Affichage des articles dont le libellé est temps de travail. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est temps de travail. Afficher tous les articles

mercredi 22 septembre 2010

La Décroissance et les retraites : le pas de côté !


Une grande partie des français s’oppose à la réforme des retraites entreprise par le gouvernement de M. Fillon. Les importantes manifestations du 7 septembre 2010 en attestent. Tout comme elles prouvent l’exaspération à l’égard de la politique dictée par le Président de la République qui n’en finit pas de remettre en question le partage des richesses en France.

Le Parti Pour La Décroissance soutient et participe à ce mouvement de contestation et s’oppose à cet énième recul social.

La défensive puis le pas de côté !
Le système de retraite par répartition a été, à l’époque de sa mise en œuvre, une formidable avancée, constituant un acquis social majeur. Toutefois, cet acquis s’inscrivait dans une vision productiviste de la société. Nous sommes conscients que la réforme en cours aggrave les inégalités, mais pour nous, ce combat n’est pas suffisant pour sortir de l’impasse anthropologique dans laquelle nous amène toujours plus vite la société de croissance.
C’est pourquoi, une fois le retrait de ce projet de loi obtenu, nous souhaitons aller plus loin et ouvrir le débat sur notre organisation sociale, la place du travail dans la société, les relations intergénérationnelles et le sens à donner à nos vies.
Devons-nous attendre la retraite pour pouvoir enfin "vivre notre vie" , ou pire, nous retirer de la vie sociale organisée autour du travail ? Devons-nous ignorer ces personnes âgées en retraite qui, pour beaucoup, peinent à vivre dans notre société, trop souvent ignorées, seules, fatiguées par les exigences de la vie productiviste qui les a usées autant physiquement que psychiquement ? Devons-nous ignorer l’injustice de ce système de retraite laissant notamment de côté les femmes ?

Le financement des retraites : un faux problème !
La question du financement des retraites,  répétée sans cesse par les médias, les économistes et les politiques dominants, est considérée comme un obstacle incontournable par beaucoup de nos concitoyens dont les imaginaires sont colonisés par la religion de l’économie.
De même que pour la question des dettes privées et publiques, il faut rappeler le faux problème que constitue le financement des retraites et l’imposture de la création monétaire (L’argent-dette). De fait, il est illusoire de croire que l’on trouvera le financement nécessaire pour ces retraites, tout comme le remboursement des dettes accumulées, grâce à la sacro-sainte Croissance, et encore moins en restant dans le système économique actuel. Au contraire, seule une sortie de l’économie productiviste, génératrice d’inégalités, pourra permettre une réappropriation de nos choix de vie et par là même, la transition vers des modes de vie soutenables et souhaitables.

Une proposition : la DIA ?
Nous proposons d’ouvrir le débat de la mise en place d’une « dotation » inconditionnelle d’autonomie, accordée à tous les âges de la vie pour que vivre décemment et dignement ne soit pas lié à une activité rémunérée passée ou présente.
L’octroi d’une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (DIA), à condition que celle-ci ne soit pas versée uniquement en euros mais aussi en droits de tirage et d’accès ainsi qu’en monnaies locales fondantes, peut être un outil formidable pour soustraire du capitalisme ce que démocratiquement nous considérons comme relevant de droits humains tels que l’accès à un logement, à l’eau, à la nourriture, à la santé ou encore à la culture et à l’éducation.
De même, cette dotation peut permettre de relocaliser un certain nombre d’activités soutenables et socialement souhaitables à travers des alternatives concrètes et la mise en place de monnaies locales. Enfin, elle peut être un levier efficace d’émancipation en nous libérant de l’asservissement à la centralité de la valeur travail et en libérant du temps de cerveaux disponible pour redonner du sens à nos vies.

Vers une Décroissance soutenable, sereine et conviviale
La question n’est donc pas seulement l’âge de la retraite ni celle de son financement mais plutôt une remise en question de toute l’organisation sociale de nos sociétés capitalistes, productivistes et consuméristes. Il s’agit de se demander qu’est-ce que l‘on produit, comment on le produit et pour quel usage ?
Redonner du sens, redéfinir une échelle des valeurs qui ne soit pas monétaire, déterminer nos besoins, maîtriser l’impact de nos modes de vies sur les autres et l’environnement, repenser nos relations sociales quels que soient nos âges. Tels sont les défis de la Décroissance. Une Dotation Inconditionnelle d’Autonomie ne serait-elle pas une des solutions à explorer ?
Vivre dignement est plus qu’un droit pour le citoyen, c'est un devoir pour notre société.

