisbonne n’est pas une Constitution, que c’est un simple traité, et que les gouvernements sont donc parfaitement habilités à signer les traités. Comment répondre à ces arguments? Comment montrer que les gouvernements ne sont pas légitimes dans la construction européenne?

Voilà mon angle d’attaque à moi: ce texte est un traité, à l’évidence, ET c’est aussi une Constitution, et c’est justement notre problème, le cœur de l’escroquerie, parce qu'on n’écrit évidemment pas une Constitution par voie de traité puisque, d’une part, nos représentants ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire qu’ils ne font qu’incarner temporairement et qu’ils ne peuvent absolument pas transmettre sans nous, sous peine de haute trahison, et d’autre part, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant, ce qui les rend profondément suspects et illégitimes.

Les parlementaires les ministres et les juges sont évidemment en conflit d’intérêt quand ils se proclament "constituants". Rousseau le redoutait et le présageait, mais déjà à Athènes, on avait vu le piège et on faisait écrire la Constitution par un étranger… Coïncidence? Cette modalité antique a donné la seule vraie démocratie au monde où le peuple contrôlait vraiment quotidiennement les hommes qu’il plaçait au pouvoir.

C’est Goethe qui disait: "Tout a déjà été pensé; l’important est d’y penser à nouveau." Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait, indépendamment de l’étiquette que veulent bien lui coller ses auteurs (un fiole de poison n’est pas moins dangereuse quand on lui retire son étiquette); ce texte est une Constitution par la nature des règles qu’il porte, parce qu’il institue des organes producteurs de normes obligatoires et donc dangereuses (un Parlement, un gouvernement, des juges, une hiérarchie de normes, des procédures…).

Rappelons qu’une Constitution est un acte de défiance qui sert à protéger le peuple des abus de pouvoir (cf. Benjamin Constant, Montesquieu et tous les libéraux qui n’avaient qu’une idée en tête -et ils avaient bien raison, on le confirme aujourd’hui- pour protéger les libertés individuelles: c’était de limiter et d’affaiblir les pouvoirs, notamment en séparant les pouvoirs). Chaque citoyen devrait apprendre ça à l’école, et ne jamais l’oublier: une Constitution sert à affaiblir les pouvoirs, à les contrôler tous, notamment -mais pas seulement- en les séparant: diviser pour affaiblir.

Ce que j’affirme haut et fort, c’est qu’on n’écrit pas les Constitutions par voie de traité: les citoyens devraient refuser que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles du pouvoir. Ce n’est pas aux parlementaires ni aux ministres ni aux juges d’écrire ou de modifier la Constitution car ils ont un intérêt personnel à notre impuissance politique, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant et ils trichent, naturellement.

La Constitution de fait qui fonde l’UE est donc profondément illégitime car elle résulte d’un abus de pouvoir. Solution: avant de séparer les pouvoirs constitués (législatif, exécutif, judiciaire, et j’ajoute médias d’information qu’une bonne Constitution devrait sûrement prendre en charge aujourd’hui) et pour rendre possible cette séparation des pouvoirs constitués, il faut, tout à fait prioritairement, séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués, il faut que ce ne soit pas les mêmes hommes: il ne faut surtout pas que les constituants écrivent des règles pour eux-mêmes, la clef de nos malheurs est là. Par négligence, par indifférence, par paresse, par renoncement, nous laissons écrire la Constitution par les seuls hommes qui ne devraient surtout pas l’écrire…

Donc, pour que cesse enfin cet abus de pouvoir de nos élus qui s’arrogent le droit d’écrire et réviser eux-mêmes la Constitution, nous ne devons rien attendre des pouvoirs en place, qui ne feront rien, à l’évidence, dans un sens qui irait contre leur intérêt personnel: tous ces gens vont tout faire pour continuer à écrire et modifier les constitutions sans nous, en nous privant de l’essentiel, c’est-à-dire du référendum d’initiative populaire (l’institution la plus dangereuse pour eux). Non, c’est à nous et à nous seuls, et sans rien attendre de nos parlementaires, d’imposer un processus constituant honnête, sans eux.

Et un processus constituant honnête, c’est une Assemblée constituante, bien sûr, mais surtout pas élue comme d’habitude, parce que si ce sont les partis qui nous imposent leurs candidats -partis qui sont des machines à prendre et à garder le pouvoir, et qui sont donc des repaires d’hommes de pouvoir-, on va encore avoir des hommes de pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir et on n’en sortira pas. Non, il faut que l’Assemblée constituante soit tirée au sort: en effet, TOUT VAUT MIEUX QUE LA SITUATION ACTUELLE, qui est la pire qui puisse être puisque des hommes écrivent des règles pour eux-mêmes, en ayant un intérêt personnel contraire à l’intérêt général.

C’est ça le cœur de toutes nos difficultés, et qui devrait surgir dans le débat public si nous avions davantage de bons journalistes, inquiéteurs des pouvoirs, sentinelles du peuple. C’est donc à nous de nous passer le mot, avant d’être assez nombreux pour finalement l’imposer: ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, on n’écrit pas les constitutions par voie de traité, il nous faut une Assemblée constituante tirée au sort et nous exigeons de valider son projet (ainsi que toute révision ultérieure) par référendum.

Clairement, on a encore du chemin à faire pour sortir de ce que j’appelle "la préhistoire de la démocratie". Ce que Giscard lui-même, dans Le Monde du 26 octobre 2007, a affirmé de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d’électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue: c’est le même traité que le précédent, illisible, et s’il est compliqué, Giscard dit que c’est sciemment, pour rendre impossible le référendum, pour "faire avaler" le texte aux Français…

Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c’est dans un ordre différent. Ma conclusion est celle-ci: tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu’ils trichent. Ce que va faire le Congrès ce lundi est grave, et personne n’en sait rien. Décidément, on se fout de nous.

mardi 3 avril 2007

Pétition pour le maintien du vote papier

Ce printemps, plus d'un million d'électeurs voteront obligatoirement au
moyen d'ordinateurs, parce que leur mairie en a décidé ainsi : dans une
grande partie des Hauts de Seine, à Amiens, Brest, le Havre, Reims, Le Mans,
Mulhouse, etc...
Une fraude pèserait sur le résultat des élections nationales.
L'urne transparente et le dépouillement public sont remplacés par un
ordinateur dont le résultat est invérifiable et dont on ne peut rien savoir
pour cause de secret industriel.
Vous n'êtes pas au courant ? C'est normal, jusqu'à peu, il n'y avait aucune
information sur ce sujet, aucun débat...

Merci de faire passer l'info aux amis, famille, voisins, etc..

signez la pétition là:

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