dimanche 14 février 2010

Comment les libéraux font main basse sur vos retraites


Bernard Teper, économiste, membre du Conseil scientifique d’Attac et Secrétaire national de l’Union de familles laïques (Ufal), signe une remarquable contribution au débat sur l’avenir des retraites, obscurci par de noirs nuages gouvernementaux : "L’ensemble de la protection sociale est impacté par le processus de marchandisation et de privatisation de celle-ci. Pour des actionnaires, cela est compréhensible : la protection sociale est le premier budget humain (environ 540 milliards d’euros soit près de 30% du PIB et bien plus que le budget de l’Etat tous ministère confondus) qui jusqu’aux années 70 était largement dégagée des pressions capitalistes. (...) les attaques sont lancées sur toutes les composantes de la protection sociale (santé et assurance-maladie, famille, retraites, assurance-chômage, dépendance, etc.). L’attaque contre les retraites solidaires est donc une partie de l’ensemble du mouvement de prédation contre la protection sociale solidaire. 1995 a été la première année de l’accélération de ce processus. Depuis, la loi Fillon de 2003 a prévu des rendez-vous quadriennaux pour ajuster les principaux paramètres de l’équilibre des régimes, essentiellement la durée de cotisation. Cette loi s’appuie sur un premier dogme à savoir que tout gain d’espérance de vie devra se partager de la façon suivante : 2/3 pour l’allongement de la durée d’activité et 1/3 pour l’allongement de la période de retraite ! 2008 a confirmé le passage à 41 annuités et le Conseil d’orientation des retraites (COR) 2007 propose une future augmentation à 41,5 annuités à l’horizon 2020 ! Il est à noter que pour en arriver là, un deuxième dogme a fonctionné : il ne fallait pas, paraît-il, augmenter les cotisations patronales, par ce que cela rentrerait dans les prélèvements obligatoires ! Et puis le troisième dogme, implicite celui-là : on ne doit pas toucher à la répartition des richesses ! La déformation du partage de la valeur ajoutée des années 80 au profit des profits et donc au détriment des revenus du travail est considérée comme naturelle et donc ne doit pas être touchée ! Si on regarde le différentiel entre 1982 et 2007, le déport est de 9,3 points de PIB (environ 170 milliards d’euros) (...). Excusez du peu ! Et conformément à la ligne stratégique dévoilée par Denis Kessler dans la revue Challenges, cette attaque se fait par un patchwork de mesures qui semblent détachées l’une de l’autre mais qui, en fait, font partie d’un plan concerté bien que non explicité aux assurés sociaux." La suite de l’article est à lire sur le site de l’Ufal.

dkRappelons les propos exactement tenus en octobre 2007 dans Challenges par Denis Kessler, ancien vice-président exécutif du Medef, auquel Bernard Teper fait allusion : 
"Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme... A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! A l’époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d’obtenir des avancées - toujours qualifiées d’« historiques » - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises. Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc. Cette « architecture » singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d’un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires."

couvVoilà donc la grande idée des libéraux : au nom d’une soi-disant modernité, il faudrait jeter aux orties toute solidarité, censée être "dépassée" et "inefficace". Et ainsi faire place nette pour un monde idéal où les bénéfices des actionnaires ne connaîtraient pas de limite, sans se laisser embêter par les armées de prolétaires crevant de faim. Mais Kessler, PDG du groupe Scor (réassurance) et administrateur de BNP Paribas, Dexia, Bolloré, Dassault Aviation et INVESCO, prêche pour sa paroisse. Et l’on repense à la phrase citée dans La guerre des classes de François Ruffin (Fayard, 2008) : « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter. » Warren Buffett, première fortune mondiale.
Allons-nous laisser faire ? 

article (plus que jamais d'actualité) paru dans Plume de presse le 18 septembre 2009

vendredi 12 septembre 2008

Organisons la résistance!









Loi de prévention de la délinquance, fichier base élève, fichier Edvige, radiation arbitraire des chomeurs, démantèlement des droits du travail, expulsions locatives et mal logement, chasse aux enfants et familles de sans papiers, démantèlement de la fonction publique, profit faramineux des grands patrons quand les entreprises licencient et que le travail se précarise, prolifération des OGM malgré des risuqes sanitaires évidents, industrialisation de la planète malgré le réchauffement climatique, développement du nucléaire, aucune alternative au tout pétrole ...et la liste est encore longue.

Nous sommes de plus en plus nombreux à subir ces situations.
C'est purement invivable !

Nous ne pourrons donner un coup d’arrêt à cette dérive sécuritaire et libérale qu’en organisant une résistance unie pour construire les conditions d’une alternative citoyenne.

Le 10 novembre ne sera pas décrété par le haut.

Nous devons dire haut et fort que nous en avons marre des grèves sectorielles, des grèves d’un jour, des défilés qui ne servent qu’à démoraliser jour après jour les militant-e-s et les citoyen-ne-s car le pouvoir reste sourd à l’appel de la rue.

Pourtant la démocratie n’est pas le droit de s’exprimer un jour, qui plus est en votant pour le moins pire, et se taire ensuite durant 5 ans en attendant la prochaine, le prochain qui nous dit qu’il va nous sauver et sauver la planète avec !

La démocratie, c’est ce que nous en faisons.

Et fidèle à l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs."

Organisons la résistance pour construire une alternative citoyenne.
Organisons la grève générale et reconductible du 10 novembre prochain.


Merci de le diffuser l'info sur votre site et dans vos réseaux puis rejoindre le CnR le plus proche pour organiser l'Alternative citoyenne.

Le CnR31 s'est constitué mardi 9 septembre suite à une réunion au local de Friture média régional des possibles.
Une prochaine rencontre est envisagée le 23 septembre.

ff CnR 31
Contact : cnr31@conseilnationaldelaresistance.fr

Contacts départementaux et prochaines réunions sur :
http://www.conseilnationaldelaresistance.fr/

vendredi 13 juin 2008

L’accord européen sur le temps de travail n’est pas un « compromis », c’est une régression

Sous couvert de resserrer les règles autorisant les salariés à travailler plus de 48 heures par semaine, les États membres de l’Union européenne, à cause notamment du changement d’attitude de la France avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, viennent de porter un nouveau coup à l’encadrement de la durée du travail dans l’Union. Attac condamne cet accord, qui constituerait une grave régression si le Parlement européen l’entérinait.

La directive 93-104 du 23 novembre 1993 permettait au Royaume-Uni de déroger à la durée du travail fixée dans l’UE à 48 heures hebdomadaires. Une clause de la directive prévoyait de réexaminer cette dérogation en 2003. Depuis cette date, le Royaume-Uni bloquait toute discussion concernant ce sujet, mais le soutien discret de la délégation française aura eu raison d’un consensus assez général souhaitant supprimer du texte la notion d’opting out, qui ouvre la possibilité de travailler au-delà de cette limite.

C’est en fait le contraire qui a été décidé le 9 juin par le Conseil des ministres chargés du travail : le maintien et la consolidation de la dérogation offerte aux employés de travailler « s’ils le veulent » jusqu’à 60, voire 65 heures par semaine à titre individuel, plafond qui pourra encore être dépassé dans le cadre de conventions collectives d’entreprises.

Par ailleurs, la notion de « durée du travail » a été revue dans un sens restrictif, avec la définition de « périodes de garde inactives » qui ne pourront plus être considérées comme temps de travail.

Cette dernière mesure doit être considérée avec attention. Deux arrêts de la Cour de justice des Communautés européennes stipulaient que le temps de garde doit être intégralement calculé comme temps de travail, et les personnels hospitaliers particulièrement, soumis à des dépassement d’horaires fréquents et répétitifs au rythme des interventions médicales, s’appuyaient sur ce droit pour en obtenir compensation. La nouvelle définition les priverait de cette possibilité.

D’autres dispositions dangereuses sont prévues : l’une, qui était au départ positive, prévoit dès le premier jour de travail un même traitement entre intérimaires et employés permanents, sauf si les partenaires sociaux concluent un accord national sur un « délai de grâce » supérieur, ce qui est le cas au Royaume-Uni. Une autre entend augmenter la durée pendant laquelle est calculée la moyenne de 48 heures hebdomadaires.

Le gouvernement Fillon prétend que les dispositions dérogatoires demandées par le Royaume-Uni, mais acceptées et applicables dans toute l’Union, n’influenceront pas la politique française sur le droit du travail. Pourtant, les projets proposés par le ministre Xavier Bertrand prévoient que des accords dérogatoires puissent remettre en cause au cas par cas les majorations d’heures supplémentaires et les durées maximales de travail, un opt out à la française qui entre parfaitement dans le cadre du compromis du 9 juin.

Si ce compromis était validé par le Parlement européen, car il s’agit d’un sujet entrant dans le cadre de la codécision, et ce à l'encontre de la volonté des organisations syndicales dont la CES, ces remises en cause, dans un contexte de marché du travail de plus en plus déréglementé, pèseraient gravement sur la réduction du temps de travail, l'hygiène et la sécurité, droits auxquels les salariés sont particulièrement attachés.

Attac France,
Montreuil, le 11 juin 2008

source: http://www.france.attac.org/spip.php?article8659

______________________________________________

archives du blog